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Afin de lutter contre les pollutions atmosphériques, les autorités fédérales américaines ont promulgué le Clean Air Act en 1990. Son volet de lutte contre les pluies acides s’attaquait à la réduction des émissions de dioxyde de souffre (SO2) et de monoxyde d’azote (NOx) en instaurant des quotas d’émissions applicables au secteur énergétique américain. Grand utilisateur d’énergie thermique au charbon, ce secteur est le principal émetteur américain de ces gaz qui, dissous dans l’eau, provoquent une acidification des pluies. La singularité de l’approche américaine a été d’instaurer en 1995 des bourses d’échanges des émissions de ces deux substances afin de permettre aux industriels concernés d’optimiser leurs coûts de mise en conformité avec les nouvelles limites d’émissions. Cette possibilité d’échange permet notamment aux entreprises qui émettent moins que leurs quotas de récupérer une partie des investissements consentis en les vendant aux entreprises n’ayant pas encore installé des unités de désulfuration dans leurs centrales. Le programme peut être considéré comme une réussite. En 2003, les émissions de SO2 étaient en diminution de 38% par rapport à leur niveau de 1980 (l’objectif de diminution pour 2010 est de 50%) et ceci à un coût global bien inférieur au budget initialement prévu. L’incontestable réussite de ce programme a toutefois quelques limites. En 2003, les émissions de SO2 étaient ainsi en augmentation de 4% par rapport à leur niveau de 2002. Cette augmentation est due à l’augmentation de l’électricité produite par les centrales thermiques au charbon en 2003. De plus malgré les investissements consentis, le secteur énergétique contribuait toujours en 2002 à 67% des émissions nationales de SO2. Il est toutefois possible qu’une nouvelle vague d’investissements destinés à réduire ces émissions soit lancée. Le cours d’un permis d’émission de SO2 était proche, en janvier 2004, de son record historique à 215 dollars et le stock de permis d’émissions stockés depuis 1995 baisse de 10% par an.
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