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En juin 2005, l’association EcoResp -« Pour une économie responsable »-, avec le soutien de Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, lançait une initiative originale. Regroupant, via le Centre des Jeunes Dirigeants, des éco-entreprises françaises et des professionnels du secteur, EcoResp a proposé la réalisation d’un livre blanc sur le mode participatif, réalisé avec les analyses et propositions des différents acteurs des éco-industries. Objectif : identifier les freins et les leviers pour faciliter l’émergence d’une « éco-économie », déjà très développée aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens. Ce secteur en plein essor, grâce notamment aux nouvelles réglementations environnementales, rassemble de nombreuses activités -l’automobile, l’énergie, les transports, l’habitat, la chimie, le recyclage, les éco-produits…- intégrant des critères écologiques dans leurs modes de production. L’ensemble des entreprises sur ces marchés est hétérogène, puisqu’on retrouve aussi bien les multinationales de
Demeter : un fonds pour les PME de l’éco-industrie
Le fonds Demeter, lancé en novembre 2005, par la Caisse des dépôts, est le premier fonds de capital investissement européen, centré sur le développement durable. Doté de 100 millions d’euros, il a pour vocation d’investir dans des PME dont la production est orientée sur l’environnement, l’énergie, et la sécurité de cadre de vie. Ces secteurs existent au sein de grands groupes mais plus de 50 % de l’activité est réalisé par 2000 PME en France. Si on trouve une présence significative du capital risque dans les éco-industries, le fonds Demeter permet d’y apporter du capital développement. L’objectif affiché est de constituer un portefeuille d’une vingtaine de PME indépendantes, non cotées et profitables, notamment en France, en Allemagne et en Espagne. Pour en savoir plus, consulter le site
la distribution d’eau et d’énergie, que des PME spécialisées sur les marchés de niche de l’éco-conception. D’où la nécessité de structurer, dans la mesure du possible, ce qui est en train de devenir un facteur de différenciation économique pour les pays industrialisés. Comme le souligne Cécile Jolly dans son ouvrage intitulé « L’entreprise responsable » (Editions le félin), « l’éco-innovation crée de nouveaux marchés et peut même détrôner des produits presque aussi vieux que le monde, dont la pérennité semblait assurée». L’auteure donne l’exemple de la fibre polaire, produite à partir du recyclage de bouteilles en plastique ce qui permet d’économiser le pétrole et la matière première dans le processus de fabrication. « Développée par la firme américaine Patagonia, la fibre polaire a depuis conquis des parts de marché du textile, taillant des croupières à la fourrure désormais rangée aux oubliettes de l’histoire », explique Cécile Jolly. Autre exemple, celui du « pneu vert », dont la création a été initiée au début des années 90 par Rhodia et Michelin et qui est devenu, depuis, un standard du marché en Europe, au Japon et aux Etats-Unis.Choix politiques
Si le marché des éco-industries connaît une croissance de 5% par an et peut croître jusqu’à 50% d’ici 2015, la France a déjà pris un certain retard. Il s’explique selon Ecoresp par les choix énergétiques et politiques faits jusqu’ici. « Le choix du tout nucléaire, qui capitalise plus de 80% des crédits de recherche, handicape lourdement le développement des énergies renouvelables", souligne Corinne Lepage. "Elles ne bénéficient que de 4% ce budget, alors que ce secteur constitue un potentiel de marché et d’emplois considérables». A ces choix énergétiques s’ajoute, selon l’ancienne ministre, un mode fonctionnement étatique très centralisateur, qui laisse peu de place aux initiatives locales. Enfin, « le retard pris dans la transposition des directives européennes en matière d’environnement freine des secteurs comme celui de la chimie verte ou de la valorisation des déchets par exemple », ajoute-t-elle. Loin de se considérer comme révolutionnaires ou militants d’une « troisième voie », les membres d’EcoResp soulignent au contraire que « les outils existent et qu’il suffit de les appliquer ». De fait, la simple application de la réglementation permettrait déjà de lever certains blocages… « Il s’agit par exemple d’appliquer la réglementation européenne, de savoir l’anticiper et non de continuer à être dans les derniers pays européens à la transposer, indique Corinne Lepage. Dans le cas des énergies renouvelables, des pays comme l’Allemagne, l’Espagne ou le Danemark l’ont compris depuis longtemps et ont su tirer un profit économique et social de ces secteurs en plein essor.» Parmi les propositions inscrites dans le livre blanc, déclinées pour 12 secteurs d’activités, les incitations fiscales et réglementaires constituent un axe central : application du principe pollueur/payeur, mise en place du péage urbain et de la vignette bonus/malus pour les voitures selon leur impact sur l’environnement, prêts à taux zéro pour les particuliers choisissant des systèmes énergétiques plus écologiques, taxe sur les revenus pétroliers… La France dispose dans ce domaine d’une certaine marge de manœuvre, puisque les recettes de la fiscalité « verte » ne représentent que 4,5% du total des recettes fiscales du pays, contre une moyenne de 6,6% en Europe (7,7% au Royaume-Uni et jusqu’à 9,9% au Danemark).
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