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ESB, fièvre aphteuse, grippe aviaire, alerte à la dioxine, retrait du marché de produits toxiques… La traçabilité des denrées est devenue aujourd’hui indispensable pour répondre aux peurs alimentaires et éviter les contaminations à l’être humain. La révolution en cours dans le droit alimentaire européen est, à cet égard, loin d’être anodine pour les acteurs de la filière alimentaire. Le renforcement des principes de sécurité, de traçabilité et de précaution appliqués aux denrées alimentaires va désormais concerner toutes les activités du secteur. Le nouveau règlement européen, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2005, stipule en effet que « la traçabilité des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, des animaux producteurs de denrées alimentaires et de toute autre substance destinée à être incorporée ou susceptible d'être incorporée dans des denrées alimentaires ou des aliments pour animaux est établie à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution. » Toutes les entreprises dont les activités consistent à produire, à transformer et à distribuer des denrées alimentaires sont concernées; ainsi que le commerce de détail, c'est-à-dire les traiteurs, les restaurants d'entreprise et de collectivités, les commerces, les plateformes de distribution vers les grandes surfaces et les grossistes, etc. Objectif : identifier les produits, pour pouvoir le cas échéant les retirer du marché s’ils présentent un danger pour le consommateur. L’application de ce système suppose la création d'un registre commun, adopté par tous les acteurs de la filière. Il s'agit en l’occurrence d'un code barre, comportant les informations permettant de localiser le produits aux différentes étapes de la chaîne alimentaire.
Quid des produits d’importation ?
Une procédure efficace, mais qui s’avère difficile à mettre en œuvre lorsqu’il s’agit de produits importés hors de l’Union européenne, ou provenant de pays n’appliquant pas le même niveau d’exigence. La traçabilité n’a en effet de sens que si elle permet d’identifier toutes les étapes de la filière, y compris les sources d’approvisionnement ; or, l'évolution rapide des modes de production et de transformation des denrées, l'internationalisation des échanges et la diversification des provenances ne rendent pas la chose facile et constituent autant d'incertitudes nouvelles. La perception du risque a du reste considérablement augmenté la demande de transparence des consommateurs. Si les moyens techniques et scientifiques actuels permettent déjà de mieux détecter les risques sanitaires, il est probable que le marché de la sécurité alimentaire connaisse un fort développement dans les années à venir. De même, les filières biologiques pourraient connaître une belle croissance. Selon la deuxième édition du « Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France » mis en place l’an dernier par l’Agence BIO, 44% des Français ont consommé au moins un produit bio en 2004, contre 37% en 2003 - les produits bio phares étant les fruits et légumes, les œufs et le pain, suivis des produits laitiers et des volailles.
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