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La « résidence des arbres printaniers », non loin de la place Tienanmen, est l’une de ces « communautés vertes », fondées sur l’amélioration du cadre de vie, l’autogestion et la sensibilisation aux questions écologiques. Comptant environ 2700 foyers, la résidence est dotée depuis 2003 d’un comité environnemental, composé de 19 personnes âgées de 13 à 80 ans. Ses membres, bénévoles, bénéficient du soutien financier et de la formation apportés par l’ONG environnementale Global Village Beijing (GVB) pour mener à bien leurs pratiques : tri sélectif des ordures, collecte des piles et des cartouches d’imprimantes usagées, mesures d’économie d’électricité et d’eau. Un système de collecte a par ailleurs été mis en place par des volontaires de la communauté, en accord avec certains restaurants du quartier, pour récupérer les baguettes en bois usagées. La Chine a en effet produit en 2006 plus de 45 milliards de paires de baguettes jetables, l’équivalent de 25 millions d’arbres, selon le quotidien Jiefang. En 3 mois, le "comité environnemental des Arbres printaniers "a pu récolter 400 kilos de baguettes en bois ! Autre communauté verte, la résidence « de la cosse de haricots » située dans le « quartier olympique de Dongsi » coopère elle aussi avec GVB. En 2006, l’ONG a ainsi organisé diverses opérations parmi lesquelles la sensibilisation aux questions de pollution au mercure et des campagnes de ramassage des cartouches d'encre. Jing Xueling, jeune retraitée de 55 ans, est en charge des questions environnementales dans la résidence. Dans les grandes villes chinoises, chaque quartier est en effet géré par un comité, au sein duquel une personne au moins s’occupe des questions d’hygiène et d’environnement. Gestion de la ressource en eau Le pâté de maisons doit son nom à l’ancienne ruelle qui parcourait le terrain désormais bordé par le périphérique. A l’instar de la plupart des complexes d’habitation du centre ville, la résidence été construite à la place de maisons traditionnelles chinoises basses. Les anciens habitants se sont vus proposer la réinstallation sur le nouveau site où vivent aujourd’hui 1800 foyers, soit plus de 4000 personnes. Mme Liu fait partie de la majorité de ceux qui ont fait le choix de ne pas quitter le quartier. Elle se déclare satisfaite du confort de son deux pièces situé au 7e étage, même si elle le trouve exigu maintenant que son fils et sa belle-fille l’ont rejointe avec son mari. Lors de son emménagement, Mme Liu a remplacé toutes les ampoules pour des basse consommation très répandues dans les foyers chinois, soucieux de réduire leur facture mensuelle. Elle a également fait changer ses toilettes désormais pourvues d’une chasse d’eau à double commande. L’eau est en effet une ressource rare dans tout le nord de la Chine. A Pékin, l’eau potable provient désormais à 75% de nappes souterraines qui s’épuisent vite face à une demande en forte croissance. De nombreuses affiches, présentes partout dans la ville, rappellent aux habitants la nécessité impérieuse d’éviter tout gaspillage. De grands réservoirs collectant les eaux de pluie et celles issues de la condensation des climatiseurs ont d’ailleurs été installés en septembre dernier au pied de tous les immeubles de la résidence. L’eau sert à arroser les espaces verts et au nettoyage. Si ces initiatives ponctuelles sont encourageantes, la presse s’est néanmoins récemment fait l’écho du manque d’efficacité des ONG chinoises, indiquant qu’elles voient souvent leur action et leur développement entravés par des règles administratives inadaptées. Celles-ci résultent de la « défiance naturelle du gouvernement vis-à-vis de toute organisation issue de la société civile », selon la magazine Nan Feng Chuang, qui a consacré un dossier au problème. D’autres experts estiment en revanche qu’à court terme l’influence croissante de la société civile chinoise dépend plus de l’amélioration des capacités organisationnelles internes des ONG que d’un élargissement de la marge de manœuvre qui leur est laissée. Le 21 mars dernier, à la veille de la journée mondiale de l’eau, 21 ONG chinoises ont lancé un appel au boycott des produits d’une liste d’entreprises particulièrement polluantes. Cité dans le China Daily, Ma Jun, initiateur de l’événement et figure emblématique du militantisme environnemental en Chine, appelle ainsi la population à « réfléchir au comportement des entreprises vis-à-vis de l’environnement et à modifier leurs achats en conséquence ». Indéniablement, la visibilité des tels groupes de pression s’améliore tandis que la population est de plus en plus sensibilisée à ces questions.
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