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Le 22 septembre dernier avait lieu la 6ème édition de la journée "En ville sans ma voiture", initiative lancée par La Rochelle en 1997. A cette occasion, l’agglomération rochelaise présentait publiquement l’opération "Bus propres" entamée plusieurs mois auparavant. Dans la lignée des réalisations menées depuis plusieurs années en matière de transport dit "propre" (véhicules électriques en libre service, parking-relais, mini-bus électriques…), l’initiative vise à équiper les bus de la communauté d’agglomération d’un dispositif antipollution permettant de traiter efficacement les émissions de particules.
L’association filtres à particules et additif
A l’issue d’un appel d’offres, les élus ont retenu la technologie de dépollution diesel conçue conjointement par Airmeex SA, l’Institut Français du Pétrole (IFP) et Rhodia Electronic & Catalysis. Le dispositif est double avec, d’une part, un filtre à particules développé par Airmeex et, d’autre part, un additif soluble dans le carburant diesel conçu par Rhodia E&C, spécialiste du contrôle des émissions automobiles. L’IFP de son côté a participé à la mise au point du système. Point clé du dispositif, l’additif ou catalyseur joue un rôle actif au moment de la régénération du filtre. "Mélangé au gazole des bus à chaque remplissage du réservoir, il entoure chaque particule de suie après combustion du gazole. L’additif permet ainsi une combustion rapide et surtout complète de la suie imprégnée sur le filtre, donc la régénération complète du filtre. Il s’agit du seul système qui bloque les particules ultra-fines responsables de maladies telles que l’asthme" explique Stéphane Champlong, chargé de communication de Rhodia E&C. Ce dernier évoque même le test dit du "mouchoir blanc" : laissé trente secondes dans le pot d’échappement d’un bus diesel équipé, le mouchoir serait ressorti blanc !
L’association filtre-additif a achevé de convaincre les élus. "Les expériences menées par les bureaux de recherche de Rhodia paraissaient très intéressantes dans la mesure où cet adjuvant était ajouté au carburant. Cette complémentarité filtre-additif a fait la différence" témoigne Michel-Martial Durieux, vice-président de la communauté d’agglomérations de La Rochelle, chargé des transports, déplacements, véhicules électriques. Selon Airmeex, ce système permet de "réduire d’au moins 95 % les émissions de particules à l’échappement et d’environ 80 % les émissions de monoxyde de carbone (CO) et d’hydrocarbures imbrûlés (HC)." Le catalyseur équipe déjà 500 000 véhicules diesel du groupe PSA Peugeot-Citroën. Après des essais concluants au mois d’août sur quatre bus de l’agglomération, 43 bus supplémentaires seront équipés d’ici à la fin de l’année 2004.
D’autres voies possibles
Dans leur communication, les parties prenantes (élus et entreprises) parlent d’un système de dépollution diesel "parmi les plus performants au monde." Gabriel Plassat, ingénieur évaluation des véhicules lourds à l’Ademe, reconnaît "qu’il s’agit de la première fois que cet additif est utilisé avec un filtre à particules pour des bus. Le dispositif est efficace, a fait ses preuves mais n’est pas véritablement novateur. D’autres filtres à particules sont également efficaces." Et de citer, pour la filière diesel, la société française Comela qui propose un filtre à particules sans additif mais avec un gazole à forte teneur en souffre. Ou encore des produits étrangers : Eminox, Engelhard, HJF. Sans oublier la filière au gaz naturel qui présente des avantages importants mais exige des investissements lourds. Rhodia, Airmeex et l’IFP mettent d’ailleurs en avant le fait que leur dispositif permet de "garder la motorisation existante et n’est pas irréversible." Un atout pour les collectivités qui souhaitent dépolluer des bus "anciens", ce qui est le cas à La Rochelle.
De nouveaux marchés en ligne de mire
L’enjeu de l’initiative rochelaise est de taille pour les entreprises impliquées dans le projet. De nouveaux marchés s’ouvrent à elle en France et dans le monde. L’opération "Bus propres" de La Rochelle vient en effet d’être présentée par une délégation universitaire rochelaise aux autorités de Wuhan, ville chinoise de 4 millions d’habitants réputée pour son un taux de pollution atmosphérique très élevé (en raison d’une activité économique intense, de l’industrie lourde et d’un réseau de transport urbain très dense). Les universitaires jouent en quelque sorte les "VRP" de Rhodia, Airmeex et l’IFP. Les uns et les autres ne s’en cachent pas.
Le siège mondial de Rhodia est situé à La Rochelle, la proximité géographique a donc joué dans le choix du dispositif. "La ville de La Rochelle est un laboratoire grandeur nature en ce qui concerne l’innovation liée à l’environnement urbain. Il était difficile de ne pas être intéressé par un produit réalisé par une entreprise présente sur notre site. Non seulement nous favorisons toujours ce développement de la recherche innovante mais, de plus, nous souhaitions nous associer à Rhodia pour leur donner le petit coup de pouce nécessaire à l’ouverture d’un marché mondial, notamment le marché asiatique" confie Michel-Martial Durieux. D’ailleurs, le propos est confirmé par Rhodia. "Notre entreprise possède son siège mondial à La Rochelle. Or, jusqu’ici, il n’existait aucune synergie entre les deux. Il y a donc une dimension environnementale évidente dans ce projet mais également économique parce qu’il existe un marché" conclut Stéphane Champlong.
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