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Le 23 mars 2006, le temps d’une journée de conférences, Lille est devenu le point de rencontre des villes participant au projet de recherche et développement BioGASMAX : BioGAS as fuel vehicle MArket eXpansion to 2020 Air quality. Démarré en janvier 2006 pour s’achever fin 2009, ce projet, inscrit au programme européen Biofuels cities, vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance pétrolière des 28 partenaires – élus, industriels, universitaires, etc. - en faisant la promotion du biogaz carburant, une énergie renouvelable issue de la méthanisation des déchets organiques, des "biodéchets", et des boues de station d’épuration. La méthanisation est un procédé de dégradation de la matière organique par une flore microbiologique. Elle s'applique à la plupart des déchets municipaux et permet notamment de produire du biogaz.
La présentation des expériences en cours à Rome en Italie, Göteborg, et Stockholm en Suède, Harlem aux Pays-Bas et Lille Métropole, s'est terminée par une visite sur le site de Sequedin, près de Lille. Cette plate-forme de méthanisation de biodéchets, qui sera en service à partir de 2007, vise à produire 4,5 millions de m3 par an de biogaz épuré, du méthane quasi-pur, à 97 %. Là, une canalisation dédiée reliera l’installation de biogaz au dépôt de bus voisin et permettra d’approvisionner en carburant les 2/3 de la flotte des 150 bus lillois roulant au gaz naturel.
Une expérience sans équivalent
L’engagement de Lille en faveur du biogaz carburant ne date pas d’hier. Durant 10 ans, de 1994 à 2003, des "biobus" prototypes ont sillonné l’agglomération. Le site local de concentration de biogaz carburant de la station d’épuration de Marquette-lez-Lille a produit l’équivalent de la consommation de 4 bus. Soit environ 1200 m3/jour, d’une qualité comparable au gaz naturel délivré par Gaz de France et obtenue à partir d’un excédent de biogaz de 3 000 m3 brûlé jusqu’alors dans les torchères de la Marquette. Capable de purger le biométhane de ses impuretés puis de le stocker dans des bouteilles haute pression reliées à une borne où les bus venaient faire le plein, cette installation d’avant-garde, la plus ancienne aussi – menée dans le cadre européen du programme Thermie – est aujourd'hui jugée trop vétuste. Elle sera remplacée fin 2006 par une unité plus moderne qui subviendra aux besoins d’une dizaine de bus.
"Produire du biogaz carburant n’est pas une finalité en soi," modère Pierre Hitzberger, responsable Recherche et Développement à la direction des Résidus Urbains de Lille Métropole (LMCU). Il faut raisonner en filière. Penser les complémentarités de façon à "optimiser la performance économique et environnementale en traitant au mieux des déchets qui sont de toutes façons à la charge de la collectivité."
« Les bus au biogaz et le tri sélectif sont liés »
Deux facteurs au moins sont à prendre en compte avant de s’engager dans un schéma biogaz carburant. D’une part, l’existence ou non d’un gisement suffisant de déchets méthanisables, avec la volonté de les traiter au mieux. De l’autre, la présence, réelle ou planifiée, de véhicules roulant au gaz naturel : bus, bennes à ordures, voitures individuelles… Par exemple, à Lille, 120 véhicules légers "au méthane" équipent déjà la communauté urbaine, et, dès 1999, la ville s'est donnée comme objectif de passer la totalité des bus au gaz.
Outre la recherche de synergies, l’effet de taille, de masse critique, est également un critère essentiel. "Pour pouvoir mettre en place ce type d’équipement et arriver à des coûts acceptables, la quantité de biodéchets à méthaniser doit être au moins égale à 250 000 tonnes. Cela représente un bassin d’environ 300 000 personnes" poursuit Pierre Hitzberger. Pour lui, l’échelle d’une communauté urbaine paraît être la bonne dimension, puisqu'elle offre aussi "des moyens humains en terme d’ingénierie suffisants pour étudier un tel projet qui n’a rien de standard."
Outre une réduction de 20 % du coût commercial du biogaz carburant, l’un des objectifs de l’initiative BioGASMAX est aussi de mettre en place une chaîne complète de technologie biogaz, à Stockholm et à Lille. Le projet BioGASMAX, doté d’un budget de 17 millions d’euros, est financé à hauteur de 7,5 millions d’euros par l’Union Européenne et le reste par les villes partenaires dont Lille Métropole, qui apporte près de 4,5 millions d’Euros.
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