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« 50% des émissions de gaz à effet de serre sont dues à la production et à la consommation de biens », a rappelé Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, lors de la présentation de la Semaine du développement durable. « Mais la nécessité de privilégier la consommation durable n’est pas synonyme de déconsommation », a-t-elle souligné, faisant allusion à la « décroissance » actuelle de la consommation. Selon les résultats de l’enquête sur la consommation durable menée par Ethicity,* près de 80% des personnes interrogées assimilent en effet la consommation responsable au fait de consommer moins ( +23 points par rapport à l’étude 2006), et non de consommer « mieux » ( seuls 21,6 % le pensent, en baisse de 17 points par rapport à 2006 ). L’inquiétude croissante pour les enjeux environnementaux, notamment la pénurie d’eau et le réchauffement climatique, conduit plus des 3/4 d’entre eux à estimer que « le développement durable est une nécessité », mais sans l’assimiler pour autant à une « nouvelle forme de croissance économique ». Au contraire, cette affirmation perd même 22 points par rapport à 2004, pour ne concerner que 38,1 % du panel. Chute de la confiance aux entreprises
Le DD répond avant tout aux questions environnementales pour 75,7% du panel, et aux questions sociales pour seulement 37,3%. Là encore, l’opinion recule de 12,8 points par rapport à 2004. S’agissant de leur pouvoir de consom’acteurs, les français en sont de plus en plus conscients et estiment que leur choix de consommation peuvent entrainer un changement positif au niveau environnemental (69,3%) social (40,3%) et économique (51%). Pour autant, les plus engagés –qui affirment faire régulièrement des achats responsables- ne sont pas plus nombreux en 2009 et se situent toujours autour de 20%, tandis que 66% affirment consommer des produits durables « de temps en temps ». Enfin, le boycott n’est plus une pratique réservée aux militants : ils sont presque 30% à affirmer « faire attention » à ne pas acheter de marques d'une entreprise dont ils réprouvent le comportement. Une pratique qui est également liée à la chute de confiance à l’égard des grandes entreprises : elle perd 11 points depuis 2006, ramenant à 37% seulement la population qui leur « fait confiance ».
Et les entreprises ?
Les tendances 2009 du développement durable ont été mesurées par le baromètre La Poste – Ifop auprès de 200 grandes entreprises*. S’il apparaît que « le niveau d’exigence en matière de développement durable demeure élevé », ce sondage montre que « l’importance du développement durable s’amoindrit au profit d’autres enjeux, plus économiques », liés à la crise actuelle. Par ailleurs, la pression des consommateurs n’est pas citée en premier : 83% des entreprises interrogées estiment en effet que la législation constitue « le premier moyen de pression sur les grandes entreprises en matière de développement durable ». Le risque d’image (54%) apparaît comme le seul autre vecteur de pression, mais recule nettement par rapport à mars 2008 (-9 points). *Sondage Ifop réalisé par téléphone du 17 février au 4 mars 2009 auprès d’un échantillon de 200 dirigeants de grandes entreprises françaises de l’industrie et des services.
Plus d’information et de transparence
L’étude 2009 d’Ethicity identifie pour les entreprises les grandes tendances à suivre : proposer des offres plus attractives aussi bien sur le prix que sur le contenu. 70% de la population considère en effet que les produits et services de la consommation responsable « ne sont globalement pas attractifs », tant au plan du prix et de la qualité, que sur « l’impression d’agir » en les achetant. 75,7 % considèrent en outre – à tort ou à raison- que les produits de la consommation responsable sont plus chers que les produits classiques. L’enjeu pour les entreprises consiste, à l’avenir, à donner plus d’information (51% de la population ignore où acheter des produits responsables), de clarté (notamment sur les labels) et de transparence. Cet effort s’avère même indispensable pour lever les doutes et la défiance des consommateurs concernant la réelle « durabilité » des produits, dont la crédibilité est mise à mal par les allégations environnementales et le greenwashing. Etiquettes et labels en tout genre (bio, équitable, naturel, etc) achèvent de rendre confuse une offre qui se multiplie et qui peut aussi décourager les consommateurs …au profit d’un retour aux produits classiques. Enfin, l’enquête d’Ethicity révèle également l’importance du local : l’origine des matières premières et le lieu de fabrication sont en effet « au cœur des attentes d’information sur les étiquettes pour 65,4% de la population ». Ils sont même près de 30% à considérer qu’ « un produit responsable doit être un produit fabriqué localement ». Une pratique chez les individus les plus aisés
Le profil sociologique de la consommation durable, analysé par le Credoc en 2007 (2) , montre qu’elle a progressé chez les jeunes mais qu’elle reste essentiellement pratiquée par les individus les plus « aisés » (cadres, diplômés du supérieur, revenus les plus élevés…) et les urbains. Par ailleurs, quand il s’agit d’achats durables, les Français sont principalement sensibles à deux grandes causes : le non-recours au travail des enfants (50 %) et la fabrication du produit en France (37 %). L’absence de pollution dans le processus de fabrication est citée en 3ème position (26 %), juste avant le respect des conditions de travail des salariés (25 %). Enfin, si la consommation durable progresse, le premier critère d’achat reste la qualité, quasiment à égalité avec le prix. La question du pouvoir d’achat est en effet prédominante chez ceux qui ne pratiquent pas la consommation engagée, souligne le Credoc. En revanche, pour les convaincus, « les questions budgétaires sont bien moins centrales ». Le niveau de formation est, par contre, fondamental. "Le capital culturel des enquêtés explique donc pour beaucoup leur appétence à consommer ce type de produits, et ces différences sociales se sont maintenues, sinon renforcées, ces quatre dernières années », conclut l’enquête. (1) Enquête réalisée par TNS MédiaIntelligence. Ré-interrogation d’un échantillon de 6000 individus âgés de 15 à 70 ans en auto administré par voie postale (retour 4500 individus) en mars 2009. Utilisation de l’échantillon SIMM 2008 pour Access Panel. (2)CRÉDOC- Consommation et Modes de Vie, mars 2007
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