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L'aéroport Notre-Dame-des-Landes entériné ?

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a signé le 15 juillet à Nantes le plan de financement de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes (44), projet vivement contesté par les élus écologistes, qui dénoncent le « forcing » de l'Etat sur un projet contraire aux engagements du Grenelle.

La construction du futur aéroport Notre-Dame-des-Landes, qui doit ouvrir en 2016, est-elle définitivement bouclée ? C’est en tout cas ce qu’affirme le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, venu le 15 juillet dernier à Nantes pour signer l’accord de financement avec les collectivités concernées - département de Loire-Atlantique et régions Bretagne et Pays-de-la Loire-. "La signature de cet accord est le véritable point de départ de la réalisation de l'aéroport du Grand Ouest, qui va permettre de supprimer les nuisances liées à la circulation aérienne au-dessus de l'agglomération nantaise tout en dotant la métropole et les régions Pays-de-Loire et Bretagne d'un grand aéroport international au service de leur développement", a déclaré Dominique Bussereau. L’Etat apportera une contribution de 138,5 millions d'euros, les collectivités territoriales 115,5 millions. Des financements qui  « pourront se voir remboursées sous forme d’un retour à meilleure fortune lié aux résultats de l’aéroport », indique sans plus de précisions le communiqué du secrétaire d’Etat.

Quid de la desserte ferroviaire?

Cette annonce laisse plusieurs points du dossier en suspens. Le choix du concessionnaire, tout d’abord, qui devra investir 400 à 500 millions d’euros dans le projet- Notre-Dame-des-Landes sera en effet le premier aéroport français dont la gestion est cédée à une compagnie privée. « Qui, de l'Etat ou des collectivités, lui remboursera ses 400 à 500 millions d'investissement annoncés dont il ne fera sûrement pas cadeau ? » demande à ce propos l'ACIPA, l’association de riverains opposés au projet. Autre sujet, la construction des dessertes ferroviaires – tram et ligne TGV Nantes-Rennes - de l’aéroport ". "Pour avoir un véritable débat sur le coût global du projet, il faut aussi inclure les dessertes ferroviaires qui ne sont pas aujourd’hui évoquées par l’État et dont le financement incomberait en très grande part aux collectivités », estime à ce sujet Europe Ecologie. Dominique Bussereau a néanmoins confirmé « l'inscription de la desserte en transport collectif de l'aéroport au schéma national des infrastructures de transport ».
La coordination des opposants à l’aéroport, qui regroupe aujourd’hui une trentaine d’organisations politiques (Cap 21, les Verts…), agricoles (Confédération paysanne, ADECA…) et de riverains (ACIPA) dénoncent  un projet « contraire aux engagements du Grenelle de l'environnement » et « inutile » s’agissant du trafic aérien, l’actuel aéroport de Nantes étant loin d’être saturé selon eux. Par ailleurs 2.000 hectares de bocage préservé devraient disparaître,  ainsi qu’une cinquantaine d'exploitations agricoles. De leur côté, les pro-aéroport mettent en avant le développement économique de la région, l’aéroport pouvant amener jusqu’à « 4000 emplois directs et indirects sur le chantier, ainsi que 3250 emplois sur la zone aéroportuaire », selon le syndicat mixte d’études chargé du dossier (voir article lié).

Autre argument, « l’environnement », puisque les bâtiments construits seront à basse consommation, voire à énergie positive, et que le nombre de personnes exposées aux nuisances sonores passera de 42 000 à 9 000 personnes. Enfin,  le lac Grand Lieu –en partie classée Natura 2000- se verra ainsi préservé. « La conduite du projet s'inscrit dans les principes du développement durable », affirme ainsi le syndicat mixte sur son site internet.

Véronique Smée
Mis en ligne le : 22/07/2010
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