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La Commission européenne, dans le cadre de son Vème Programme Cadre de Recherche et Développement (PCRD), a choisi de financer " HQE²R ", le programme ambitieux animé par Catherine Charlot-Valdieu du Centre technique et scientifique du Bâtiment (CSTB) et Philippe Outrequin de La Calade, cabinet de conseil indépendant. Ambitieux, ce programme l'est non seulement par son ampleur, puisque 14 villes européennes, dont Barcelone, Bristol, Dresde ou Mantoue y ont participé, mais aussi par son thème d'étude. En effet, jusqu'ici la plupart des projets de recherche menés sur le thème de l'urbanisme et du développement durable, traitaient de cette problématique soit au niveau du bâtiment (éco-architecture, économies d'énergies, etc.) soit au niveau de la ville (indicateurs de développement durable aidant à la prise de décision et mesurant les progrès accomplis). L'échelle retenue dans le cadre du projet HQE²R est à mi-chemin des échelles habituelles : c'est celle du quartier. Cette approche présente le double avantage d'être à la fois assez proche des habitants pour pouvoir les impliquer dans les décisions et assez large pour pouvoir permettre une certaine prise de recul.
5 objectifs pour un quartier durable
La première tâche du projet HQE²R a été d'élaborer un cadre conceptuel définissant les thématiques principales du renouvellement urbain durable, afin d'en faciliter l'explication aux habitants et aux élus. Le cadre mis au point fixe cinq objectifs :
- préserver et valoriser l'héritage et conserver les ressources : préservation des ressources en eau, énergie, etc. ainsi que la sauvegarde du patrimoine bâti - améliorer la qualité de l'environnement local qui traite des questions de propreté, santé, nuisances sonores, déchets, etc. - améliorer la diversité : il s'agit de favoriser la mixité de la population aussi bien en termes d'âge que de revenus. - améliorer l'intégration : cet objectif traite de l'intégration économique du quartier dans la ville (formation, accès à l'emploi, équipements d'intérêt collectif...) - renforcer le lien social : développement, notamment, de la vie associative.
Une fois ce cadre défini, il s'agit de mettre en place des politiques afin d'atteindre ces objectifs, de les hiérarchiser afin de se fixer des priorités, et de communiquer sur les progrès réalisés. Pour ce faire, le programme HQE²R a conçu un grand nombre d'outils, dont certains sont destinés à rester aux mains des élus mais dont d'autres serviront à interroger les habitants sur leurs priorités en matière de renouvellement urbain et de développement durable. Ainsi à Bristol, ces outils de dialogue ont été testés par l'équipe municipale et ont donné aux habitants l'occasion de s'exprimer sur l'avenir de leur quartier. Des grandes roues colorées présentant les objectifs et les cibles correspondantes, ont permis, avec pédagogie, de consulter les habitants tout en les sensibilisant à l'avenir de leur quartier.
La participation des habitants, une question épineuse
La participation des habitants est l'un des thèmes au cœur de la méthode HQE²R et du développement durable. Légitimée par des impératifs de démocratie locale et de réappropriation de la ville par ses habitants, elle est rendue nécessaire par ce qu'elle permet tout simplement de construire "mieux". Grâce à la participation des habitants, la ville peut mieux identifier les attentes de la population et ainsi dépenser ses ressources financières avec plus d'efficacité. Cette participation peut varier entre la simple information, la consultation, et la codécision. Néanmoins, comme le soulignait lors du colloque Alain Maugard, président du CSTB, la participation n'est pas toujours "souhaitable". Pour expliquer ce point de vue surprenant, il prenait l'exemple suivant : " Bien que la mixité sociale des habitants soit un impératif reconnu du renouvellement urbain durable, si vous demandez aux habitants de Neuilly s'ils veulent voir des habitants à faible revenu s'installer sur la commune, ils vous diront non." Le président du CSTB en concluait à la nécessité de faire la part entre les domaines qui relèvent de la démocratie consultative et ceux qui relèvent de la démocratie représentative.
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