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Vieux de 25 ans, le projet de forage pétrolier dans l'Arctic National Wildlife Reserve (ANWR) apparaît de plus en plus comme un serpent de mer politique aux Etats-Unis. Situé dans la partie nord-est de l'Alaska, l'ANWR constitue une zone importante de protection des oiseaux migrateurs, des mammifères marins et des caribous. Elle est une zone protégée depuis les années 80 par une décision de l'administration Reagan. L'exploitation des gisements d'hydrocarbures présents dans le sous-sol de ce parc naturel est une priorité de l'administration Bush et des élus républicains de l'Etat d'Alaska, dont l'économie est fortement dépendante de la manne pétrolière. 2005, une année à rebondissements Jusqu'à récemment, les défenseurs de ce projet pensaient que l'année 2005 verrait enfin leur rêve devenir réalité. Le début de l'année a confirmé leurs espoirs. En mars, le Sénat a refusé, lors d'un vote serré, de retirer du budget prévisionnel présenté par le congrès une clause autorisant le forage dans cette zone. En insérant la proposition dans le vote du budget, les dirigeants républicains empêchaient les opposants d'utiliser le "filibuster", un outil de blocage parlementaire par voie d'amendements. L'objectif de cette manœuvre a toutefois été réduit à néant avec le retrait début novembre du projet de forage du budget 2006. 25 élus républicains modérés ont en effet annoncé leur intention de voter contre le budget si l'autorisation du forage en Alaska figurait dans le projet de loi. " Plutôt que d'inverser des décennies de protection de terres publiques, il serait préférable de se concentrer davantage sur les sources d'énergies renouvelables, les carburants alternatifs, et sur une meilleure efficience énergétique des appareils ménagers. Ceci permettrai d'obtenir des économies d'énergies supérieures à ce que pourrait apporter l'exploitation de l'ANWR, " analysaient ces élus dans une lettre commune. Une tentative de dernière minute Après avoir été évincé du budget, le projet est réapparu dans la loi de dépense militaire. Le sénateur Ted Stevens, un élu républicain d'Alaska et un défenseur de longue date du forage dans l'ANWR, défendait ce projet en le considérant comme vital pour la sécurité nationale américaine. Un argument qui n'était pas du goût des sénateurs démocrates. " Notre armée est prise en otage sur la question du forage arctique" s'offusquait le leader démocrate Harry Reid, tout en menaçant de filibuster cette loi si la question n'était pas retirée. Afin d'éviter ce cas de figure, les défenseurs du forage devaient obtenir 60 voix en leur faveur. Lors du vote du mercredi 21 décembre, ils ne sont parvenus qu'à en obtenir 54. La loi de dépense militaire a donc été reformulée afin d'en exclure la question du forage arctique, laissant ainsi un sursis supplémentaire à la réserve naturelle. Il est de plus fort probable que de telles techniques soient à nouveau utilisées par l'opposition démocrate au cours de l'année 2006. Leur stratégie semble être en effet de gagner du temps jusqu'aux élections de mi-mandat, qui auront lieu à l'automne, et au cours desquelles les démocrates espèrent regagner une partie du terrain perdu en 2005.
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