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« Les habitants des villes, communes et agglomérations sont les premiers touchés par les effets du réchauffement climatique, » relève Angela Hanisch, du réseau communal allemand Climate Alliance. « Et ce sont elles qui, par leur travail de terrain et de proximité, restent les acteurs politiques les plus proches des citoyens. Même si elles ne peuvent pas tout faire, les communes détiennent les principales solutions dans la lutte contre le réchauffement climatique ». Au quartier général de Climate Alliance à Francfort, une vingtaine de personnes coordonnent un réseau de 1400 communes. D’essence européenne, l’organisation entretient également des projets en Amérique du sud, car « le réchauffement climatique nous affecte tous, et particulièrement l’Amazonie où les populations dépendent plus que tout d’un environnement préservé ». Active depuis 1990, cette organisation mise sur les contacts personnels autant que sur une démarche méthodique pour assurer le succès des actions et programmes climatiques conçus par et pour les communes. « Notre réseau offrent une plateforme qui leur permettent d’échanger expériences et savoir-faire. » Alternative Climate Alliance forme avec Energie-Cités les deux principaux réseaux communaux européennes de lutte contre le réchauffement climatique. Les méthodes de travail restent similaires, la véritable différence étant principalement géographique et linguistique : Energie-Cités tend plus vers la sphère francophone, Climate Alliance, vers l’espace germanophone, avec une ouverture sur l’Italie. L’activisme déployé par les deux réseaux tranche avec le ralentissement du programme onusien Agenda 21 local. Car si le nombre d’agendas est élevé en Allemagne, il cache une autre réalité : « Il y a un fort degré de frustration qui prévaut chez les bénévoles comme dans les équipes communales qui veulent mettre en place un Agenda 21 local, » constate Markus Pierk, qui a conseillé pendant cinq ans les communes dans la mise en place d’Agenda 21 locaux. Signe des temps, le cabinet de conseil a fermé ses portes depuis bientôt trois ans. « Beaucoup de communes ont abandonné leurs projets en plein milieu faute de motivation, de fonds, ou encore à la suite d’un changement d’équipe communale qui a refusé de poursuivre le programme déjà mis sur pied ». En France, la ville de Grenoble est également passée par la conception d’un agenda 21 local avant de redéfinir sa stratégie climatique. Stéphane Siebert, adjoint au maire chargé des questions de développement durable, se souvient : « Entre 1998 et 1999, nous avons voulu mettre sur pied un Agenda 21 local. Ceci a demandé une grande mobilisation de tous nos services, qui a aboutit à un énorme document de 400 pages ». Pour l’élu local français, « l’idée est logique, mais elle ne fonctionne pas » et établi le même constat que Markus Pierk : on ne peut définir, détailler et imposer aux communes une palette d’actions - d’autant qu’elle ne tient pas nécessairement compte des particularités locales. Grenoble a donc réajusté son tir en définissant « 30 actions très précises. Ce sont de grandes actions, mais en moins grand nombre. » Les villes reconnues par Bruxelles
Les deux organisations peuvent se féliciter d’un grand succès : 372 villes européennes ont suivi l’invitation de la Commission européenne pour la signature d’une Convention des maires en février dernier. Cette signature représente le fruit d’un intense travail de lobby de la part des deux réseaux qui entendent représenter les intérêts des villes au niveau des instances non seulement nationales, mais aussi européennes. Pour Manuela Rotmann, adjointe au maire de Francfort chargée de l’environnement et présente lors du rendez-vous bruxellois, il ne s’agit ni plus ni moins qu’un changement de mentalité au sein de la Commission : « Pour la première fois, la Commission européenne considère les communes comme de véritables partenaires politiques. Jusqu’à présent, la Commission privilégiait les échanges avec les gouvernements nationaux. » Cette convention, ouverte aux villes des 27 états membres de l’Union européenne, les engage à dépasser l’objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre, fixé à 20% entre 1990 et 2020. Parmi les signataires figurent 41 villes françaises, dont Grenoble, 21 villes allemandes, dont Francfort, ainsi que la plupart des principales villes européennes. Obligation leur est faite de réaliser dans un premier temps des bilans carbones, puis de rendre public un plan d’action détaillé dans un délai d’un an suivant leur adhésion, pour ensuite publier les rapports de mise en oeuvre, sous peine d’exclusion. La Banque européenne d’investissement prévoit une enveloppe de 15 millions d’euros pour 2009 afin de financer des équipements en énergies durables des villes « à faibles moyens », a expliqué Ferran Tarradellas, porte-parole du commissaire chargé de l’énergie.Energie-Cités et Climate Alliance ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Du 22 au 24 avril se tient à Bruxelles leur rendez-vous conjoint, avec, parmi les invités, Jeremy Rifkin et Sunita Narain.
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