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![]() Planète \Institution \Collectivités localesFribourg cultive la participation citoyenneCélèbre pour ses quartiers verts, Fribourg cultive d'autres dimensions de la ville durable, et en tout premier lieu la participation citoyenne, véritable épine dorsale de la politique locale.
« Les groupes et associations d’usagers et de citoyens se révèlent être un élément capital dans la promotion de la ville durable », indique Christine Wegner-Sänger, de l’Agence de la protection environnementale de la ville de Fribourg. « Nous n’avons pas de grande industrie susceptible de nous fournir en énergie, mais nous misons sur la participation des habitants aux décisions et sur l'usage des énergies renouvelables ». A la question de savoir pourquoi les habitants participent activement à la politique durable de la ville, Christine Wegner-Sänger répond par un retour en arrière : les manifestations anti-nucléaires de 1985 contre la centrale nucléaire de Wyhl, à quelques encablures de Fribourg. « Ces manifestations ont contribué à nourrir un esprit particulier à la ville, un esprit qui cultive le vivre-autrement et que l’on retrouve toujours chez les habitants ». Diplômée en ingénierie environnementale et en ingénierie énergétique, Christine Wegner-Sänger, est elle-même très impliquée dans la politique durable de la ville de Fribourg, qui va au-delà de la seule promotion de l’énergie solaire. Faible bilan carbone Résultat : un réseau de 500 kilomètres de pistes cyclables, 9000 points de stationnement pour les vélos et 65% des habitants (sur une population de 220,000) qui vivent à proximité d’un arrêt de tramway... 90% de la population habite dans des zones, où la vitesse est limitée à 30 km/h. A cela, il faut ajouter que près de 50% de la consommation énergétique de la ville est assurée par des centrales à cogénération, réduisant l’alimentation en énergie nucléaire de 60 à 30%, ainsi qu’une politique de recyclage poussée à son maximum ou encore la valorisation de l’habitat collectif. Le quatrième bilan carbone de la ville, comprenant la période 2006/2007, montre une baisse des émissions de CO2 de 13,8% par rapport à 1992, et ce, alors que la population de la ville ne cesse de croître. En 2007, la ville a émis 1,78 millions de tonnes de carbone (une donnée qui comprend les émissions dues à la consommation et à la circulation), soit une émission moyenne de 8,53% par habitant, en baisse de 20% par rapport à 1992. La ville de Fribourg s’est fixée comme objectif une baisse de ses émissions de 40% d’ici 2030. Pour y parvenir, une directive exige qu'en 2009, toute nouvelle construction devra se faire en normes passives - une réglementation qui s’appliquera aux particuliers à partir de 2012. « C’est un moyen pour la ville d’intervenir dans le secteur privée », résume Christine Wegner-Sänger. "Toursime et marketing du solaire" « Le parti pris de l’énergie solaire s'est fait grâce au fort taux d'ensoleillement de la ville, un des plus fort d’Allemagne. Ensuite, c'est devenu un atout d'image, une sorte de "marketing du solaire", pour promouvoir des projets prestigieux. Autant d'atouts pour vanter aussi les autres éléments de la ville durable », explique l’ingénieure. De fait, Fribourg a développé un « tourisme solaire » en offrant un guide et une carte détaillée, proposant cinq parcours différents à travers la ville, pour découvrir l’industrie solaire. Tout y est recensé : écoles, centres de recherche, églises, hôtels, hôpitaux, centres sportifs, bâtiments d’architecte, nouveaux quartiers de Vauban et Rieselfeld… (voir article lié). Depuis 15 ans, c'est ici un atout économique majeur, qui a attiré de multiples acteurs pour créer un réseau unique en son genre en Allemagne. Le secteur emploie plus de 10 000 personnes, soit près de 3% des salariés travaillant à Fribourg, générant une activité industrielle évaluée à 500 millions d’euros. Le solaire emploie à lui seul 700 salariés répartis dans près de 80 entreprises. Une réussite économique et environnementale.
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