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L'écosite de Thau situé au bord de l'étang du même nom dans l'Hérault est un immense laboratoire du développement durable. Le centre d'activités, de recherche appliquée et de formation dans le domaine de l'environnement est une expérience originale de gestion durable et locale des ressources et de protection de l'environnement.
Des expérimentations écologiques grandeur nature
Tout a commencé il y a vingt ans, quand dans les années 80, l'étang de Thau, site de production conchylicole réputé, s'est trouvé confronté à un problème de pollution urbaine. Le maire de Mèze, Yves Pietrasanta, scientifique et écologiste, décida alors d'expérimenter la solution innovante du lagunage, système d'épuration naturelle grâce au zoo plancton, présent dans divers bassins où l'eau s'écoule par gravitation. Pendant trois mois, les effluents d'eau polluée circulent, puis sont rejetés dans l'étang, épurés. Première expérience de ce genre grandeur nature, le site de lagunage a occasionné la création d'un Centre de
Les 10 fonctions d'un ecosite
- Contribution à la protection de l'environnement et du patrimoine - Conduite de recherches fondamentales et appliquées - Instauration d'une solidarité économique et financière - Contribution au développement d'emplois locaux - Renforcement des identités territoriales - Contribution au développement technologique - Conception et mise en œuvre d'actions pédagogiques - Communication et animation locale - Participation aux échanges transnationaux - Contribution à la coordination des politiques publiques de développement durable
recherches dédié devenu le cœur de l'Ecosite (voir encadré).
Progresser et faire progresser
20 ans après, l'écosite est devenu un parc scientifique environnemental. Il comprend une société d'économie mixte créée par les collectivités du Nord du Bassin de Thau pour gérer leurs services industriels et commerciaux dans le domaine de l'environnement et une dizaine d'éco-entreprises privées, qui cherchent, testent ou proposent des solutions durables dans le traitement des déchets, les énergies renouvelables, l'aménagement du territoire, l'aquaculture ou encore les bio technologies (production de micro algues)... Ces activités ont permis de créer une centaine d'emplois (300 si l'on compte les emplois indirects) et d'accueillir 150 stagiaires par an et de nombreuses formations. Autre originalité et finalité du lieu, le site est une vitrine des nouvelles technologies en matière d'environnement. Des visites organisées drainent jusqu'à 80 000 visiteurs par an (écoles, particuliers, professionnels...).
Un exemple français et européen
Depuis 2003, l'écosite de Thau a une reconnaissance européenne puisqu'il est le site coordonnateur du projet de réseau thématique Ecolink, financé par la Commission européenne afin de soutenir la mise en réseau d'Ecosites, Eco centres et centre de recherches européens. Ce projet réunit d'autres initiatives menées aux Pays Bas, au Danemark et en Grande-Bretagne. Quatre ateliers leur ont permis d'avoir des échanges sur le rôle de ces structures dans l'innovation technologique, la protection de la nature, le développement local ou encore la mise en œuvre des politiques de développement durable et d'environnement de l'Union européenne. Une émulation souhaitée par Yves Pietrasanta : " Imaginons qu'au niveau de la planète ce type "d'entreprise écologique" voit le jour de façon exponentielle. Quel réseau d'échanges de connaissances et de savoir faire cela constituerait ! L'effet de synergie serait total sans oublier les nouveaux marchés que cela ouvrirait à quantité d'entreprises et les emplois qui s'ensuivraient ".
En France, trois autres écosites sont en activité, celui de Rochefort sur mer, en Charente Maritime, de Loos en Gohelle dans le Nord et celui de Mens, près de Grenoble. A terme, une quinzaine d'écosites devraient voir le jour, dont trois projets actuellement plus avancés dans la Drôme, le Tarn et le Var.
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