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La Trabant façon ex-RDA est reconnaissable avant tout à son bruit et à ses odeurs particulières : pétaradante et fleurant bon le pétrole. « C’est pour contrer cette image que nous avons fait le choix du tout-électrique », rapporte le designer Nils Poschwatta, qui a redessiné la Trabant nouvelle version, dévoilée à Francfort. « Mais aussi parce que nous pensons que l’avenir sera bientôt électrique ». Le prototype de la Trabant nT, c’est son nom officiel, est une citadine destinée à un public sensible au côté sympathique qui se dégage du véhicule. Si tout va bien, les premières « new Trabi » verront le jour d’ici 2012, pour un prix ne dépassant pas les 20 000 euros. « Mais d’ici trois ans, nous pensons que les performances des batteries électriques auront beaucoup progressé, ce qui permettra de faire baisser le prix », veut croire Nils Poschwatta. Recherche investisseur désespérément Le consortium industriel à l’origine du projet « Trabant nT », dont fait partie le designer, n’a bénéficié d’aucune subvention gouvernementale. « Nous n’avons perçu aucun centime du gouvernement. Nous avons tout organisé nous-même », rapporte Nils Poschwatta. Aussi, le consortium est-il en quête d’investisseurs pour pouvoir lancer la construction en série de la Trabant électrique. « De grands constructeurs comme Renault développent leurs propres gammes de modèles. Mais pourquoi pas avec nous ? Nous sommes ouverts à tout », sourit le designer, qui regrette par ailleurs le manque d’ambition de Berlin. « Nous voyons bien qu’autour de l’Allemagne, les choses bougent. Les gouvernements des pays voisins adoptent des plans de subventions pour soutenir le développement des véhicules électriques ». Pourtant, Berlin a récemment adopté un plan national pour le développement de l'électromobilité, avec pour objectif la vente de 100 000 voitures électriques par an, soit un million sur les routes d’ici 2020. Une enveloppe de 500 millions d’euros est prévue à cet effet. Or, l’initiative est jugée largement insuffisante par les acteurs de l’industrie automobile électrique. Stephan Janouch, rédacteur en chef du mensuel « Elektronik automotive », résume l’humeur du moment : «Quand on compare cette somme aux cinq milliards d’euros déboursés pour la prime à la casse, c’est tout simplement ridicule. En fait, la prime à la casse a complètement contrecarré le développement du véhicule électrique en Allemagne». Le véhicule électrique, « une technologie de passage » ? Avec son plan national, le gouvernement allemand entend principalement réagir au retard pris par les constructeurs allemands sur leurs concurrents étrangers. Un retard qui conduit Joschka Fischer, ancien Ministre des affaires étrangères (et ancien chauffeur de taxi à Francfort), à interpeller ces mêmes constructeurs, pour qu’ils privilégient enfin l’environnement tout en développant de nouveaux concepts de mobilité.
La Trabant en quelques chiffres
Vitesse maximale : 130 km/h, Batterie : lithium-ion, Chargement : 8h avec une prise de 230V, 2h avec une prise de 380V. Autonomie : 160 km, Toit solaire : 1,8 m2 fournissant environ 120 W, destiné à alimenter la climatisation et les accessoires optionnels intérieurs.
Car, à terme, c’est de cela qu’il s’agit selon les intervenants d’un colloque sur : les nouvelles habitudes de mobilité. « Nous devons nous débarrasser du concept de la mobilité individuelle », déclare David Brosshart, chef de l’Institut des sciences économiques et sociales de Zürich. La mobilité individuelle ne saurait être durable, ne serait-ce que par le nombre toujours croissant de véhicules. « La voiture individuelle est certainement en train de devenir un modèle du passé ». Elle perd en tous les cas de sa valeur sociale, relève Jan-Olaf Willums, fondateur et membre du conseil d’Inspire Invest, une société de conseil norvégienne pour l’investissement responsable : « Au Japon, c’est déjà le cas et je conseille les constructeurs allemands de le comprendre au plus vite ». Claudia Kemfert, responsable des questions d’énergie, environnement et de mobilité à l’Institut allemand de recherche économique (DIW), prône le concept d’interconnection : « En Norvège, des véhicules électriques sont à la disposition des voyageurs en train, dont la destination se trouve à proximité de la gare. Les batteries sont rechargées au préalable ». En attendant que ces habitudes s’étendent, les participants du colloque s’accordent sur ce point : les véhicules électriques offrent une réelle alternative de mobilité durable sur le moyen terme. En clair, l’avenir ne se fera pas sans les véhicules électriques. Une opinion partagée par Stephan Janouch : « peu importe les positions sur le marché, il y aura dans les prochaines années une offre pour les véhicules électriques. Et leur succès ne dépendra pas du montant des subventions accordées ou non, mais – comme c’est toujours le cas avec l’achat d’une voiture – de l’émotion ». Une formule qui s’applique bien à la nouvelle Trabant.
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