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Responsable de 25% de la pollution mondiale pour seulement 5% de la population, les Etats-Unis sont, sans conteste, la première puissance économique mondiale et le premier pollueur ! La réélection de George Bush promet à son pays de maintenir son statut, tout au moins au niveau des performances environnementales. Son dernier programme de campagne sur le sujet était des plus minimaliste mais encore faudrait-il qu’il le tienne ! Si le passé est un indicateur, grand nombre de promesses électorales peuvent rester lettres mortes comme l'engagement, pris en 2000, de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
Une administration dominée par le lobby industriel
Menaces sur l'Arctique
En 2000, le conseil de l'Arctique qui rassemble le Canada, la Russie, les Etats-Unis, l'Islande, le Danemark, la Norvège, la Finlande et la Suède et 6 organisation des populations vivant dans l'Arctique, a commandé un rapport à 300 chercheurs internationaux sur l'état de la région. En quatre ans d'observation, ils ont constaté une accélération du réchauffement climatique qui pourrait conduire à la disparition, en 2100, de la moitié de la banquise ce qui entrainera la disparition de nombreuses espèces. Le 24 novembre, le conseil doit examiner un plan d'action pour lutter contre ce phénomène mais des Européens accusent les Etats-Unis de retarder, voire de compromettre son élaboration.
Lors de son premier mandat, le président Bush a généreusement remercié de leurs largesses les principaux contributeurs financiers de sa campagne. L’industrie pharmaceutique et les HMO (les assurances maladies privées) ont vu les dépenses de santé exploser, l’industrie pétrolière et les entreprises de production d’électricité ont pour leur part la main mise sur le ministère de l’énergie et l’agence de protection de l’environnement (EPA). « La maison blanche est remplie de pollueurs » écrivait, en avril 2004, George Miller, un membre du congrès démocrate, dans son rapport « Smog & mirrors ». Il dénombrait pas moins de 5 ministres, dont Dick Chesney, qui étaient formellement liés aux industries extractives ou aux entreprises de production d’électricité. D’après le « Environmental Industry Project », un groupe de pression non partisan, l’EPA a était largement confiée aux lobbyistes de l’industrie de génération électrique. Jeffrey Holmstead s’occupe en effet de l’ensemble de la politique de l’agence en matière de pollution de l’air, William Wehrum a été le principal architecte de la nouvelle réglementation sur ce sujet et Linda Fisher occupe le poste de « deputy administrator ». Ces trois personnes étaient précédemment des cadres supérieurs de Latham & Watkins, une agence de lobbying liée contractuellement avec 7 entreprises de génération électrique au charbon. L’un des résultats les plus remarquable de cette équipe fut une baisse de 40 % des plaintes de l’EPA pour pollution excessive contre cette industrie alors que ses volumes d’émissions continuent à croître sur tous les principaux polluants. Elle a de plus réussi à imposer les vues des industriels dans la nouvelle réglementation concernant la pollution de l’air. L’EPA ne dispose ainsi d’aucun mandat concernant les émissions de CO2, de plomb ou d’arsenic dans l’atmosphère. Le charbon, une énergie d’avenir aux USA Grâce à l’apathie organisée de l’EPA et la volonté de l’administration Bush d’atteindre, à tout prix, une indépendance énergétique, les géants de la génération électrique ont désormais les coudées franches pour imposer leur point de vue. L’explosion de prix du gaz naturel, dont le prix a triplé au cours des quatre dernières années, les a, de plus, conduit à réviser leurs stratégies d’investissement pour les réorienter vers des technologies plus rentables. Le charbon, qui génère actuellement 50 % de l’électricité américaine, a ainsi de nouveau le vent en poupe. Près de 100 projets de construction de nouvelles centrales totalisant 62 gigawatts sont ainsi à différents niveaux réglementaires conduisant à leur approbation. Les experts estiment que 50% de ces projets seront finalement acceptés et entreront en service dans 7 à 10 ans. Cette tendance est particulièrement préoccupante pour l'environnement. Ce secteur est le principal pollueur du pays. Il contribue à 69% des émissions de SO2, 35% de celle de CO2 et 22% des oxydes d’azote (NOx). La génération au charbon compte pour environ 36% des rejets de mercure dans l’atmosphère et, pour une part non négligeable, de la pollution au plomb et à l’arsenic. Il est de plus douteux que la nouvelle capacité mise en service puisse utiliser les technologies de gazéification du charbon de pointe. Ces technologies sont encore en phase de test et n’arriveront pas sur le marché à un prix compétitif avant une dizaine d’années. Vers une réduction des pollutions les plus «visibles» Le président Bush s’est engagé à faire passer la législation «Clear skies» qui appelle à une réduction de 70 % des émissions de NOx, de SO2 et de mercure, d’ici à 2018. Cette initiative reposerait sur des droits à polluer négociables sur le marché. Elle reprendrait en grande partie les mécanismes existant déjà pour le SO2 et le NOx. Faute de sanctions réelles, le programme de l’EPA sur les pluies acides montre déjà ses limites. Selon les statiques de l’EPA, l’objectif d’une réduction à 9 millions de tonnes des émissions de S02, en 2010, ne sera pas tenu. Après des années de fortes réductions, les émissions de ce gaz connaissent en effet à nouveau une croissance de près de 4% par an. Cette promesse de campagne fort limitée s’attaque donc exclusivement aux nuisances environnementales immédiatement décelables par la population et donc potentiellement problématiques sur un plan politique. Cette considération a très certainement été au cœur d’une des rares avancées environnementales du premier mandat de Bush, le programme progressif de réduction des émissions des véhicules non routiers – les locomotives, les tracteurs, les bulldozers, etc – de 90% en 10 ans. L'une des promesses de campagne pourrait bien être tenue : l’adoption de restrictions aux dépôts de plainte contre les multinationales. Cela permettrait de réduire considérablement les frais de justice de ces entreprises et de limiter partiellement le recours judiciaire des citoyens, à l’encontre notamment des sites polluants. La cerise sur le gâteau pour Bush est que ceci porterait atteinte à l’un des principaux soutien financier du parti démocrate : les avocats !
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