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La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) a décidé, lundi 24 novembre, de fixer les quotas de pêche de thon rouge à 22000 tonnes pour l’année 2009. C’est à peine moins que le tonnage pêché en 2008 (28500 tonnes). Ce chiffre va à l’encontre des recommandations formulées par le conseil scientifique de l’ICCAT. Inquiets de l’état des ressources halieutiques de thon rouge, les scientifiques estimaient le Total admissible de capture (TAC) à 8500 à 15000 tonnes maximum, et demandaient d’une interruption de la pêche entre les mois de mai et juin, pour permettre aux adultes de se reproduire. Le conseil scientifique avait surtout proposé un moratoire sur le thon rouge, solution la plus à même de rétablir les stocks de poisson rapidement et durablement. Deux conseils apparemment écartés par la Commission. Si l’information n’est pas encore confirmée par l’ICCAT, la nouvelle inquiète grandement les défenseurs de l’environnement et de la biodiversité, notamment Greenpeace qui estime que cette décision est « désastreuse ». Le WWF France, dans un communiqué de presse, parle de « honte qui ne laisse pas d’autre choix que de chercher des solutions ailleurs pour sauver l’espèce ». Les deux ONG vont même jusqu’à avancer que cette décision de l’ICCAT a été prise sous la pression de l’Union européenne, sans preuve pour l’instant. Elles pointent du doigt la France, qui s’est déjà montrée difficile à convaincre de l’importance des quotas. Le ministre de l’agriculture et de la pêche Michel Barnier avait refusé, en juin 2008, la décision de la Commission européenne de fermer la pêche au thon rouge deux semaines avant la date officielle, car les quotas pour l’année étaient épuisés. L’inquiétude concernant les ressources halieutiques grandit depuis 2005 et la sortie d’une étude de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) alertant sur l’appauvrissement des stocks de poisson. Un effondrement dramatique en partie causé par la pêche illégale de thon rouge. Malgré l’adoption en 2007 d’une directive européenne contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, le problème reste entier. Greenpeace et le WWF militent activement pour l’inscription du thon rouge dans la liste de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (CITES), et appellent au boycott de ce poisson. « Il ne nous reste plus que le volet économique pour sauver le thon rouge » affirme Sergi Tudela, responsable du programme pêche au WWF Méditerranée. Certaines enseignes de grande distribution ont d’ailleurs déjà pris position, à l’image d’Auchan qui ne vend plus de thon rouge depuis fin 2007.
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