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L'auto-partage, qui consiste à mettre en commun une flotte de véhicules, a été introduit en France en 1999. Bénéfice environnemental et diminution du trafic en ville : les avantages de l'auto-partage des véhicules sont désormais connus par les utilisateurs, mais également par les pouvoirs publics et les collectivités locales. Il permet en effet de diviser par 15 le nombre d'automobiles nécessaires à une population donnée et, par conséquent, de réduire considérablement le trafic urbain. L’initiative d’auto-partage à Marseille, qui réunit la Ville, la Régie des transports publics marseillais et la coopérative « AutoPartage-Provence » vient d’être promue par le Ministère de l’écologie pour la Semaine du développement durable pour son partenariat visant à sensibiliser les propriétaires de véhicules. Selon les études disponibles, il existe en effet plus de 7 500 voitures dans le centre de Marseille qui ne sont utilisées qu'une fois par semaine ou moins d'une fois par semaine, encombrant les rues au détriment des piétons et des activités qui ont besoin d'accéder au centre (transports en commun, livraisons,...). « ll serait plus social, économique et écologique que ces voitures soient revendues et que leurs propriétaires s'abonnent aux transports en commun et adhérent au système de voitures en libre service qui existe depuis trois ans dans le centre de Marseille », explique Auto-partage, qui propose avec la Régie des transports marseillais une réduction de 400 euros sur les tarifs d'abonnement aux transports en commun et au service de voitures partagées pour les propriétaires acceptant de revendre leur véhicule… Un « club d’utilisateurs »
Comme dans les autres villes, le fonctionnement d’Auto-partage est simple : 80 voitures sont mises à la disposition d’environ 170 abonnés, 24 heures sur 24. Les réservations se font par Internet et les états des lieux sont réalisés par les abonnés eux-mêmes. Une logistique simple, qui repose, selon le responsable d’Auto-partage Yvon Roche, sur le principe du « club ». « Les abonnés sont des personnes motivées qui ont tout intérêt à ce que ce service fonctionne. Nous entretenons des relations suivies avec eux, contrairement à un loueur classique », explique-t-il. Leurs motivations sont à la fois d’ordre pratique (simplification des déplacements au quotidien) et environnementales. « L’argument économique n’intervient pas forcément, dans la mesure où ces utilisateurs appartiennent à des catégories sociales qui peuvent tout à fait posséder une voiture, souligne Yvon Roche. L’intérêt de ce service est de pouvoir faire des trajets courts tout en gardant le véhicule plusieurs heures si nécessaire, et en se décidant peu de temps à l’avance », ajoute-t-il. Il ne s’agit pas, du reste, d’un service « à moindre coût », puisque la location d’un véhicule pour 24 heures avec un trajet de 150 km reste identique à celui d’un loueur classique…Par ailleurs, ce mode de fonctionnement implique d’avoir une flotte importante de voitures disponibles (1 voiture pour 20 abonnés), supérieure à celle des loueurs qui bénéficient d’un taux d’utilisation de 80%, quand l’auto-partage plafonne à 35%. Pour parvenir à l’équilibre, Auto-partage vise à terme 1600 clients à Marseille, hypothèse validée par une étude de « faisabilité culturelle » qui a fait apparaître un besoin au sein de la population marseillaise ainsi qu’une préoccupation des pouvoirs publics. A Strasbourg, la même initiative (« Auto'trement ») affiche aujourd’hui 600 abonnés, grâce notamment au soutien des pouvoirs publics qui n’ont pas hésité à faire une campagne publicitaire pour promouvoir l’auto-partage, et qui subventionnent , à hauteur de 30 %, le budget de fonctionnement d'Auto'trement. La mairie de Paris participe elle aussi à ce type de démarche, en incitant les concessionnaires des parkings municipaux à favoriser, au moyen de tarifs préférentiels, l'implantation d'un plus grand nombre de stations pour les véhicules auto-partagés de « Caisse-Commune » (voir article lié). Sachant qu’une voiture qui parcourt entre 15 et 20 000 km par an coûte environ 600 euros par mois, et que les problèmes d’embouteillage et de stationnement sont certainement loin d’être résolus, l’auto-partage a probablement un bel avenir devant lui.
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