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Le renouvellement urbain part d'un constat simple : il existe un certain nombre de quartiers, fortement marqués par le chômage, l'échec scolaire et l'insécurité, où les mesures prises par les pouvoirs publics ne donnent pas toujours les résultats escomptés, et où les habitants n'ont pas d'autre ambition que de déménager. Ces quartiers sont soit des quartiers anciens résidentiels dégradés, où se situent parfois des activités industrielles en déclin (zone portuaire déclinante, comme par exemple à Malmö en Suède), soit des quartiers récents, constitués d'ensembles de logements locatifs sociaux, autrement dit " des tours et des barres ". Afin de lutter contre la spirale négative dans laquelle de tels quartiers souvent se retrouvent, il est indispensable de "renouveler" objectifs, méthodes et moyens d'action des pouvoirs publics sur ces territoires.
Cette prise de conscience incite à penser l'urbanisme " au-delà du béton " et d'envisager une réflexion sur le rôle du territoire concerné dans la ville, sa mixité sociale, la diversité de ses fonctions (commerces, résidentiel) ou encore la politique de transport qui améliore son accessibilité. L'importance croissante de cette problématique coïncide avec l'avènement du concept de développement durable. Le dialogue entre ces deux termes semble évident tant il est vrai que renouveler un quartier a pour but de permettre son développement et que l'urbanisme peut être un art durable. Ce dialogue voit ainsi le jour à travers de nombreuses initiatives privées, à travers des politiques de la ville innovantes mais aussi à travers la loi comme en France.
La loi Borloo
La loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, dite loi Borloo, adoptée le 1er août 2003, fait explicitement le pont entre renouvellement urbain et développement durable, puisqu'elle vise " à restructurer, dans un objectif de mixité sociale et de développement durable " les quartiers classés en zone urbaine sensible (ZUS). Elle prévoit de construire 200 000 logements sociaux, et d'en démolir, d'en réhabiliter et d'en résidentialiser autant d'ici à 2008, pour un coût total de 30 milliards d'euros. L'objectif général, réaffirmé par le premier article de la loi, est de " réduire les inégalités sociales et les écarts de développement entre les territoires ". Outre son ambition, cette loi se distingue par deux nouveautés majeures qui s'apparentent au développement durable.
La première concerne le principe de transparence. En effet, la loi Borloo se fixe des objectifs à cinq ans et des indicateurs propres à apprécier l'effet des politiques mises en œuvre. Les objectifs retenus concernent l'emploi et le développement économique, l'habitat et l'environnement urbain, la santé, la réussite scolaire, la sécurité et la tranquillité publiques. De plus, un observatoire national des zones urbaines sensibles sera créé pour assurer le suivi du programme. Objectifs, indicateurs et communication sur les résultats : autant de moyens de transparence prônés par le développement durable.
La seconde nouveauté concerne la transversalité, démarche indispensable à toute idée de développement durable. La loi prévoit ainsi la création de l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), dont la vocation est de servir de "guichet unique" aux différents acteurs de la rénovation urbaine. Son budget est de 6 milliards d'euros sur cinq ans et servira à financer les dossiers de démolition, de reconstruction et de réhabilitation des quartiers en difficulté dans le cadre du programme national de rénovation urbaine. Ce programme concerne les 751 quartiers de grands ensembles et d'habitat dégradés classés en Zone Urbaine Sensible (ZUS).
La loi Borloo, dont la volonté de promouvoir le développement durable s'inscrit dans les textes, semble aussi le promouvoir à travers les outils de transparence et de transversalité dont elle dote le renouvellement urbain.
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