PlanetSolar, le plus grand bateau solaire du monde
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Publié le 23-08-2010
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Planet Solar
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Après le véhicule solaire, l'avion solaire, c'est au tour du bateau solaire de démontrer que les temps des énergies fossiles touchent à leur fin. L'initiative part une nouvelle fois de la Suisse, où l'ingénieur Raphaël Domjan finalise au bord du lac Léman le plus grand bateau solaire du monde, PlanetSolar. Le catamaran aux 40 000 cellules photovoltaïques s'apprête à faire le tour du monde en 2011.
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Alors que la marée noire n’en finit pas de s’étendre aux larges des côtes américaines, les préparatifs pour le premier tour du monde en bateau sans émission et sans énergies fossiles touchent à leur fin en Europe. « PlanetSolar est un catamaran bourré d’ingénierie allemande du plus grand art », s’extasie le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. De fait, le plus grand bateau solaire du monde se présente sous la forme d’un catamaran sans voile, de 31 mètres de long et de 15 de large. Près de 537 m2 de panneaux photovoltaïques fabriquées par l’entreprise berlinoise Solon AG couvrent le pont supérieur. Construit dans le nord de l’Allemagne, à Kiel, au chantier naval Knierim Yachtbau à l’excellente réputation outre-Rhin, le catamaran solaire est doté d'une coque en matériau composite, léger tout en étant à la fois résistant. Ses moteurs de 20 kW le propulsent par deux hélices atteignant une vitesse maximale de 14 nœuds (environ 26 km/h), les batteries, situées dans les flotteurs du catamaran, permettant quant à elles une autonomie de trois jours. Gérard d'Aboville et Raphaël Domjan alterneront à la barre de PlanetSolar pour parcourir en 2011 plus de 50,000 km en mer, à une vitesse moyenne de 7,5 nœuds (14 km/h), le long de l'équateur, là où l'ensoleillement disponible est maximal. Tout est donc minutieusement étudié, jusqu’à l’avenir du bateau qui semble assuré : son propriétaire et principal sponsor, l’entrepreneur allemand Immo Ströhler, qui a financé le projet à hauteur de sept millions d’euros, envisage de l'utiliser à des fins commerciales. Au siège de PlanetSolar, à Yverdon-les-Bains en Suisse, on rappelle l’engagement français grâce notamment au soutien scientifique de l’institut Ifremer, le Ministère de l’environnement apportant quant à lui son parrainage.
Le bateau solaire, une option réaliste pour l’industrie du transport maritime ?
Ces prouesses techniques ne sauraient faire oublier le but premier de ce projet : démontrer que la mobilité en mer peut se passer d’énergie fossile. Chez Planet Solar, on rappelle qu’aujourd'hui le bateau reste le moyen de transport de marchandise le plus utilisé au monde. Ce secteur rejette à lui seul près de 1,4 milliards de tonnes de CO2 (en 2008), soit 6% des émissions totales de CO2 ou deux fois plus que le transport aérien. La démarche est donc similaire à Solar Impulse, l’avion solaire de Bertrand Piccard (voir article lié), qui lui aussi prévoit un tour du monde alimenté uniquement à l’énergie solaire. « Les deux projets ne sont pas concurrents mais réellement complémentaires, ils font la promotion des mêmes concepts », relève-t-on chez Planet Solar. Les deux projets bénéficient des centres de recherche situés dans la région du lac Léman, « très orientés sur les nouvelles technologies et les projet innovants. Solar Impulse est bien plus technologique et nécessite plus de recherche et de développement que PlanetSolar ». De fait, les bateaux solaires existent depuis un certain temps, et sont notamment utilisés comme véhicules touristiques. L’entreprise Solon, dont un des principaux actionnaires se trouve être Immo Ströhler, a ainsi construit pour la capitale allemande une sorte de bateau mouche fonctionnant uniquement au solaire. La technologie existe donc, et PlanetSolar entend démontrer qu’il est possible de la développer et de l’étendre à l’industrie du transport maritime. Un message qui semble venir à point : Monika Breuch-Moritz, la présidente de l’Office fédéral à la navigation maritime et à l’hydrographie (BSH) à Hambourg, a récemment interpellé l’industrie du transport maritime sur « l’impérieuse nécessité » de s’adapter au changement climatique. Dans un discours tenu dans le port de Hambourg, Breuch-Moritz fait savoir qu’elle attend beaucoup du programme de recherche initié par le Ministère des transports, dont les premiers résultats menés sur les conséquences du changement climatique pour le transport maritime allemand seront connus en 2013. « Car le changement climatique affectera physiquement le transport maritime », affirme-t-elle. « Le risque existe de voir s’accentuer les raz-de-marée et les tempêtes en hiver. Ce qui ne manquerait pas d’avoir de sérieuses conséquences sur la sécurité générale des navires ».
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Claire Stam à Francfort (Allemagne)
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