Un ticket pour l'avenir : recommandations et bonnes pratiques

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Publié le 24-06-2003

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Simultanément à sa charte du développement durable, l'Union internationale des transports publics (UITP) a présenté un document intitulé Un ticket pour l'avenir : les trois pôles de la mobilité durable . Chiffres et exemples à l'appui, l'UITP explique ce que doit être un transport respectueux des hommes, de la planète et de l'économie de la collectivité.

Le constat selon lequel" les modes actuels de fourniture et de consommation de la mobilité ne sont pas durables " figure en tête  du document élaboré par l'Union internationale des transports publics, et présenté à son 55e congrès mondial, en mai 2003. Cette synthèse d'une quarantaine de pages recense, pour chacun des trois volets du développement durable, social, environnemental et économique, les enjeux d'aujourd'hui en milieu urbain, les recommandations de l'UITP et quelques bonnes pratiques à travers le monde. Exemples.

Répondre à la demande croissante

C'est mathématique : la population urbaine va augmenter de 27 % dans les 30 prochaines années mais les villes ne pourront pas supporter une augmentation proportionnelle du transport individuel. Car ces futurs citoyens vont habiter essentiellement des agglomérations urbaines connaissant déjà parfois des saturations en terme de congestion, de pollution atmosphérique, de nuisances sonores ou encore d'accidents de voiture. Pour l'UITP, il est évident que le transport collectif est la solution pour répondre durablement à ces besoins futurs. Reste à rendre ces réseaux de transports publics attrayants et efficaces.

Selon l'UITP, l'aménagement de couloirs de bus, comme à Paris depuis 2002, suscite une augmentation de fréquentation de 40 à 200 % en heure de pointe. Les exemples de bonnes pratiques montrent ainsi qu'il est souvent indispensable de limiter la place de la voiture en milieu urbain. Ainsi, la ville de Bogota a t-elle opté, depuis 2000, pour un système de transport rapide basé sur le bus, le Transmilenio. Transportant jusqu'à 700 000 personnes par jour, et 42 000 par heure... aux heures de pointe, ce système est combiné avec la limitation de l'accès aux voitures dans ces heures-là. Les habitants de Bogota, par voie de référendum, ont même décidé, dès 2015, de rendre l'accès totalement interdit aux véhicules, hors taxis, pendant ces heures de pointes.

Economiser les ressources et réduire la pollution

L'UITP expose clairement les responsabilités : " Bien qu'il rejette beaucoup moins de gaz carbonique par passager transporté, le transport public reconnaît sa part de responsabilité dans les éventuelles atteintes portées à l'environnement. ". Cela étant dit, les préconisations de l'association portent sur le recours à des énergies propres et à une meilleure gestion environnementale, pour réduire sa consommation.

Un des exemples pratiques cité est celui de la KVB, société des transports publics de la ville de Cologne, qui est l'une des premières entreprise de transport municipale à avoir appliqué le Système européen de management et d'audit environnemental (EMAS). En plus de limiter son impact environnemental grâce à ce système (réduction de sa consommation d'eau, de ses rejets d'huiles et lubrifiants usés sur le sol...), la KVB a souhaité sensibiliser sa clientèle au transport durable, grâce à de l'information disponible sur son réseau, mais aussi à ses accords avec d'autres entreprises de transport. Elle a même négocié des tarifs avantageux avec des sociétés de carsharing (co-voiturage), solution préconisée par l'UITP pour une bonne gestion de la voiture en ville.

Alléger les coûts pour la collectivité

La mobilité durable passe également par un budget... durable, constate l'UITP : "Le manque d'infrastructure et les encombrements de trafic n'ont pas seulement un impact sur l'environnement ; ils réduisent également la viabilité économique d'un pays car ils renchérissent le coût total du transport. " On chiffre par exemple le coût de la congestion à 2 % du PNB, selon une étude récente de l'OCDE, soit 120 milliards d'euros, ou encore 4 fois le coût total du transport public en Europe. Autre argument responsable en faveur du transport collectif mis en avant par l'UITP : son développement crée des emplois.

Pour rentabiliser au mieux les transports publics, rien de tel, semble prouver la brochure de l'UITP, que de contraindre les gens à les utiliser. Zurich est à ce titre souvent cité pour sa priorité donnée à son réseau de transports collectifs, alors que le taux de possession de voiture est élevé. Investissements réduits dans la voirie, priorité donnée au tramway, places de parkings limités ont achevé de convaincre... Et le concept Zurimobil, qui propose des solutions intégrées, comme le carsharing, remporte vraisemblablement un beau succès. Pour l'UITP, la clé d'une mobilité durable se trouve sans aucun doute dans ces solutions combinées.

Sylvie Touboul
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