La circulation automobile baisse pour la première fois

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Publié le 14-09-2006

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A quelques jours du lancement de la cinquième semaine européenne de la mobilité, le ministère des Transports a annoncé que l'usage de la voiture avait baissé en France en 2005, pour la première fois depuis 32 ans ! Une bonne nouvelle dont on doit néanmoins nuancer la portée, puisque la raison de cette diminution est avant tout la flambée du prix des carburants, qui a profité à des transports collectifs plus attractifs mais aussi... au transport aérien.

Le recours à la voiture, qui "assure plus de 80 % de la mobilité des ménages ", a diminué pour la première fois depuis 1974 de 1,4 % en France en 2005. Le ministère des Transports a annoncé cette nouvelle quelques jours avant la 5ème Semaine européenne de la mobilité, qui démarre le 16 septembre. Elle recense cette année, autour du thème " changement climatique ", moult initiatives et réflexions pour se transporter de manière moins polluante (en savoir plus sur le site dédié).
A y regarder de plus près, l'annonce de la diminution du recours à l'automobile est une semi bonne nouvelle. Le trafic routier a baissé parce que le prix de l'essence a beaucoup augmenté, et non en raison d'une prise de conscience écologique ou de l'impact des campagnes incitant les automobilistes à réduire leurs trajets. Comme en 1974, date du premier choc pétrolier, la hausse du prix de l'essence (+ 24 % entre 2004 et 2005) a incité les ménages à laisser la voiture au garage, pour de courts trajets. En effet, comme le précise le SESP (Service économie, statistiques et prospective) du ministère des Transports, le trafic du réseau autoroutier, lui, continue de progresser (+ 2,3 % par an sur la période 2001-2005), avec toutefois une croissance ralentie en 2005 (+ 0,6 %).

Quoiqu'il en soit, la résultante de cette baisse de la circulation est la réduction de la consommation de carburant (- 0,8 % par an sur la période 1999-2005), qui s'explique aussi par la moindre consommation des voitures, passée de 8,2 l/100 km à 6,9l/100 en 2005. Cette tendance est à relativiser face à l'engouement encore très vif des constructeurs et des consommateurs pour les grosses cylindrées (4x4 entre autres) ce dont va témoigner le Mondial de l'automobile 2006. Peut-on conclure que l'argument économique suffira à réduire durablement la circulation routière ? Même si le prix du pétrole augmente encore, le projet du chèque transport (mis en œuvre le 1er janvier 2007), proposé par le gouvernement pour " pallier la hausse du coût des transports pour les salariés " ne va t-il pas engendrer un regain des déplacements en voiture ? 

Un report sur le train mais aussi une envolée de l'avion

La diminution de la circulation automobile est aussi en partie liée au dynamisme des transports collectifs, dont l'offre a augmenté et la qualité s'est améliorée. Mais c'est sur les trajets de proximité que l'évolution est surtout notable. Les transports collectifs urbains (TCU) connaissent une évolution positive depuis 10 ans (3,4 % par an en moyenne), avec une différence marquée entre la région parisienne (+ 4,1 % par an) et la province (+ 1,7 %). Le transport collectif régional (RER, TER et autocars interurbains) a progressé en dix ans de 2,7 % par an, avec un net recul pour le transport en autocar.

Sur les longs trajets, le recul de la circulation automobile ne rime pas forcément avec un mieux disant environnemental. Pour des destinations ou les deux modes sont en concurrence, le TGV et les train sgrande ligne sont préférés à l'avion (induisant une baisse du trafic intérieur). Mais le transport aérien dont l'impact est très important, (voir articles liés) connaît une croissance sans nuage sur les quinze dernières années (+ 5,4 % en nombre de passagers chaque année en moyenne) en raison de l'augmentation des voyages internationaux devenus plus accessibles.

La nouvelle de la baisse de la circulation automobile est donc une relative bonne nouvelle qui se conjugue avec le développement de la mobilisation sur des modes de transports plus durables, y compris dans des temples automobiles. Si le premier salon grand public et gratuit sur les transports propres, MILEVIA, se tient à la Rochelle du 15 au 17 septembre 2006, le Mondial de l'automobile 2006, organisé à Paris du 30 septembre au 15 octobre, va consacrer un pôle aux énergies alternative. De plus la FFNE (Fonds Français pour la Nature et l'Environnement) a obtenu de tenir un stand " In/Off " pour sensibiliser les visiteurs et les faire réfléchir à la question cruciale suivante : " La voiture de demain dans le contexte du changement climatique.

Sylvie Touboul
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