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Près de 17000 espèces sont menacées d’extinction dans le monde : l’éléphant d’Asie, le tigre du Bengale… mais aussi le lapin de Garenne, le râle des genêts et le milan royal en Ile-de-France. On ne sait pas toujours que la région francilienne recèle de nombreuses espèces animales et végétales, dont plusieurs sont en voie de disparition. Pourtant, l’impact, y compris financier, du recul de la biodiversité dans le monde est immense. « On sait aujourd’hui que, chaque année, la disparition de la faune et de la flore coûte 2000 milliards de dollars » soit 6% du Produit national brut (PNB) mondial, avance Sebastian Winkler, responsable du Compte à rebours 2010 pour l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pour autant, peu d’instruments politiques et économiques ont été mis en œuvre pour préserver ces ressources. La France, qui abrite avec ses DOM TOM une part importante de la diversité biologique, a lancé en 2007 lors du Grenelle la création d'une “trame verte”, destinée à relier les espaces naturels et à les protéger, Nicolas Sarkozy ayant par ailleurs déclaré « que désormais, toutes les décisions publiques devront être arbitrées en intégrant le coût de la biodiversité ». Or, la question de l’évaluation de ces impacts et de leurs coûts commence tout juste à se poser.
Un impact climatique différent selon les régions
Selon le deuxième rapport de l’Observatoire des territoires, les différentes régions de France ne sont pas égales faces aux variations du climat. L’étude intitulée « Dynamiques et développement durable des territoires » note d’importantes disparités, qui dépendraient des populations, des espaces naturels, de l’urbanisation et des caractéristiques géographiques. Les conséquences sont variables, allant des vagues de chaleur aux inondations, en passant par des phénomènes météorologiques plus graves (cyclones et tempêtes). Si les régions les plus affectées sont situées dans le Sud-Est, l’Ile-de-France fait partie des zones à « risque naturel important » selon le rapport. L’Observatoire a également défini des disparités dans les émissions de gaz à effet de serre des régions, variables selon le nombre d’habitants, leurs modes de consommation et de transport, les secteurs industriels présents et les « différences de structure productives ».
Face à la dégradation de sa biodiversité, l’Ile-de-France a décidé d’agir. Après la création par la région, en juin 2008, de la première agence pour la biodiversité, Natureparif, ce sont aujourd’hui les collectivités locales* qui s’engagent pour ralentir le recul de la biodiversité, en signant, mardi 20 janvier, la Déclaration du Compte à rebours 2010 pour la biodiversité. Ce programme (Count-Down 2010) a été initié par l’UICN à la suite du Sommet mondial de la Terre à Johannesburg en 2002. Lors de la 5e Conférence ministérielle de 2003 à Kiev, les pays européens se sont engagés à stopper le recul de la biodiversité d’ici 2010. La Région Ile-de-France a été la première à signer la Déclaration du Count-Down 2010. « C’est un bon moyen de faire évoluer les choses, car rares sont les décisions qui émanent directement des gouvernements » affirme Sebastian Winkler, responsable international pour le Compte à rebours 2010. Faire rimer urbanisation et biodiversité Une prise de conscience de la disparition de la faune et la flore, dans la région la plus urbanisée de France, est-ce paradoxal ? Pas vraiment, selon Catherine Ribes, directrice adjointe de Natureparif. « Les citadins réclament plus de nature, et sont sensibilisés aux questions environnementales » explique-t-elle. « Le faisceau d’urbanisation ne représente que 20% du territoire, il y a de nombreux parcs naturels et terres agricoles » ajoute Stéphane Gozlan, conseiller régional Ile-de-France eco-région et environnement. La diversité des espèces en Ile-de-France est en effet exceptionnelle : 200 espèces protégées, 228 espèces d’oiseaux (soit 61% des espèces présentes en France), 18000 d’insectes (51%), 60 mammifères (50%), 17 reptiles (42%), 12 amphibiens (30%) et plus de 1500 végétaux (25%). Mais l’urbanisation intensive dégrade l’environnement des espèces. La densité très forte, concentrée sur 20% seulement du territoire, fragmente les espaces. Deux autres fléaux pour la biodiversité francilienne sont la perte des milieux, notamment des zones humides, et le développement d’espèces invasives, qui profitent d’un déséquilibre de l’écosystème pour se développer au détriment des espèces natives. Une prise de conscience de la disparition de la faune et la flore, dans la région la plus urbanisée de France, est-ce paradoxal ? Pas vraiment, selon Catherine Ribes, directrice adjointe de Natureparif. « Les citadins réclament plus de nature, et sont sensibilisés aux questions environnementales » explique-t-elle. « Malgré le faisceau d’urbanisation, il y a de nombreux parcs naturels et terres agricoles » ajoute Stéphane Gozlan, conseiller régional Ile-de-France eco-région et environnement. La diversité des espèces en Ile-de-France est en effet exceptionnelle (voir encadré), et l’urbanisation intensive dégrade cet environnement. La densité très forte, concentrée sur 20% seulement du territoire, fragmente les espaces. Deux autres fléaux pour la biodiversité francilienne sont la perte des milieux, notamment des zones humides, et le développement d’espèces invasives, qui profitent d’un déséquilibre de l’écosystème pour se développer au détriment des espèces natives. Historiquement, la Région est l’une des premières à s’être mobilisée pour la protection de la biodiversité. Elle lance la Charte régionale pour la biodiversité en 2003. Les 200 signataires (communes, départements, établissements publics, réserves naturelles, syndicats, associations, entreprises…) sont encouragés à mettre en place des projets intégrant la connaissance, la gestion et la sensibilisation à la perte de la biodiversité en Ile-de-France. Des projets financés en partie par la Région. Natureparif, observateur et conseiller des collectivités Le projet d’un observatoire de la biodiversité, initié en 2003 par la Région Ile-de-France, aboutit en juin 2008 à la création de Natureparif. L’agence met en réseau les acteurs de la protection de la biodiversité en Ile-de-France : collectivités locales, urbanistes, agriculteurs, responsables de l’aménagement, direction des travaux publics, etc. « Natureparif joue également le rôle de conseiller technique pour les projets des collectivités locales » ajoute Catherine Ribes. A une commune qui demande le financement d’un projet de protection de la biodiversité, Natureparif conseille souvent de réaliser un diagnostic écologique. « Cela permet de mieux connaitre l’environnement et de cibler plus précisément le projet » explique la directrice adjointe. En juin 2008, l’Ile-de-France a également voté une stratégie régionale pour la biodiversité. Pendant les 5 années de sa mandature, la Région allouera 5 millions d’euros chaque année à la préservation de la biodiversité. Parmi les objectifs, réintroduire certaines espèces disparues, comme la loutre, et rétablir les continuités géographiques. Près de 250 projets ont vu le jour depuis la Charte régionale, pour un total de 3,3 millions d’euros de subvention. Catherine Ribes avoue que « la plupart des projets concerne des actions de sensibilisation et communication », comme la formation des jardiniers des 380 espaces verts de la ville de Nanterre (92), ou les projets de sensibilisation à la “biodiversité domestique”, c’est-à-dire à la protection de la nature dans les jardins des particuliers. Sensibilisation, recherche et gestion des espaces La Région finance également des programmes de recherche sur les espèces invasives (comme la tortue de Floride, nouvel animal de compagnie qui a colonisé les eaux franciliennes) ou sur les problèmes d’écologie urbaine (notamment une étude sur le pigeon en ville, en partenariat avec le CNRS). « Il y a aussi beaucoup de projets de gestion des espaces » insiste la directrice adjointe de Natureparif. Certains incluent des partenariats avec des entreprises, comme Gaz réseau distribution (GRD). « Un projet de création de réserve à Anthony doit inclure un plan d’eau géré par le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) » indique Catherine Ribes. Outre la création d’espaces protégés, de fleurissements ou de zones de passage pour les animaux, les communes d’Ile-de-France lancent des projets parfois originaux. La ville de Savigny-le-Temple (77) a aménagé un potager d’un hectare pour la réhabilitation des légumes oubliés. « Le but est de recenser les variétés historiques, des les conserver et de les valoriser auprès du public et des professionnels » explique Gilles Debarle, directeur du Domaine de la Grange-La Prévôté. Le projet a reçu le prix du développement durable de Seine-et-Marne. * Paris (75), Cesson, Champagne sur Seine, Chelles, Fontainebleau, Savigny-le-Temple (77), Conflans-Sainte-Honorine, Saint Rémy les Chevreuse (78), Marcoussis (91), Aubervilliers, Coubron (93), Arcueil (94), Auvers-sur-Oise et Méry-sur-Oise (95).
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