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Jean-Louis Borloo, dont la carrière de ministre s’est essentiellement déroulée sur les questions sociales, aura désormais la charge du « super ministère » de l’écologie et du développement durable. Le périmètre du ministère précédemment confié à Alain Juppé – et qu’il avait intitulé « Medad »- sera en effet maintenu en l'état. Premier ministère de l’écologie doté de compétences étendues, il a également pour mission d’évaluer les politiques publiques au regard du développement durable. Quatre pôles opérationnels ont été définis : transports, aménagement du territoire, politiques énergétiques, ressources naturelles et biodiversité. Numéro 2 du gouvernement, Jean-Louis Borloo hérite ainsi à 56 ans d’un domaine qu’il avait approché dans les années 80, en tant que fondateur de Génération écologie, avec Haroun Tazieff et Brice Lalonde. Il sera épaulé par la nouvelle secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, député UMP de l’Essonne et rapporteur de la Charte de l’environnement à l’Assemblée nationale. "C'est une mission formidable, cela fait des années que je travaille sur ce sujet qui me passionne, a-t-elle déclaré sur France-Info. "C'est un sujet sur lequel je me suis déjà beaucoup battue et engagée". Evoquant la personnalité de son ministre de tutelle elle a estimé qu’ il a "toutes les qualités pour conduire habilement" le Grenelle de l'écologie prévu en Octobre. Rappelons que le 21 mai dernier, au lendemain du second tour des élections présidentielles, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé avaient rencontré 8 ONG écologistes (WWF, Greenpeace, les Amis de la Terre, la Ligue de protection des animaux, la Ligue ROC, le Réseau action climat, France nature environnement et Ecologie sans frontière) ainsi que Nicolas Hulot afin de préparer le "Grenelle de l'environnement" et de définir les priorités du gouvernement. ONG, société civile, syndicats, collectivités locales et organisations patronales doivent participer durant l’été à l’élaboration de cette nouvelle stratégie du développement durable, regroupant tous les acteurs des 3 piliers –l’économique, le social et l’environnement. Cinq groupes de travail ont été constitués : un groupe « climat » (qui réunit transport, habitat et énergie), « santé et pollution », « animation rurale », « ressources naturelles » et « gouvernance écologique » (incluant notamment les outils économiques et la comptabilité nationale). Un 1er rendez-vous intermédiaire a été fixé avec Nicolas Sarkozy à la mi-juillet. "Dérapages" Les premières réactions d’ONG ne se sont pas faites attendre après cette nouvelle nomination. « La nomination de Jean-Louis Borloo à la tête du MEDAD pousse Les Amis de la Terre à s’interroger sur la suite qui sera donnée aux positions prises jusque là par le gouvernement en matière d’environnement, indique l’ONG. Les prochaines semaines seront décisives pour juger de l’action de ce « nouveau » ministre, et notamment du respect des engagements pris par Nicolas Sarkozy, sans quoi la participation des Amis de la Terre au Grenelle sera compromise. » Les ONG reprochent notamment au président Sarkozy sa position sur la récente affaire des OGM. Alors que l’Allemagne a décidé en mai d’un moratoire, Alain Juppé avait en effet annoncé que la France ferait de même. Déclaration aussi tôt contredite par la ministre de l’agriculture, Christine Lagarde. Au final, le gouvernement a décidé de rejeter toute idée de moratoire (voir article lié).
Une carrière sous le signe du social
Avocat, maire de Valenciennes, puis député du nord, ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine (2002-2004), puis ministre de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale 2004-2005, Jean-Louis Borloo a pris la présidence en 2005 du Parti radical valoisien. Il est devenu ensuite ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement dans la période 2005-2007.
« Si de tels dérapages devaient se reproduire, les ONG auraient de sérieux doutes sur la sincérité des engagements du président quant à l’ouverture des débats lors du Grenelle », préviennent les Amis de la Terre. Pour Anne Bringault, directrice de l’ONG, « Mr Borloo aura la lourde tâche de montrer que la protection de l’environnement est une réelle priorité du gouvernement. Il devra notamment s’assurer que les engagements de N. Sarkozy seront suivis d’effet et notamment que toutes les décisions pouvant concerner des risques sanitaires, que les assureurs refusent de couvrir (OGM, nucléaire et radioactivité, nanotechnologies,...), sont gelées jusqu’au grenelle de l’environnement.» Autre réaction immédiate, celle du réseau Sortir du nucléaire, qui demande au nouveau ministre d'abroger le décret autorisant EDF à construire le réacteur nucléaire EPR, comme ce fût le cas avec Alain Juppé. Celui-ci avait refusé et avait au contraire confirmé la construction du réacteur nucléaire. « Nous vous demandons de ne pas adopter la même position : il n'est pas envisageable de participer au "Grenelle de l'environnement" alors que, pendant ce temps, EDF construit un réacteur nucléaire supplémentaire », indiquent les anti-nucléaire. Et l’ONG d’ajouter que « si elle est hélas exclue des réunions de préparation du "Grenelle de l'environnement", il n'en est pas moins une des principales organisations de protection de l'environnement ». Dernier rebondissement : l'Alliance pour la planète qui réunit la plupart des ONG pré-citées a annoncé, le 20 juin, que la fondation Nicolas Hulot quittait l'organisation constatant des divergences sur les modes d'actions. Ce dernier se garde la possibilité de collaborer éventuellement avec l'Alliance au cas par cas. Elle a en tous cas demandé un rendez-vous rapide à Jean-Louis Borloo et ses conseillers pour organiser la préparation du Grenelle de l'environnement. Elle précise que "ses membres, unis et déterminés, demandent solennellement au Président de la République de respecter ses engagements en gelant toute décision qui serait contraire à l’esprit du Grenelle, pendant l’ensemble du processus."
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