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« La forêt en 2100 ne ressemblera en rien à la forêt actuelle », explique d’emblée Laurent Piermont, président de la Société forestière de la Caisse des dépôts. Les écosystèmes forestiers et la syviculture sont en effet au cœur de la problématique climatique, même si , à court terme, l’augmentation des émissions de CO2 et des témpératures ont un effet positif sur la croissance des arbres… Mais il s’agit bien d’une « opportunité temporaire », souligne Laurent Piermont. A plus long terme, les prévisions du GIEC et de Météo France, dont s’inspirent les orientations de la société forestière sont bien plus alarmantes. Mortalité accrue, voire définitive, de certaines essences, stress hydrique des sols, perte de biodiversité… Si la nature peut toujours s’adapter, on ignore encore comment elle le fera. Or, les ressources forestières et les services qu’elles rendent sont indispensables. D’où la nécessité d’anticiper : « Malgré l’incertitude qui pèse sur les hypothèses climatiques, nous avons opté pour l’action précoce, et ne pas attendre que les prévisions se confirment, explique le président de la Société forestière. Nous ferons forcément des erreurs, mais d’une part nous aurons acquis de l’expérience, et de l’autre nous éviterons de payer le coût de l’inaction". Une stratégie qui a pour objectif de préserver la valeur écologique (captation du CO2, maintien de la biodiversité…), mais également économique, de la forêt. Outre les activités industrielles et commerciales qui en dépendent, la France est le premier producteur européen de bois énergie, et mise sur cette source renouvelable, qui représente aujourd’hui 50% de la production d’énergie renouvelable du pays. Un marché rentable
La forêt représente plus d’un milliard d’euros d’actifs, gérés la société forestière. Pour les propriétaires, c’est un investissement rentable et défiscalisé -exonération d’ISF, réduction d’impôts sur le revenu-. Décorrélé des marchés financiers, « ce secteur ne connaît pas la crise, affirme Laurent Piermont. Et gérer durablement une forêt ne représente pas un coût excessif… Mais cela n’a pas non plus d’effet immédiat sur le marché », reconnaît-il. A terme, en revanche, introduire de nouvelles espèces résistantes aux canicules, aux sécheresses et aux tempêtes est un choix judicieux si l’on en croit les scénarios du GIEC. Par ailleurs, la vitesse d’évolution du climat sera supérieure à la capacité d’adaptation des arbres, d’où la nécessité de déterminer des espèces qui, à la fois, acceptent le climat actuel et futur, tout en produisant le bois dont l’activité humaine a besoin… Plusieurs « nouveautés 2009 » vont être testées dans cette stratégie de transition : tilleul, châtaigner, pins maritimes, sapins de Turquie entre autres. Objectif : prévoir de nouveaux peuplements d’espèces qui pourront être récoltés après 2050.
Pour autant, aucune stratégie ne peut éviter les conséquences désastreuses des phénomènes extrêmes, à l’image des tempêtes de 1999 et de 2009. Les orientations prises par la société forestière (couper les arbres de 40 ans par exemple) ont certes pu « sauver » 150 000 m3 de bois mais 2 millions de m3 ont été perdus. D’où la nécessité de revoir, là aussi, le mode de sylviculture dans la région.
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