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"Tous les achats publics de bois tropicaux proviendront d'ici 2010 de forêts gérées de façon durable. " L'objectif affiché par le gouvernement est d'autant plus ambitieux que la France possède, outre-mer, 8 millions d'hectares de forêts tropicales. Par ailleurs, alors que 25 % du bois importé en France sont destinés aux marchés publics, seule 1 à 2% de cette quantité est éco-certifiée (provenant de forêts exploitées selon les principes d'une gestion environnementale durable). Aucune mesure réglementaire n'avait en effet été prise jusqu'ici pour contraindre les administrations à acheter du bois éco-certifié. Une circulaire, adoptée le 7 avril 2005, détermine les moyens à mettre en oeuvre par l'adminsistration et les collectivités locales pour atteindre ce nouvel objectif et promouvoir la gestion durable de tous les types de forêts, tropicales ou tempérées. Toute procédure de passation d'un marché public de travaux, de fournitures et de services, impliquant le bois et ses produits dérivés doit désormais se référer aux différents labels et procédures d'éco-certification. " Dans le cahier des charges du marché, ils devront prévoir une clause qui engage le titulaire, pendant l'exécution du marché et durant la période de garantie, à apporter, sur demande de l'administration, la preuve que les produits à base de bois utilisés ou fournis répondent aux spécifications de gestion durable des forêts fixées dans le cahier des charges "explique le Ministère de l'écologie et du développement durable. Des informations relatives au pays d'origine, à l'essence et au fournisseur du bois devront être mentionnées dans les offres, la traçabilité devant, par ailleurs, être suivie sur toute la chaîne de fabrication du mobilier, avec un pourcentage imposé de 50 % de bois certifié pour le bois massif et 20 % pour les dérivés à base de bois.
" Blanchiement du bois "
Déjà très critiques lors de la présentation du plan d'action en faveur des forêts tropicales, les ONG -WWF, Amis de la Terre et Greenpeace- dénoncent ce texte qui, "en faisant de l'éco-certification une panacée, risque plutôt de contribuer à la disparition des forêts tropicales qu'à leur protection". Les ONG reprochent au gouvernement de mettre sur un même plan les labels crées par les entreprises et le leur, le " Forest Stewardship Council (FSC ou Conseil de bonne gestion forestière). " Cette circulaire, en mettant sur le même niveau tous les certificats, ouvre la porte des marchés publics français à des bois issus du pillage des forêts tropicales, affirment les Amis de la Terre. Le mécanisme est simple : il suffit pour les exploitants forestiers d'acheter un certificat ou d'en créer un, parfois avec la complicité de fonctionnaires corrompus, pour que le bois devienne miraculeusement issu d'une forêt gérée durablement ". Pour sensibiliser les administrations, Greenpeace a organisé, le jour de la publication de la circulaire, une tournée de présentation du label FSC dans les différents ministères concernés (voir photo).
Deux labels sont en compétition depuis plusieurs années : PEFC et FSC. Le Pan European Forest Certification (PEFC), crée en 1998 par les entreprises de la filière bois européenne, représente, avec plus de 52 millions d'hectares de forêts certifiées, le label le plus important. Antérieur, le FSC a été créé, en 1993, à l'initiative d'ONG, d'organisations professionnelles de la filière bois et d'instituts de certification. S'il reste minoritaire, il a néanmoins été choisi par de grandes entreprises. International Paper, Georgia Pacific, Weyerhaeuser, Stora-Enso et Smurfit Stone Container, qui transforment à elles seules 20% du bois industriel mondial, l'ont adopté ainsi que Home Depot, Lowes, Ikea, Kimberly-Clark, Procter & Gamble, qui achètent les plus gros volumes de produits ligneux. Environ 700 entreprises, représentant un chiffre d'affaires global de 180 millions de dollars, ont également rejoint le groupe "Forêts et commerce" du WWF, qui fait la promotion de ce label. Elles représentent, au total, 7 % de la consommation industrielle mondiale de bois. Si les ONG reconnaissent que certaines entreprises ayant choisi le label PEFC " jouent le jeu et essaient vraiment de remettre en question leurs pratiques". Pour les Amis de la Terre, " d'autres profitent tout simplement du système pour s'acheter une image d' " écolo " à moindre frais ". Conséquence : les associations de défense de l'environnement dénoncent l'absence de vérification approfondie des labels et de hiérachisation des différents sytèmes de certification existants. La circulaire constitue, selon elles, une porte ouverte au " blanchiement " du bois exploité de manière non durable...
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