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Pour Jean-François Caron, vice président Vert de la région Nord Pas de Calais, et organisateur des secondes assises (Lille-2003) « En trois ans, le contexte a radicalement changé. On est passé de la prise de conscience des enjeux à une demande manifeste de méthodes pour passer à l’action.» Le sondage commandé par la Région Pays de Loire pour illustrer les débats en témoigne. 95 % des 1000 personnes interrogées considèrent que la situation actuelle est préoccupante sur le réchauffement climatique, 88 % que c’est la même chose sur les inégalités sociales en France et la raréfaction des ressources naturelles ainsi que les inégalités entre les pays du Nord et ceux du Sud (82%). Globalement, plus de 60 % du même panel pensent que la situation peut s’améliorer sur ces divers sujets grâce à une action conjointe des pouvoirs publics des associations des entreprises et des citoyens.
L’IFEN sonne l’alerte
La quatrième édition du rapport de l’IFEN sur l’Environnement en France propose des analyses permettant de comprendre les grandes évolutions de l’état de l’environnement et leurs conséquences en prenant en compte les dimensions de développement durable. L’édition 2006 est alarmiste sur les grands secteurs traditionnellement identifiés comme polluants (transports, agriculture) mais aussi sur la montée en puissance de nouveaux polluants encore peu mesurés ainsi que de l’impact environnemental de nos modes de consommation. Publié tous les 4 ans, cet état des lieux insiste sur le décalage chez les Français entre l’affichage d’une sensibilité environnementale et le maintien de pratiques sources de dommages. 4/5 des déplacements s’effectuent en voiture particulière ! Il résume ainsi le problème : « L’enjeu est maintenant surtout du côté des sources diffuses, celles qui nécessitent l’adhésion de chacun dans ses choix individuels (pour se déplacer, consommer, se chauffer, se loger…) ou dans les choix collectifs (construire une société plus sobre en carbone, par exemple). »
Pour répondre à cette attente, les organisateurs avaient planifié 44 ateliers pendant trois jours sur des thématiques aussi diverses que les plans de mobilité, les écotaxes, les migrations climatiques internationales, le droit au logement ou le marketing durable….Ils ont rassemblé près de 200 intervenants venus de tous horizons. « Il me semble que ces assises proposaient des expériences concrètes» témoigne Nathalie Holec qui a assisté aux quatre éditions. « Les assises se sont ouvertes sur le monde et à d’autres univers que ceux des collectivités locales. Reste que le reproche récurrent sur le fait qu’on aborde toujours des sujets qui ne font pas conflit est encore justifié. » Dans l’atelier sur l’engagement des entreprises en faveur du développement durable piloté par l’ORSE, l’idée était effectivement de présenter des témoignages positifs d’entreprises modèles. Biofournil par exemple, vend partout dans le monde du pain bio, consacre plus de 7 % de son chiffre d’affaire à la formation, mobilise ses salariés et met en œuvre des relations fournisseurs fondées sur la durabilité. Séché Environnement qui exerce le difficile métier de « retraiteur de déchets » a des sites pionniers sur le respect des normes environnementales type ISO 14001 et s’efforce de s’adresser à toutes ses parties prenantes, à commencer par les « silencieuses ». Pour faciliter les relations avec les riverains, ces derniers disposent d’un interlocuteur qui répond directement à toute interrogation sur les nuisances éventuelles. En guise de conclusion, François Fatoux, délégué général de l’ORSE, lançait un appel général à la mobilisation des parties prenantes. « Les entreprises bougent quand elles sont interpelées » expliquait-il. « Le secteur finance a fait l’objet d’une campagne au début de l’année 2006, lancée par un collectif d’ONG (voir article lié). Cela les incite à agir. »Globalement les participants s’accordent à considérer qu’il y avait au moins deux grands absents aux assises : l’Etat et les médias. « Enfants et adultes passent plus de quatre heures par jour devant la télévision. C’est le principal outil de mobilisation et il brille par son absence.» déclare Nathalie Holec. Catherine Puiseux, en charge du développement durable pour TF 1, lui faisait écho : « Je peine à montrer à la direction du groupe en quoi il s’agit d’un enjeu consommateur » a-t-elle expliqué en atelier. Les lycéens et étudiants qui ont participé massivement aux Assises sur invitation de la Région seront peut-être des ambassadeurs auprès de ces médias dont ils constituent une cible privilégiée. Sur le plan politique, côté gouvernement, seule la ministre de l’écologie et du développement durable a fait le déplacement à Angers et, en dehors des élus locaux, aucun des principaux candidats à la présidentielle n’a fait le déplacement, Dominique Voynet compris. Pour Jean-François Caron, « Il y a urgence mais je suis très pessimiste sur la capacité des politiques à s’emparer du sujet. Le développement durable est perçu comme source de messages négatifs. Il faut donner envie aux gens de maitriser notre mode de développement. Il y a aujourd’hui un décalage total de vitesse entre la propagation des mécanismes qui nous conduisent dans le mur et le développement d’actions susceptibles de bloquer ces mécanismes. De ce point de vue je ne pense pas que les assises permettent d’inverser la tendance.» Dans tous les ateliers, les intervenants étaient incités à « formuler des propositions ». elles figureront dans un document final en cours d’élaboration qui permettra une diffusion plus large de ces expériences menées par des acteurs de terrain. La prochaine région qui organisera les prochaines assises, d’ici 18 mois, réussira-t-elle la mobilisation générale souhaitée par les centaines de participants de l’édition 2006 ?
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