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Samedi 13 juin aux Mureaux, une manifestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes contre le projet de circuit de F1, monté par le Conseil Général des Yvelines, en bordure de Seine. Avant eux, les habitants et les élus du Val de Marne ont chassé ce projet de leur territoire. Il a atterri sur une magnifique berge de la Seine, dans un endroit déjà fortement urbanisé, surnommé « la vallée de l’automobile », près de l’usine Renault de Flins-sur-Seine. Après des mois de contestation, divisant jusqu’au gouvernement, ce sont les habitants du Val d’Oise qui s’inquiètent. Un projet concurrent de Flins pourrait prendre la relève du côté de Sarcelles, dans la Plaine de France, en lieu et place de terres agricoles cultivées, comme à Flins. Captages d’eau menacés
L’affaire est mise entre les mains de l’Elysée, où l’association « Flins sans F1 » a été est reçue le 16 juin par Boris Ravignon, conseiller développement durable de Nicolas Sarkozy. Elle avait déjà rencontré Christine Boutin, présidente par intérim du Conseil général des Yvelines. Tous deux restent prudents sur a décision à venir, malgré la pression des écologistes : une lettre ouverte à Christine Boutin est en effet parue dans les medias, co-signée par Yann-Arthus Bertrand, Greenpeace, WWF et deux organisations agricoles, exhortant Mme Boutin à se rendre sur place. Ce qu'elle a fait, tandis qu’opposants et défenseurs du projet ont discuté pour la première fois autour d'une table. De leur côté, Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno se sont clairement opposés au projet de Flins dans les médias. Quand à Bernard Laporte, secrétaire d’Etat au Sport, il a élargi le champ des possibles « à Flins ou ailleurs » et entendu le projet du maire de Sarcelles. Déjà, un collectif Val d’Oise sans F1 se forme. Pour Flins, le gouvernement attend le résultat des études d’impact environnemental avant de se prononcer. Mais l’hypothétique circuit des bords de Seine cumule déjà de multiples recours en justice : associations environnementales, communes du nord de Seine, Groupement des agriculteurs biologiques mais aussi Conseil Régional et ville de Paris, entre autres. Paris a conservé des captages d’eau sur le site et la Région a dans son schéma directeur le projet de tripler les surfaces agricoles biologiques. Les villes candidates à un nouveau circuit ont le soutien de principe du premier Ministre, fan de sport automobile, qui tient au Grand Prix de France. Or, le « grand Duc » de la F1, un milliardaire britannique du nom de Bernie Ecclestone pose une condition : que la compétition soit proche de Paris, emplacement plus prestigieux pour les réceptions que Magny Cours, où le Grand Prix se court depuis dix-sept ans. Prestige contre nuisances
Voilà semble-t-il l’argument principal pour ce nouveau circuit. Maigre, par rapport aux multiples arguments contre : nuisances sonores, pollution de l’air, mise en péril d’un captage d’eau, d’une espèce d’oiseau protégé, non durabilité économique de la F1 (le président de la fédération internationale lui-même a lancé un cri d’alarme sur sa non viabilité économique) engloutissement du plan de relance départemental par le projet (112 millions d’euros à minima). La seule image sportive ne fait pas recette dans la région (79% des Franciliens sont contre selon un sondage Canal + ) ni dans le pays (55% des Français selon celui du Figaro). Toutes les grandes ONG environnementales sont montées au créneau.
Le bio en Ile-de-France : une activité rare
* 4400 ha de surfaces agricoles biologiques * 0,8% : part de la bio sur la surface agricole utile totale de la région * 6% de surface agricole nationale en bio est l’objectif fixé par le Grenelle pour 2012 * 2,17% : surface actuelle du bio en France * 85 agriculteurs franciliens sont en attente de terres pour pouvoir cultiver bio * 30% des produits bio consommés en France sont importés
source : Groupement des agriculteurs biologiques d’Ile-de-France, Agence Bio
A la mairie des Mureaux, dont le maire est « pro » circuit, on défend –mollement- les retombées en termes d’emplois et d’attractivité économique. Mais le circuit de Magny Cours est la preuve vivante que ce type d’infrastructure ne crée que très peu d’emplois pérennes. Les habitants de la région, pourtant frappés par la crise qui touche le secteur automobile, semblent plus intéressés par les qualités d’un site naturel. « L’avenir est aux produits de proximité. Nous avons besoin de garder des terres agricoles. De plus, l’agriculture biologique est le moyen le plus sûr et le moins coûteux de préserver une eau pure pour nos enfants » explique Hélène Danel, présidente de Flins sans circuit F1. La nappe phréatique, située sous le site, alimente 400 000 Franciliens. Les hypothétiques promesses de relance avec une recette du passé ne convainquent pas. Pas plus que n’impressionne la prouesse technique d’imperméabiliser complètement le site avec une membrane, pour ne pas contaminer la nappe.
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