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![]() La Zac de Bonne
Planète \Institution \Collectivités localesLa ZAC de Bonne à Grenoble, vitrine des éco-quartiersAprès sept ans de travaux, l'ancien terrain de la caserne de Grenoble reconverti en quartier durable se voit récompensé par le ministère de l'Ecologie, qui vient de lui attribuer le grand prix du palmarès Ecoquartier 2009 parmi 160 projets.
Quand la ville de Grenoble décide au début des années 2000 de donner une dimension durable à la reconversion de l’ancienne caserne de Bonne située sur un territoire convoité du centre ville, les porteurs du projet doivent se battre pour imposer le concept…Sept ans plus tard, le vent a tourné. Les éco-quartiers sont à la mode. En témoigne l’affluence qui régnait à la conférence nationale ville durable, le 4 novembre, où Grenoble recevait le grand prix du palmarès Ecoquartier 2009 décerné par le ministère de l’Ecologie. Pour le jury, qui devait départager pas moins de 160 projets, la Zac de Bonne représente en effet « un quartier durable exemplaire, porteur d’excellence globale, répondant aux enjeux du développement durable et illustrant l’esprit du Grenelle environnement. » Aujourd’hui, la zone fait aussi partie du peu d’éco-quartiers français réellement aboutis… C’est donc pour faire reconnaîtreles bons élèves, développer les projets et tenter de rattraper le retard de l’Hexagone en la matière que l’appel à projet Ecoquartiers et la démarche Ecocité (voir encadré) ont été lancés. Car « si les expériences européennes, d’Europe du Nord notamment, sont bien connues (Breda aux Pays-Bas, Fribourg en Allemagne, Copenhague au Danemark, Malmö en Suède…), les expériences françaises – peut-être plus récentes - le sont moins », avoue ainsi le Ministère dans un communiqué présentant la démarche. Les autres projets
Parmi les autres éco-quartiers récompensés par l’appel à projet du Ministère de l’Ecologie, on distingue les projets ruraux de Douzy, Faux la Montagne et Vitteaux, et des petites villes de Châteaurenard et Claye-Souilly, auxquels s’ajoute un palmarès thématique sur l’eau, les déchets, la mobilité, etc.
Par ailleurs, 13 autres projets de villes ou d'agglomération (Bordeaux, Rennes, Strasbourg/Kehl, Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), Montpellier, Nantes/Saint-Nazaire, Metz Métropole, Clermont-Ferrand, Grenoble, Marseille, Nice, le Pays Haut Val d'Alzette (Moselle) et La Réunion) ont été retenus dans le cadre du projet Ecocités. Celui-ci récompensait les cités exemplaires sur la mise en œuvre du Grenelle de l'Environnement tout en mettant l'accent sur le développement économique et l'accueil de plus de 50 000 nouveaux habitants sur une génération. Anticipation La Zac de Bonne connaîtra-t-elle le même destin que ces quartiers phares ? Même si le député maire de Grenoble, Michel Destot, affirme n’avoir « aucun modèle », on peut trouver quelques similitudes avec ses homologues, comme le quartier Vauban de Fribourg par exemple. Comme lui, la Zac a vu le jour sur les bases d’une ancienne caserne. Et, avec quelques années de retard sur le projet allemand, Grenoble a aussi su être visionnaire. « Dans les objectifs, nous avons anticipé sur les labels HQE qui n’existaient pas encore en 2003. D’autre part, il a fallu convaincre les promoteurs qui n’avaient pas connaissance de telles mesures ainsi que les architectes, qui n’étaient pas formés aux techniques du développement durable » explique Loizos Savva, architecte associé du cabinet Atkis, qui a réalisé le projet. Aujourd’hui, comme tous les bâtiments neuf construits sur Grenoble, l’ensemble des logements, bureaux et locaux commerciaux de la ZAC sont à basse consommation d’énergie. Grâce à ses 1,2 m² de capteurs solaires thermiques par logement, ses 1500 m² de panneaux photovoltaïques sur la toiture de l’espace commercial et du bâtiment de bureaux à énergie positive, ses 9 modules de cogénération, l’isolation extérieure des bâtiments et autres aménagements, le quartier peut assurer son autosuffisance énergétique. Cohérence Limitée à une petite surface (8,5 hectares seulement), la zone présente aussi l’intérêt de « traiter avec cohérence et dans la concertation, toutes les thématiques des Ecoquartiers », souligne le jury. Parmi les bons points ; l’importance accordée à la mixité sociale par exemple sachant que 40% des 850 logements sont destinés au locatif social ; la place essentielle des espaces verts et de l’eau grâce à l’aménagement d’un parc urbain, le soin apporté à la mobilité et l’accessibilité (notamment par le tramway) ou encore la qualité du traitement des déchets et de la gestion des eaux pluviales ou de la nappe phréatique. Mais se sont aussi, et peut-être surtout, les méthodes de mise en œuvre du projet qui ont séduit le jury. « Dès le début, la population a été associée au projet grâce à de nombreuses réunions, non pas d’explication mais bien de concertation, où chacun pouvait donner son avis », souligne Loizos Saava. Un dialogue qui perdure encore, alors que les premiers habitants occupent le quartier depuis plus d’un an. « Chacun d’entre eux a reçu une formation pour apprendre à utiliser son logement ; par exemple nous avons fait des préconisations sur la température idéale ou sur les branchements à l’eau chaude des machines à laver», reprend Loizos Saava. Actuellement une vingtaine d’appartements sont contrôlés pour valider les hypothèses de consommation. « Pour l’instant nous n’avons pas les résultats, mais quels qu’ils soient ils nous permettront d’apprendre et d’améliorer nos réalisations, estime l’architecte. Le plus important c’est qu’aujourd’hui, les habitants de ce quartier sont devenus de vrais éco-citoyens. » Michel Destot souhaite étendre cette culture à l’ensemble de la ville. Il s’est engagé à diviser par 4 ses émissions de GES d’ici 2050 et a déjà réussi à réduire de 30 000 tonnes celles de CO2 l’an dernier (sur 500 000 tonnes). « La Zac de Bonne n’est qu’un point d’étape dans le parcours de développement écologique de Grenoble » souligne-t-il. Après Bonne ou Bouchayer-Viallet, dont la mairie commence à avoir les premiers retours d’expérience, c’est le quartier de la « Presque-île » qui va se développer sur le même modèle, mais cette fois-ci à grande échelle (240 hectares) et avec une ambition scientifique (pôle universitaire, industriel et de recherche).
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