|
Opérationnel depuis le printemps, l’ « éco-PTZ », le prêt à taux zéro destiné aux lourds travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements, a le désavantage de ne pas être accessible à tous les foyers. « Il concerne en priorité les classes moyennes. Or beaucoup de propriétaires modestes n’ont pas ou plus les moyens de faire rénover leur logement », estime Marc-Philippe Daubresse, le président de l’agence nationale de l’habitat (Anah) et député UMP du Nord. Aujourd’hui, 4 millions d’habitations françaises sont en effet à classer dans la catégorie des « passoires thermiques » et parmi elles, 30%, soit 1 200 000, sont occupées par des propriétaires respectant les conditions des aides de l’Anah (habitant un logement achevé depuis plus de quinze ans et sous plafond de ressources). Une nouvelle aide vient ainsi d’être lancée pour répondre spécifiquement aux besoins des ces propriétaires. Gérée par l’Anah, qui dispose pour cela d’une rallonge budgétaire de 100 millions d’euros accordée par l’Etat dans le cadre du plan de relance, l’ « éco-subvention » devrait bénéficier à 50 000 propriétaires, occupant à 80 % des maisons individuelles. L’objectif est de favoriser la réalisation de travaux de rénovation thermique simples comme l’isolation des combles, le remplacement de la chaudière ou l’isolation des murs périphériques. Des travaux destinés toutefois à être rapidement rentables (à échéance de 4 ou 7 ans, selon leur nature) et, surtout, peu coûteux ; entre 1 500 et 13 000 euros maximum. L’aide s’élèvera entre 20 à 35 % du montant total des travaux et sera disponible à 70 % dès l’acceptation du devis, ce qui devrait fortement inciter les propriétaires à franchir le pas. Un coup de pouce Pour l’instant en effet, l’Anah, qui attribue déjà des aides aux foyers très modestes, a seulement octroyé 9000 subventions, à hauteur de 22 millions d’euros. Aujourd’hui, un coup de pouce semble donc nécessaire pour accélérer les démarches de rénovations. Ainsi, dans le cas où ils bénéficieraient à la fois d’aides financières de l’Anah et de l’éco-PTZ, 31 % des propriétaires aux revenus inférieurs à 1500 €/mois seraient prêts à réaliser des travaux de maîtrise de l’énergie, selon un sondage Ifop. Mais à certaines conditions seulement, dont le fait de ne pas y consacrer un gros budget. 55 % annoncent ne pas vouloir dépasser les 5000 euros et 22 % les 1000 euros. Ils en attendent également des économies, de l’ordre de 200 à 500 € environ pour une facture moyenne de l’ordre de 2000 euros par an. « Nous tablons sur une moyenne de 8000 euros de travaux, ce qui revient à une subvention de 2 200 euros environ. Ceux-ci devraient permettre une réduction de la facture énergétique de 20 à 35 % et plus », juge Marc-Philippe Daubresse. Une subvention, qui contrairement à l’éco-PTZ, sera cumulable avec les crédits d’impôt de 25 à 50%, et avec l’éco-prêt, sous condition de ressources (moins de 45 000 euros par an et par foyer). Autre atout de cette éco-subvention : sa contribution aux objectifs du Grenelle qui fixe comme objectif une réduction de la consommation énergétique du parc ancien de 12 % d’ici 2012. « Si nous permettons la rénovation de 50 000 logements par an jusqu’en 2012, cela contribuera à 5 % des objectifs du Grenelle pour un montant de travaux limité à 175 millions d’euros annuels », calcule le président de l’Anah. « On pourrait même monter à 15%, si cela était étendu à l’ensemble des 1,2 millions de logements cibles, construits avant les normes thermiques de 1975, mal isolées ou dotées d’une vieille chaudière », espère-t-il. Un pari qui paraît toutefois difficilement tenable pour les finances de l’Etat. D’ailleurs, si l’éco-subvention pourrait être reconduite au-delà de 2010, son avenir est cependant loin d’être assuré. Comme le rappelle le site internet dédié, l’aide est lancée « dans le cadre du plan de relance » et il s’agit donc d’une « offre limitée dans le temps »…
|