|
La Commission parlementaire chargée des questions liées au développement durable au Bundestag, le parlement allemand, constate un immobilisme sur des points pourtant incontournables d'une vértiable politique de développement durable. " Au bout du compte, on trouve des évolutions positives et négatives, " écrivent les parlementaires, en ajoutant, sans détours : " La stratégie de développement durable est demeuré jusqu'à présent sur bien des points sans effet. " De fait, les lacunes relevées par les parlementaires se lisent comme une litanie, les 21 critères définissant la politique de développement durable allemande étant analysés point par point. Et le constat n'est pas brillant : protection de la biodiversité - " repoussée à des dates ultérieures ". L'objectif de réduire l'expansion de nouveaux terrains à 30 hectares par jour - " loin s'en faut ". La mobilité durable - " n'évolue pas dans la direction désirée ". La qualité de l'air - en progrès depuis 1990, mais " de manière négligeable ces dernières années ". La parité - " encore des différences criantes entre les salaires des hommes et des femmes ". Deux grands points positifs toutefois : la lutte contre le réchauffement climatique et le soutien aux énergies renouvelables. Cependant, les parlementaires allemands ne manquent pas de souligner que les bons résultats obtenus par l'Allemagne en matière de réduction des émissions sont largement dus à l'arrêt des activités industrielles en ex-RDA. "Depuis, il ne s'ensuit qu'une réduction minime, liée principalement à une réduction de la productivité ", souligne le rapport. Quant à l'impact positif des énergies renouvelables, il pourrait se retrouver anéanti par la reconversion agricole vers les biocarburants.
Expansion record des énergies renouvelables
La Fédération des énergies renouvelables (BEE) vient de publier les chiffres pour 2007 en Allemagne - ils montrent " une expansion record ", pour reprendre les termes de la Fédération, des nouvelles énergies, en dépit d'un contexte économique et financier difficile, précise-t-elle. La part des énergies renouvelables dans la consommation primaire d'énergie a atteint 14,3% en 2007, contre 11,9% l'année précédente, une expansion essentiellement portée par l'énergie éolienne. L'émission de 115 millions de tonnes de CO2 a pu être évitée, se félicite encore la Fédération.
Pas de Grenelle, mais une stratégie nationale pour le DD Les principes du développement durable en politique ont fait une première entrée officielle en Allemagne en 2001, avec la création du " Conseil pour le développement durable " (Rat für nachhaltige Entwicklung). Cette instance, composée de membres aux horizons les plus variés possibles, est chargée de conseiller le gouvernement en matière de durabilité. Créé sous le gouvernement précédent, réunissant Verts et Sociaux-démocrates en une coalition, le Conseil a passé sans encombre le changement gouvernemental de 2005, qui a vu l'arrivée des Conservateurs au pouvoir - reflétant par là une continuité politique essentielle à l'application de principes basés par essence sur le long terme. 21 indices de durabilité ont été définis, à partir desquels l'action gouvernementale peut être mesurée et jugée - une évidence dans un pays où les parlementaires disposent d'une marge de manœuvre et d'une écoute plus large qu'en France. Les parlementaires peuvent non seulement dresser une évaluation politique , mais également revoir les 21 indicateurs s'ils sont jugés peu pertinents. Exemples européens Ainsi, il ne s'agit pas seulement de mesurer la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie, mais également de mesurer l'impact énergétique des monocultures destinées à la production de biocarburants, ainsi que la concurrence éventuelle qu'elles peuvent entraîner avec la surface agricole nécessaire à la culture de denrées alimentaires. Ces critiques furent déjà émises en 2004, mais depuis, " elles n'ont pas trouvé de résonance suffisante," regrettent les parlementaires. Deux exemples européens sont mis en avant par les parlementaires allemands : L'exemple hollandais d'une part, où le gouvernement utilise des indices plus fouillés, comme la publication du bilan carbone. Le Royaume-Uni, d'autre part, où les responsabilités en matière de développement durable sont concrètement nommées dans les ministères - qui peuvent faire l'objet de sanctions si les objectifs ne sont pas atteints.
|