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![]() Planète \Environnement \Ressources naturellesLégislation a minima contre la déforestationLa Commission européenne a présenté un projet de réglementation destiné à empêcher l'entrée, sur le territoire de l'Union, du bois coupé illégalement. Les ONG de défense de l'environnement constatent le peu d'ambition de ce règlement qui n'envisage pas l'organisation d'une traçabilité du bois tout au long de la filière.
Le « paquet bois » était attendu depuis le mois de juillet dernier dans le cadre de la politique de lutte contre le changement climatique. Il a été présenté le 17 octobre provoquant la déception des associations de défense de l’environnement. La Commission européenne estime à près de 20 % la proportion de bois illégal importé sur le territoire de l’Union, tandis que la déforestation est responsable de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le projet de réglement prévoit de « réduire le risque [d’importation de bois coupé illégalement] par l’obtention de garanties par les négociants ». Les importateurs auront à produire les informations suivantes : pays d’origine du bois, la description du lot importé, son volume ou son poids, nom de l’exportateur, informations sur le respect de la législation forestière du pays d’origine. Traçabilité ? La forêt dans le Grenelle
D’ici 2010, l’Etat se donne pour objectif de ne plus acheter que du bois certifié ou issu de forêts gérées durablement. Cette mesure à été votée dans le cadre de l’article 42 dit de « l’Etat exemplaire » de la loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement le 21 octobre dernier.
Une telle mesure se confronte aux règles des marchés publics qui prévoient la possibilité d’intégrer des critères environnementaux dans les appels d’offres dès lors qu’ils ne sont pas discriminants, c’est-à-dire qu’ils n’empêchent la mise en concurrence. Cela signifie qu’il faudra accompagner l’engagement de l’Etat d’une politique de promotion du bois certifié afin d’en généraliser la commercialisation. La Commission compte avec sa législation inciter les importateurs privés à « favoriser la recherche de partenaires économiques dans les pays qui ont conclu un accord de partenariat volontaire (APV) FLEGT ». Cet acronyme anglais signifie « Application des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux ». Des accords FLEGT sont en cours de négociation entre l’Union européenne et différents pays africains et asiatiques (Cameroun, Ghana, Congo-Brazzaville, Indonésie et Malaisie) afin d’organiser un système de traçabilité sur toute la filière et un contrôle de la légalité du bois qui sort de ces pays à destination de l’Union. Au Cameroun, qui fait office de projet pilote, le système sera effectif, dans le meilleur des cas à l’horizon 2010. Ces processus longs sont pourtant porteurs d’une réelle modification des pratiques car ils travaillent à réformer en profondeur les systèmes de contrôle administratifs et douaniers dans les pays de production. Le WWF et Greenpeace regrettent par ailleurs le manque d’ambition des objectifs de l’Union en matière de lutte contre la déforestation, responsable de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’Union ne prévoit de stopper la diminution de la couverture forestière qu’à l’horizon 2030 et réduire la déforestation tropical brute de moitié d’ici 2020.
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