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La charte a été réalisée par le groupe de travail sur le développement durable (DD), créé à cet effet par l'Union Internationale de Transports Publics (UITP) en mai 2002. Un collectif composé d'une quinzaine de membres de nationalités différentes intègrant toutes les parties prenantes : les donneurs d'ordre, les collectivités principalement, les industriels du rail et du bus, ainsi que les exploitants. La France y joue un rôle actif, en la personne de Françoise Duchezeau, déléguée générale à l'écologie urbaine et au développement durable à la RATP, pour qui cette charte répond à une double mission : " Il est indispensable de réduire la place qu'occupe la voiture dans nos sociétés actuelles, explique t-elle. Les transports publics sont indéniablement plus écologiques que le transport individuel, mais il ne suffit pas de s'arrêter à ce discours, il faut améliorer la production et la consommation de ces transports publics pour qu'ils remplissent des critères durables. Donc augmenter la quantité et la qualité du transport public. " Une signature par étape Le principe même de signature de la charte semble illustrer le caractère progressif et pragmatique de la démarche. Ainsi, pour devenir signataire effectif, le membre intéressé doit démontrer que le DD est déjà inscrit dans ses processus de décisions et sa stratégie globale. Et qu'il a mis en place des indicateurs pour évaluer régulièrement l'impact de ses pratiques. Il devra fournir, hormis un rapport environnemental, tout document corroborant celles-ci, comme la certification internationale ISO 14000, l'éco-label européen, ou encore le système communautaire de management environnemental et d'audit (EMAS). Enfin, il est souhaitable qu'il établisse un planning des actions envisagées. Si un membre de l'UITP souhaite signer cette charte, mais n'a à ce jour entamé aucune démarche pour prendre en compte les critères du développement durable, il peut devenir " signataire engagé ". C'est-à-dire qu'il a deux ans pour mettre en place des outils et des actions pour s'y conformer, avec remise des copies en 2005, lors du prochain congrès mondial de l'UITP à Rome, dédié au développement durable. Après examen de son dossier, on lui signifiera s'il peut adhérer à la charte. Des directives ambitieuses A ce jour, 38 membres, sur les 2 500 de l'UITP, ont signé cette charte, dont 17 adhérents effectifs, parmi lesquels une seule entreprise française, la RATP. Les membres, qui peuvent signer la charte de 2003 à 2005, s'engagent à promouvoir les enjeux du DD par l'échange de bonnes pratiques, à accompagner leur personnel dans ce sens, à adhérer à un dispositif d'évaluation régulier de leurs pratiques et enfin à influencer les politiques nationales et internationales. " Influencer les politiques signifie montrer tout l'intérêt de nos solutions de transports, chiffres à l'appui, précise Françoise Duchezeau. A la RATP, nous travaillons à l'édition d'indicateurs qui permettraient d'évaluer le niveau de mobilité durable d'une ville, comme l'a fait l'UITP en 2000 avec l'étude Millenium cities, qui portait sur 100 grandes villes du monde. Cela signifie regarder la consommation d'énergie, la part de marché des transports, la densité urbaine, la congestion, la pollution... Puis, on créera d'autres indicateurs pour estimer la durabilité d'un projet de transport collectif, afin de le recouper avec les besoins et les capacités de ces villes. Aujourd'hui, pour " vendre " un projet, on se base principalement sur le taux de rentabilité. Dorénavant, il sera indispensable d'intégrer des critères sociaux et environnementaux au même titre que les arguments commerciaux. " Des ateliers et des réunions de travail Des ateliers de travail régionaux vont être organisés entre 2003 et 2005 par les membres signataires de la charte, et un forum intermédiaire, qui réunira les signataires en 2004, devrait permettre de faire un premier point sur la démarche, compte tenu des spécificités de chacun. " L'uniformisation est compliquée, note Françoise Duchezeau. Quand on parle de véhicules propres, de quel niveau d'émission parle t-on ? L'Union européenne est plus drastique que les Etats-Unis par exemple. Par ailleurs, il y a différents modèles de villes et surtout différents modèles de croissance. En France, on peut prendre des mesures avec effets dans 20 ans. Mais dans des villes comme Pékin, qui connaît une évolution exponentielle, l'enjeu du développement durable prend une acuité énorme. Il serait primordial d'éviter que ces pays en développement connaissent un taux de motorisation important, comme le notre. En fait, il faudrait leur faire bénéficier de notre expérience pour que dès le départ, ils se dotent d'un réseau de transport durable. " Une volonté d'exemplarité De son côté et pour encadrer cette démarche active pendant les deux prochaines années, l'UITP va mettre en place un cadre de travail et organiser des opérations de formation et de sensibilisation. Enfin, consciente que les transports publics sont une parfaite illustration d'un secteur économique où les enjeux sociaux, environnementaux et économiques doivent plus que jamais être estimés avec la même importance, l'UITP souhaite établir un " rapport sectoriel convaincant " sur le DD, qu'elle diffusera à l'échelle internationale. Peut-être une manière de combler un retard. " Une étude récente a recensé les évolutions d'émission de gaz à effet de serre par secteur d'activité depuis 10 ans. Seuls deux secteurs n'ont pas réussi à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre : le tertiaire, qui a augmenté de 12 % et les transports, qui ont connu une augmentation de 21 %. " Pour Françoise Duchezeau, la charte, qui s'appuie sur les méthodes classiques de reporting, de transparence, et de pédagogie, répond à une vraie demande exprimée au sein de la profession, qui n'a jusqu'à maintenant pas su s'organiser ni communiquer sur ces sujets.
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