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Sur quoi portent les nouvelles propositions d’Ecoresp ? Nous avons enrichi le Livre blanc, qui est passé de 175 à 325 propositions, et ajouté deux volets, l’un sur l’aspect transversal de la question climatique et l’autre sur les territoires. « Ecoresp 2 » propose un véritable « new deal écologique », fondé sur le développement des éco-industries et l’accessibilité sociale des nouvelles technologiques vertes. 9 de nos propositions ont par ailleurs été reprises par le gouvernement depuis un an, notamment en matière de fiscalité, avec le CODEVI vert, mais également sur la prise en compte des critères environnementaux dans le code des marchés publics ou l’obligation d’achat d’énergie photovoltaïque par EDF. Quels domaines vous semblent prioritaires ? Nous formulons de nouvelles propositions dans 5 domaines phares, qui prennent en compte les foyers les plus modestes, car ce sont aussi ceux qui subissent le plus la hausse des prix du carburant, de l’électricité ou du chauffage. La première mesure vise par conséquent à instaurer une TVA à 5,5% pour les constructions de bâtiments neufs qui consomment moins de 30kw au m2 et 60 kw pour l’ancien. Nous proposons également un prêt à taux zéro pour financer les travaux liés à l’efficacité énergétique, dont le montant serait proportionnel aux résultats obtenus. La 3ème proposition consiste à orienter les aides agricoles de manière plus équitable et en privilégiant les productions durables et le maintien de l’emploi. Votre 4ème mesure demande la suppression des « subventions à la pollution ». C'est-à-dire ? Il faut mettre un terme aux subventions qui favorisent la dégradation de l’environnement, comme, par exemple, l’irrigation agricole ou l’exonération de la TIPP sur le kérosène et le charbon. Nous proposons donc la suppression, en 5 ans, des subventions aux secteurs des hydrocarbures, à l’agrochimie, etc…, ce qui permettrait de dégager à terme 5 milliards d’euros pour financer des entreprises éco-responsables. Notre 5ème mesure propose ensuite de soutenir les filières de ces nouveaux éco-métiers, qui représentent un potentiel de 200 000 à 300 000 emplois en France. Vous proposez que les régions s’adaptent aux changements climatiques. De quelle manière ? Réduire les émissions de CO2 est une nécessité, mais cela ne suffit pas. Les changements climatiques sont là, et il faut s’y adapter au niveau des territoires, qu’il s’agisse de choix agricoles, en donnant la priorité aux agricultures durables, ou de modalités de transports. La hausse prévisible du coût des transports amènera inévitablement une relocalisation de l’économie qu’il faut anticiper dès maintenant.
Vous préconisez la création d’ « éco-indicateurs », que peuvent-ils apporter ? D’une part, raisonner uniquement en terme de croissance ou de PNB n’est plus pertinent et d’autre part se contenter de connaître les bonnes pratiques environnementales ne suffit plus. Nous avons besoin d’indicateurs appropriés pour mesurer les performances environnementales des produits, services, et procédés pour permettre aux consommateurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics de disposer d’outils opérationnels. Ces indicateurs permettent également de connaître la vérité écologique des coûts, comme par exemple les dépenses liées au réchauffement climatique et à l’émission de tous les polluants, à la santé par l’impact de la pollution, à la perte de biodiversité et à la réduction des services rendus par l’environnement. Les récentes mesures annoncées par le 1er ministre sur l’éco-fiscalité, permettront-elles de rattraper le retard français que vous dénoncez ? Ces mesures vont dans le bon sens mais restent insuffisantes. Pour rattraper ce retard, il faut permettre aux PME travaillant dans les éco-technologies de se développer. Des pays comme l’Allemagne, l’Espagne ou le Japon l’ont bien compris et ont acquis un leadership dans les énergies renouvelables, par exemple. Si la France prenait la peine d’anticiper les réglementations européennes dans ce domaine, au lieu de les appliquer in extremis, elle pourrait donner des aides d’Etat à ces nouvelles filières pour leur permettre de se développer. Le retard pris dans la transposition des directives européennes en matière d’environnement freine le développement de secteurs comme la chimie verte, les énergies propres ou la valorisation des déchets, entre autres.
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