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A 65 kilomètres à l’ouest de Séoul, à une encablure à peine de l’aéroport international d’Incheon, la ville de Songdo est un symbole : cette première ville nouvelle version XXIème siècle se veut le centre de l’Asie. « A moins de 3 heures 30 d’avion d’un tiers de la population mondiale », comme le rappelle les communicants du projet. Une ville hyper connectée et entourée d’espaces verts. Un mélange de Sidney, de Central Park et de Vancouver. Le tout à un jet de pierre de la capitale sud-coréenne. C’est le géant américain de l’immobilier Gale qui pilote ce projet à 35 milliards de dollars. Ce qui en fait déjà le plus important investissement immobilier de la planète. Pour construire Songdo, les architectes sont partis de rien. Il n’y avait ici que la mer et, en quelques années, une île artificielle a vu le jour. 40% de la ville est déjà quasiment terminée et Songdo devrait ouvrir ses portes en 2014. Une centaine d’immeubles, dont un gigantesque complexe pour 7800 habitants, 40% d’espaces verts dont un parc à plus de 200 millions de dollars, des écoles, des bureaux et un système complet de transport urbain. A terme, Songdo devrait compter 65 000 habitants et plus de 300 000 personnes devraient y travailler. « U-Cité » L’originalité de Songdo est d’être une « U-Cité ». Une ville ubiquitaire, c’est à dire hyper connectée. Ici, les habitants pourront dialoguer en ligne avec les professeurs de leurs enfants, consulter un médecin par internet et accéder à l’intégralité des formulaires administratifs via l’écran plat de leur appartement. Un véritable microcosme autarcique. C’est un autre Américain, Cisco, qui est chargé de connecter entre eux tous les acteurs de Songdo. Ville verte, Songdo propose également un système de taxi fluvial, de pistes cyclables et de métro sans émission de CO2. Une utopie qui se payera au prix fort puisque les appartements et les bureaux seront commercialisés à des prix bien supérieurs à ceux pratiqués à Séoul.
| Fujisawa Sustainable Smart Town |
Panasonic a annoncé le 26 mai son projet japonais intitulé "Fujisawa Sustainable Smart Town" (ville intelligente et durable de Fujisawa). Cette ville constituée d'environ 1000 foyers utilisera massivement le photovoltaïque pour réduire de 70% la quantité de dioxyde de carbone rejetée. L'entreprise compte investir 60 milliards de yens (511 millions d'euros) pour développer une zone de 190 000 mètres carrés situés à Fujisawa (préfecture de Kanagawa) ancien site d'une usine Panasonic. La construction devrait débuter en 2012/2013 et les habitations seront disponibles en 2018.
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Cette ville nouvelle n’a pas que des partisans. « Songdo c’est une projection occidentale de la ville, nous explique l’architecte Park-sun. L’objectif des promoteurs est de créer un centre des affaires pour les multinationales à mi-chemin entre le Japon et la Chine. C’est une version américaine de la ville, pour que les Occidentaux se sentent chez eux en Corée. Regardez, il y a même un parcours de golf dessiné par Jack Nicklaus [recordman du nombre de grands chelems remportés]. Ce n’est pas une réflexion sur la ville, mais plutôt sur la mondialisation. Car l’objectif de Songdo, c’est d’abord la Chine ». Des villes clones A une encablure de là, en effet, l’usine du monde et son milliard et demi de consommateurs potentiels attise toutes les convoitises. « Installez-vous à Songdo et vous ne serez qu’à une heure d’avion de Shanghai », vantent d’ailleurs les prospectus. Du côté de Gale, on ne cache pas sa volonté d’étendre ce type de projets de l’autre côté de la Mer jaune, en Chine continentale. « La Chine aurait besoin de 500 villes comme Songdo », assure d’ailleurs avec un sourire l’un des cadres du groupe américain. Des projets ? « Rien n’est encore signé, mais nous allons sûrement commencer par construire à Chongqing une ville sur le modèle de Songdo ». Chongqing et ses 34 millions d’habitants est en effet considérée comme la plus grande métropole du monde et un véritable enfer environnemental. Derrière Chongqing, une quarantaine de municipalités chinoises sont déjà en lice pour avoir leur version de Songdo. Des clones devraient ainsi fleurir un peu partout en Asie alors que le développement urbain est devenu l’une des préoccupations majeures de cette partie du monde où se concentre la moitié de l’humanité. Mais Songdo n’est pas le seul projet d’une Corée du Sud décidément très en pointe dans ce domaine des villes nouvelles. Saemangeum est également en travaux sous la baguette cette fois du cabinet d’architectes britanniques ARU. « Je pense que l’erreur principale des promoteurs de Songdo est de vouloir partir de zéro, explique l’architecte Philip Christou d’ARU. On ne peut pas faire table rase du paysage et il y une meilleure prise en considération de la nature ici en Orient. C’est pourquoi nous axons notre travail plutôt sur l’écologie et le développement durable ». Après avoir étudié des villes comme Venise et Stockholm, les maîtres d’œuvre de Saemangeum ont voulu jouer avec l’environnement de ces côtes sud-ouest de la Corée. Le projet dort encore dans les cartons, mais il s’inscrit déjà aux antipodes de Songdo. Deux modèles de développement qui se côtoient en Corée du Sud. Deux modèles entièrement financés par des promoteurs privés et qui font la part belle au développement durable et aux nouvelles technologies.
Cet article a été publié initialement le 24/06/2011
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