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Purificateurs « Bel-Air »

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Phytair : les plantes au secours de l'air intérieur

Dracanea, ficus, azalée, chrysanthème... Et si les plantes d'intérieur devenaient des auxilaires de qualité dans la lutte contre la pollution de l'air domestique ? Le programme de recherche français Phytair, financé par l'ADEME et les régions Pays-de-la-Loire et Nord - Pas-de-Calais, a confirmé la faisabilité du traitement de l'air intérieur par des plantes.

Mené sous l'égide du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) de Nantes et la faculté de pharmacie de Lille, le programme de recherche Phytair a exposé trois plantes – le Chlorophytum, le Dracaena, et le Scindapsus – à trois polluants bien connus : le formaldéhyde, sans doute le plus répandu dans nos intérieurs, relâché par les mousses, les colles, les résines, l'aggloméré et la laine de verre, il est considéré comme un « cancérigène certain » ; le toluène, un solvant présent dans les peintures et comparable aux éthers de glycol. Et le monoxyde de carbone, un gaz mortel, inodore et invisible relâché par les appareils à gaz, à pétrole, à charbon ou à bois.
« L'objectif était d'évaluer les rendements d'élimination des polluants par les plantes, testées sous différentes configurations : plante avec ou sans feuilles, feuilles seul, terre seul, et plante cultivée hors sol. Il s'agissait d'établir une méthodologie fiable mais aussi de vérifier l'impact physiologique des polluants sur les plantes, » précise Gaelle Bulteau, ingénieure du CSTB où le projet Phytair fut l'objet de sa thèse.

Projet sans suite ?

Démarré en 2003, Phytair a livré ses résultats en 2007. « Nous avons bien une élimination des polluants, confie Gaelle Bulteau. Surtout dans le cas de la plante entière, avec feuilles, racines et  micro-organismes présents dans la terre. Ces derniers jouent un rôle essentiel dans la décomposition des molécules testées. » Geneviève Chaudet, fondatrice en 2000 de l'association Plant'Airpur, et auteure du livre "Les plantes dépolluantes" vante également leurs mérites : « Vous avez avec les plantes un produit naturellement efficace, préventif, peu onéreux à mettre en place... » Pourtant, les institutions officielles ne soutiennent pas vraiment cette solution « bio ». Phytair est ainsi terminé depuis plus d'un an. « Aucune suite au projet n'est envisagée par les pouvoirs publics, ni communication vulgarisant les résultats », regrette la paysagiste d'intérieur. D'autant que l'expérience Phytair, dans les effets et les ordres de grandeur mis en évidence, conforte les travaux déjà existants.

« Les premières recherches datent de 1974, à l'initiative de la NASA, » rappelle Geneviève Chaudet. A l'époque, l'agence spatiale américaine s'inquiète de la qualité de l'air des capsules spatiales où elle a détecté la présence de 107 composés organiques volatils (COV) toxiques ou irritants. L'expert engagé pour résoudre le problème, Bill Wolverton, teste des plantes pour absorber les polluants dans l'air. Essais réussis. Une liste d'une cinquantaine de plantes, classée et notée chacune de 1 à 10 selon son efficacité face à divers polluants, synthétise ses découvertes et se diffuse à l'étranger, au début des années 1990. L'Allemagne, la Suisse, le Canada mènent leurs recherches. L'Australie, en 2001, montre l'effet épurateur du Dracaena contre le benzène, et une autre hydrocarbure, le n-hexane. « D'autres concepts de « biofiltres » plus perfectionnés ont été explorés, avec des charbons actifs ou de l'air pulsé à travers un mur végétal rassemblant plusieurs espèces, adaptées à différents polluants, explique Geneviève Chaudet. L'installation de tels systèmes optimise l'efficacité des plantes avec un potentiel important ».

Bientôt sur le marché ?

Aujourd'hui, pour la chef de projet de l'association, les particuliers sont désormais beaucoup plus sensibilisés à la qualité de l'air intérieur et deviennent demandeurs de plantes dépolluantes. Le besoin d'un label ou d'une étiquette « dépolluante » fait ainsi son chemin dans la profession. « L'idée avec cette étiquette serait de reconnaître plus facilement les meilleures plantes épuratrices dans les lieux de vente, observe Geneviève Chaudet. Mais aussi d'avoir les bons conseils pour les entretenir. » La réflexion est en cours, avec les horticulteurs et les jardineries. En attendant, le banc d'essai doit reprendre, étendu à de nouvelles espèces végétales, grâce au soutien de la chaîne de jardinerie Jardiland. A la rentrée, le designer français Mathieu Lehanneur, spécialiste des objet thérapeutiques, débutera la commercialisation de ses caissons purificateurs « Bel-Air ». Des plantes dans un pot futuriste, coiffées d'un dôme en pyrex et dotées d'un ventilateur pour optimiser le recyclage et la circulation d'air. L'innovation, destinée au grand public, sera vendue autour des 150 euros. Sans étiquette.

Maxence Layet
Mis en ligne le : 09/07/2008
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