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2004 fut une année particulièrement éprouvante pour les petits états insulaires. Quatre ouragans et cyclones tropicaux ont ravagé Haïti, la Grenade et des îles des Caraïbes, ainsi que d’autres pays insulaires dans les océans Pacifique et Indien. En février 2004, les neuf îles de l’atoll de Tuvalu ont été submergées par des « marées géantes », parfois hautes de trois mètres. Ces marées ont inondé les terres les plus basses du pays, dont le point le plus élevé n’est qu’à 4,5 mètres au dessus du niveau de la mer, affectant les sources d’eau douce et endommageant les récoltes. Ces phénomènes climatiques extrêmes sont perçus par une grande partie de la communauté scientifique comme des preuves empiriques et des signes annonciateurs des conséquences du réchauffement climatique. Dans son rapport publié en 2001, le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) – groupe d’évaluation mondial créé par l’ONU – indiquait que « les pointes de vent et les moyennes et pointes de précipitations qui accompagnent les cyclones tropicaux s’intensifieront probablement ». Ce phénomène « augmenterait le risque d’inondations, accélérerait les niveaux existants d’érosion des plages et entraînerait le déplacement des établissements humains et des infrastructures ». Le GIEC indiquait par ailleurs que le niveau moyen de la mer dans le monde avait augmenté de 10 à 20 cm depuis un siècle.
Création d’un système d’alerte
Les questions environnementales devraient constituer une des priorités de la Conférence internationale de l’île Maurice. La quarantaine d’Etats insulaires concernés attendent que des recommandations et des actions soient décidées pour prévenir ces catastrophes. Mais déjà, les Nations Unies émettent des réserves. « Les négociations avec la communauté internationale ont commencé en mars 2004 et se sont poursuivies en avril, mai et octobre à New York, explique le service presse. Bien que ces pourparlers aient été cordiaux, il n’a pas encore été possible de parvenir à des accords sur des questions épineuses comme les changements climatiques, le commerce et l’accès aux marchés ». Le Secrétaire général de la réunion internationale, Anwarul K. Chowdhury, a lui aussi prévenu que « si cette occasion d’accroître le soutien apporté par la communauté internationale aux efforts de développement des petits États insulaires en développement, devait ne pas réussir, il faudrait peut-être attendre des décennies avant qu’une occasion semblable ne se présente à nouveau ». Plus de 2 000 participants, dont 25 chefs d’État et de gouvernement, assisteront à la réunion internationale de l’ONU. La récente actualité du tsunami en Asie devrait donner une certaine acuité au dossier des systèmes d’alerte. « La création d'un système d'alerte précoce est une nécessité absolue pour toutes les formes de désastres naturels y compris les tsunamis, a déclaré Anwarul K. Chowdhury. Cependant ce système est une technologie sophistiquée et les ressources des petits Etats insulaires ne leur permettent pas d'adopter de telles technologies", a-t-il poursuivi.
Des états dépendants des pays donateurs
Outre les impacts du réchauffement climatique, ces Etats sont lourdement handicapés au plan économique. Eloignés des marchés mondiaux d’exportation, leurs droits préférentiels d'exportation au sein de l’OMC ont été supprimés-, ils s’estiment incapables de s'imposer sur les marchés internationaux. « La libéralisation du commerce, accompagnée d’une érosion des préférences commerciales, a eu de graves conséquences pour les fragiles économies des îles, souligne l’ONU. Les dispositions préférentielles existantes ont été démantelées, touchant des produits de base comme le sucre, les bananes, le café et la noix de coco, dont sont tributaires les petits États insulaires pour leurs exportations. À Sainte-Lucie, notamment, les recettes tirées de l’exportation des bananes ont chuté de 46,5 millions de dollars en 1996 à 21,7 millions de dollars en 2002». De même, la libéralisation des « accords textile », mise en place depuis le 1er janvier 2005, risque de priver des pays comme l’Ile Maurice d’importants revenus. L’accès de la Chine à ces marchés leur fait redouter, à juste titre, une concurrence exacerbée. Autre contrainte d’importance, l’accès aux nouvelles technologies est rendu difficile en raison de la faiblesse des infrastructures de télécommunications et du coût élevé des ordinateurs et des lignes Internet. Là encore, les projets continuent d’être largement tributaires de l’aide des pays donateurs et du secteur privé. Les revenus issus du tourisme restent insuffisants pour doter ces états d’une économie structurelle. Très dépendants au plan énergétique, les devises sont utilisées, dans le court terme pour l’achat de pétrole et ne leur permettent pas d’investir dans les énergies renouvelables. Le ministre mauricien de l'Environnement, Rajesh Bhagwan, estime que le tsunami pourrait changer l’attitude des pays industrialisés vis à vis de ces états. Un avis partagé par les Nations Unies. « Les pays donateurs sont convaincus maintenant de la vulnérabilité des îles, ce qu'ils comprenaient difficilement avant le drame qui a frappé les pays de l'océan Indien, a souligné un représentant du département de l'Information des Nations Unies. On s'attend à ce que les pays donateurs fassent des annonces au sujet de l'aide aux petits Etats insulaires", a-t-il ajouté.
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