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A Shanghai, Canton et Pékin, le nombre de points de vente augmente rapidement, le plus souvent sous la forme de rayon bio dans les supermarchés. Les boutiques spécialisées restent rares. La livraison à domicile se développe également dans ces grands centres urbains. A Pékin, Klaus Griesbach dirige un centre de livraison de produits bio à domicile. Après un prépaiement d’un montant minimal de 300 Yuans (30 euros), les commandes sont passées par Internet à partir d’une liste de produits proposant une très large gamme de légumes, quelques fruits frais, diverses céréales et fruits secs mais également de la sauce soja, des germes de blé, et quelques produits de soin comme des huiles essentielles. L’entreprise fournissant le centre, fondée en 2000 à Pékin, est aujourd’hui présente dans plusieurs provinces chinoises et gère la production d’une soixantaine de variétés de fruits et légumes et d’une trentaine de variétés de céréales et légumes secs. Elle fournit diverses chaînes comme Carrefour, Shanghai Auchan et Wal-Mart et vend en Europe et en Asie du Sud. Carrefour, qui a ouvert, fin 2006, son millième hypermarché dans la banlieue de Pékin, propose une gamme bio composée de fruits et légumes (93% des ventes bio), viande et divers aliments secs. Pour l’ensemble des magasins, les ventes de cette gamme ont plus que doublé, entre 2005 et 2006. Le responsable de la division des ventes de produits frais du groupe en Chine soulève cependant le problème de la validité des certifications bio. Scandales alimentaires Les acheteurs sont majoritairement des Chinois disposant de revenus moyens à élevés et attachés à la marque. Pour eux comme pour la clientèle expatriée, la principale motivation d’achat est la sensibilité aux problèmes de sécurité alimentaire créés par la découverte récurrente de pesticides dans les aliments. En novembre 2006, d’importantes quantités de turbot, un poisson très prisé par les consommateurs chinois, ont été retirées des marchés pékinois après que des traces de produits hautement cancérigènes aient été retrouvés à la suite de tests aléatoires. Le même mois, un autre scandale était provoqué par la découverte dans des supermarchés d’œufs contenant du Soudan-IV, un colorant chimique cancérigène. On a découvert que des éleveurs de la province du Hebei entourant Pékin avaient mélangé ce colorant à l’alimentation de leurs volailles. En Chine, les œufs dont le jaune est teinté de rouge sont considérés comme ayant un pouvoir nutritif supérieur et vendus à un prix élevé. Les résultats d’une enquête récente conduite par l’administration nationale de protection de l’environnement (SEPA) auprès d’un échantillon de 4482 personnes habitant dans 28 villes du pays indiquent une préoccupation forte pour les questions environnementales, en particulier celles liées à l’alimentation : 82% des personnes se déclarent très inquiètes face à la série de scandales1. L’apparition au cours des dernières années de divers labels n’a pas suffit à rassurer les consommateurs et Pékin vient de mettre en place un système d’alerte du public à quatre niveaux de couleur. Pour chaque niveau d’urgence sont définies les procédures à mettre en œuvre par les autorités locales. Il s’agit de coordonner et clarifier les responsabilités des 18 administrations intervenant dans ce type de situation2. Le Dr. Shi, expert pour un programme de développement agricole reconnaît que le développement du marché fait face à de nombreux obstacles. D’une part la grande majorité des consommateurs a une mauvaise connaissance des produits biologiques dont les labels sont récents en Chine, d’autre part la confiance accordée aux certifications nationales est très faible. Un autre obstacle tient au prix. Des enquêtes indiquent que les acheteurs de bio en Chine font majoritairement partie des couches les plus éduquées de la population en quête d’un mode de vie plus sain. Les consommateurs ont tendance à favoriser les marques internationales lorsque la différence de prix avec les produits chinois est faible.
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