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Formation professionnelle, enseignement secondaire ou encore équipements sanitaires, les compétences des régions en matière sociale sont essentielles. Si l'on y ajoute, l'attribution de subventions et les systèmes de co-financement, les opportunités pour les conseils régionaux de participer à des projets appartenant au pilier "sociétal" du développement durable sont multiples.
A partir du 1er janvier 2005, d'abord, les conseils régionaux auront la pleine responsabilité de la formation professionnelle des adultes avec notamment l'utilisation des crédits de l'Afpa. Ce transfert de compétences donnera aux Conseils régionaux un rôle clé dans la formation "tout au long de la vie", un thème cher au développement durable. Certains élus l'ont déjà bien compris. Dans le Limousin, les élus régionaux ont ainsi décidé de renforcer la professionnalisation des formations financées par le conseil régional. En 2003, la région a organisé la concertation de plus de 600 personnes pour élaborer son nouveau plan régional de formation. Elle a également publié un "manuel de la qualité en formation". Objectif : répondre au mieux à la double demande des salariés et des entreprises.
Parallèlement à la formation professionnelle, les conseils régionaux ont la possibilité d'agir sur la formation initiale et plus particulièrement sur les lycées dont ils ont en charge la construction bien sûr, mais aussi le fonctionnement. En Nord-Pas-de-Calais, le conseil régional a ainsi mis en place des lycées dits "de toutes les chances". Cette initiative, d'abord expérimentée à Roubaix, concerne aujourd'hui 19 établissements et vise à proposer aux élèves en difficulté une pédagogie sur mesure. Les situations familiales difficiles font l'objet de toutes les attentions de la part des professeurs et les élèves sont pris en charge dans tous les domaines : social, éducatif et scolaire. Un traitement particulier qui n'empêche pas le lycée d'être ouvert sur les autres établissements et sur le monde économique.
Favoriser le "tissu social"
Outre ces efforts en direction de la formation, plusieurs conseils régionaux s'engagent dans des programmes d'aide aux exclus du marché du travail. Par le biais d'aides aux entreprises notamment, nombreux sont les conseils régionaux qui favorisent les créations d'activité ou d'emploi qui profitent à d'anciens chômeurs. Le conseil régional de Picardie a ainsi lancé en 1994 une aide régionale à la création d'emplois d'utilité sociale (ARCEUS). Ce dispositif permet aux associations et aux structures intercommunales d'obtenir une aide pour financer les premières années de la création d'un emploi d'utilité sociale, c'est-à-dire un emploi dans le secteur de l'insertion, de l'environnement, de la culture ou du sport. Autre initiative à noter : le conseil régional de Rhône-Alpes offre la gratuité des transports aux chômeurs.
Plus largement, beaucoup de régions consacrent une part de leur budget à l'émergence du "tissu social" en soutenant financièrement les associations ou en encourageant la participation des citoyens au débat public. Et parfois en commençant par les enjeux régionaux ! En décembre 2002, le conseil régional d'Aquitaine a ainsi organisé une "grande consultation" afin que chaque Aquitain puisse se prononcer sur le futur schéma d'aménagement du territoire. Un questionnaire a été proposé à tous les habitants de la région, où les thèmes les plus divers étaient abordés : création d'emploi, formations adaptées aux secteurs qui embauchent, solidarité envers les plus âgés ou les plus démunis, transports, etc. Des questionnaires plus spécialisés ont en outre été envoyés selon les publics (associations, jeunes, entreprises, ménages et élus).
Pour conclure, une mention spéciale peut être attribuée au conseil régional de Bretagne qui a fait le choix, dès 1984, de consacrer 1 % de son budget annuel à la solidarité avec les pays en développement. Pour permettre la création de liens durables entre les populations, la région a décidé de concentrer ses interventions dans cinq pays (le Cambodge, Haïti, Madagascar, le Niger et le Sénégal) et de toujours s'assurer du suivi des projets par une organisation ou une collectivité du pays concerné. Le conseil régional privilégie en outre certains domaines : l'éducation, la santé, la pêche, l'agriculture, l'accès à l'eau et l'artisanat. Très concrètement, l'aide a déjà permis par exemple de creuser des puits au Cambodge ou de créer une coopérative de pêcheurs en Haïti. Une belle preuve que l'action des conseils régionaux en faveur du développement durable ne s'arrête pas aux frontières de la région.
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