Troisième aéroport : le rapport contesté

Planète \Environnement \Pollution

Publié le 22-07-2003

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Il n'y aura pas de décision avant cinq ans. Le verdict de la mission d'information parlementaire sur la construction d'un troisième aéroport parisien déçoit les spécialistes et les riverains de Roissy. Ces derniers rappellent qu'une partie de la population vit au-delà des seuils de bruit définis par l'Organisation mondiale de la santé.

" Les députés ont botté en touche ". Christian Roger, ancien commandant de bord d'Air France et président de l'Observatoire des nuisances aériennes (ONA), juge sévèrement les conclusions du rapport parlementaire remis au gouvernement le 16 juillet dernier. Dans ce document, la mission d'information renvoie à cinq ans au minimum toute décision gouvernementale concernant la construction d'un troisième aéroport parisien. " L'idée de construire une troisième plate-forme semble en théorie séduisante et constitue un espoir auquel se raccrochent les riverains franciliens, [mais] la mise en oeuvre d'un tel projet se heurte en pratique à de nombreux obstacles ", tranchent les députés. Ceux-ci insistent sur les nuisances environnementales (bruit et pollution des sols) qu'entraînerait inévitablement la construction d'un troisième aéroport en grande région parisienne.
Les députés proposent une alternative en 21 points. Parmi eux, l'idée de plafonner le nombre annuel de mouvements d'avions à 720000 pour Orly et Roissy, d'ici à 2020. " Cette proposition repose sur des hypothèses de croissance irréalistes, assène Christian Roger. Dans le pire des cas, et malgré la crise actuelle et passagère du transport aérien, le trafic croîtra de 4% par an d'ici à 2020. Or les députés ont tablé sur une moyenne de 1,6% par an ". En clair, Orly étant déjà plafonné, Roissy arriverait à saturation entre 2012 et 2016. " Sachant qu'il faut au moins dix ans pour construire un aéroport, il y a urgence à trancher cette question, poursuit Christian Roger. En décidant de remettre toute décision à 2008, les députés nous envoient droit dans le mur ".
La décision prévaut également du côté des riverains. Certes, les députés suggèrent de répartir le développement du trafic aérien non seulement sur les aéroports parisiens, mais sur ceux des principales villes de France. Certes, ils prônent le développement de lignes de TGV les principaux. Mais Sébastien Trollé, un porte-parole de l'association de riverains Advocnar (Val d'Oise), y voit des " mesurettes " destinées à détourner l'attention des habitants. " En réalité, nous lisons entre les lignes que les députés ont choisi la voie du développement à outrance du trafic sur Roissy, déplore-t-il. Nous n'avons rien contre les aéroports et je peux même dire que la présence de Roissy n'a pas toujours été insupportable. Mais concentrer tout le trafic sur un des territoires les plus peuplés de France est une ineptie ". L'Advocnar veut encore croire, malgré tout, à la perspective d'une troisième plate-forme aéroportuaire parisienne. " Ici le mal-vivre est évident, on ne dort toujours pas la nuit, et nous avons démontré que de nombreux habitants vivent au-dessus des seuils sanitaires de bruit définis par l'Organisation mondiale de la santé ".
Walter Bouvais
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