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Les ministres européens de la Pêche ont fixé les quotas des captures pour 2007 dans l'océan Atlantique, la Mer du Nord et la Manche où les stocks de poissons continuent à décliner. Si des restrictions ont été adoptées pour le cabillaud et dans une moindre mesure pour l’anchois, elles sont toutefois en deçà des recommandations faites par les experts scientifiques. Concernant l’anchois, une période « expérimentale de pêche » a été prévue pour 10% des navires français et espagnols du 15 avril au 15 juin, malgré l’avis du commissaire européen à la Pêche et aux Affaires maritimes, Joe Borg, qui avait proposé une interdiction de la pêche à l'anchois pour le premier semestre 2007. Après cette phase de test, une nouvelle décision devrait cependant être prise en fonction de l’avis des scientifiques. Le WWF a déploré de son côté le "cadeau supplémentaire" de l’union européenne aux pêcheurs. « Avec 28 bateaux autorisés à participer à la "pêche expérimentale, il y a peu d'espoir que le stock d'anchois tienne le choc", a estimé l’ONG. Concernant le cabillaud, espèce parmi les plus consommées et dont les stocks ont fortement diminué, les prises seront réduites de 20%. Une restriction moins élevée que celles qui avaient été préconisées par la Commission européenne et par les scientifiques, qui demandaient 25%, et pour certains endroits une interdiction totale. Joe Borg avait par ailleurs promis de mettre en place une révision plus stricte du "plan cabillaud", qui depuis 3 ans s’est révélé insuffisant, mais il a du renoncer sous la pression des Pays-Bas et de la Belgique. Les réductions des prises pour les autres espèces ont été fixées autour de 15%, ce qui n’a pas manqué de provoquer la colère des ONG. Les ministres ne sont en outre pas tombés d’accord sur une gestion à long terme des stocks de sole et de plie, une des pêcheries responsable du plus grand gaspillage, rejetant pas dessus bord près de 80% des prises de plie. Le thon rouge épargné
Pour Greenpeace, les quotas 2007 constituent « un scandale ». « 85 % des poissons que l’on pêche aujourd’hui ne se sont jamais reproduits, s’insurge Stéphan Beaucher, chargé de campagne Océans de Greenpeace France. Tout le monde sait très bien que le stock de morue (cabillaud) est au bord de l’effondrement, et on se contente de mesures homéopathiques ! ». La seule bonne nouvelle dont se réjouissent les écologistes concerne le thon rouge de Méditerranée, dont les prises seront réduites de 50%. En voulant préserver l’emploi des 200 000 pêcheurs européens, l’Europe n’a pas cherché à promouvoir des pratiques de pêche durable, malgré les avertissements de la FAO. L’organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) s'inquiète dans un rapport publié en 2005 de l'appauvrissement des stocks de poissons dans les océans. Actuellement les stocks marins sont pleinement exploités, ce qui signifie que les prises ont atteint leur rendement maximal. Tous les types d'espèces sont touchés par la surexploitation : la morue, le merlu (colin), l'églefin, mais également l'espadon, la crevette ou encore le thon rouge. L'IUCN (Union internationale de conservation de la nature) estime que plus de 3000 espèces vivant en eau douce sont menacées d'extinction, parmi lesquelles on compte plus de 1000 espèces de poissons. La FAO rappelle que les prises ont plus que doublé au cours des quatre dernières décennies et que ces prises plafonnent à environ 70 millions de tonnes par an depuis la fin des années 80. Les régions les plus appauvries sont notamment l'Atlantique du Nord-Est, la Méditerranée et la mer Noire, suivies de l'Atlantique du Nord-Ouest, de l'Atlantique du Sud-Est, du Pacifique du Sud-Est et de l'Océan austral. " Les stocks de poisson ne peuvent plus soutenir l'exploitation rapide et souvent incontrôlée dont elles faisaient l'objet, observe le rapport. Les disparitions d'espèces ont un caractère irréversible et sont donc susceptibles de priver les générations actuelles et futures de ressources importantes ". Outre l'appauvrissement de ressources naturelles nécessaires au développement humain, c'est bien évidemment la question de la biodiversité qui est ici posée, les disparitions d'espèces étant susceptibles de diminuer les possibilités d'adaptation des écosystèmes.
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