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Comme leur nom l'indique, les " polluants organiques persistants " sont des substances chimiques persistantes, qui s'accumulent dans les tissus adipeux, se propagent dans la chaîne alimentaire et sont de ce fait extrêmement nocives pour la santé et pour l'environnement. Outre les dioxines, les " POP " sont présents dans des isolants électriques, les additifs pour peintures et plastiques, le caoutchouc, les fongicides et les pesticides. Ces substances, extrêmement volatiles, franchissent aisément les continents pour se déposer très loin des lieux d'émission, généralement vers les milieux froids comme l'Articque, et se dégradent lentement, à raison de 50% en 7 à 8 ans.
"Les causes du cancer sont environnementales "
" Il existe un grand nombre de décès évitables parce que de causes connues et susceptibles de faire l'objet de mesures efficaces de prévention " expliquent les experts du Comité d'orientation du Plan Santé Environnement dans leur rapport remis au gouvernement. L'un des enjeux identifié par les auteurs est la prévention les cancers en relation avec des causes environnementales. " La mortalité prématurée par cancer est supérieure de 20% en France au reste de l'Europe, ce qui souligne la faiblesse de notre dispositif de prévention ", soulignent les auteurs, en précisant que " la population est susceptible d'être exposée à un certain nombre d'agents cancérigènes, reconnus ou fortement suspectés. L'exposition se fait par inhalation, ingestion, contacts de la peau et irradiation ". Le cancérologue et professeur Dominique Belpomme va beaucoup plus loin, dans son ouvrage intitulé " Ces maladies créées par l'homme ". Il estime que " 80 à 90% des cancers sont causés par la dégradation de l'environnement ", et que " si l'on veut couper le mal à sa racine, c'est sur l'environnement qu'il faut agir en évitant la pollution ". Selon sa formule, le " siècle sera écologique ou nous ne serons plus ".
La convention de Stockholm, qui doit désormais entrer en vigueur le 17 mai 2004 grâce à la ratification française, devrait permettre d'identifier les sources d'émission des polluants organiques persistants, de les réduire, de mettre en place une politique de gestion des produits chimiques et des pesticides dangereux, et de promouvoir l'utilisation de substances de substitution. Une douzaine de substances seront ainsi interdites à la production et à l'exportation. Les études montrent en effet l'urgence des précautions à mettre en oeuvre. " Certains de ces produits ont des conséquences très graves sur les plantes, sur les animaux et, en particulier, sur l'homme, entraînant des malformations, des déséquilibres hormonaux, des handicaps physiques et mentaux et des stérilités ", indiquait le rapporteur du texte au Sénat Michel Pelchat. A titre d'exemple, les analyses du WWF - UK ont révélé que les poissons consommés en Grande-Bretagne sont contaminés par des pesticides utilisés dans les pays du Sud, tandis que le lait maternel des femmes est contaminé en Europe par les dioxines ainsi qu'une dizaine de polluants organiques persistants, émis notamment par l'incinération des déchets...
Forte utilisation dans les PED
La situation est d'autant plus inacceptable que ces produits sont très utilisés dans les pays en développement en raison de leur faible coût. " Il y a donc, avant même la légitime préoccupation écologique, un aspect humanitaire fondamental à l'attention des populations des pays pauvres , concluait Michel Pelchat. Des stocks grandissants de pesticides et de produits chimiques toxiques s'accumulent dans ces pays d'une manière extrêmement dangereuse pour leurs populations et pour l'ensemble de la planète ". L'exemple du DDT ( que l'on retrouve dans le lait des femmes européennes) est , à cet égard, édifiant. Peu coûteux, cet insecticide est très utilisé pour lutter contre la malaria et le paludisme dans les pays en développement, avec d'importantes répercussions dangereuses sur la santé et l'environnement. En l'absence d'alternative aussi efficace et accessible, ces pays continuent par conséquent à utiliser le DDT, seul moyen disponible pour combattre ce fléau...
Trouver des alternatives à l'incinération des déchets
Les activités industrielles de combustion (incinération des déchets, métallurgie...), qui sont à l'origine des émissions de dioxines et furanes, doivent à ce titre évoluer vers des modes moins polluants, selon les termes de la Convention de Stockholm. La gestion des déchets, qui, en France, repose essentiellement sur l'incinération, devrait donc s'orienter vers des outils de réduction des émissions. De nombreuses ONG dont Greenpeace, ainsi que le CNIID (Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets) et le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations se sont félicitées dans un communiqué de la ratification française et invitent désormais le gouvernement " à mettre dès à présent ses politiques sanitaires, environnementales, industrielles et agricoles en adéquation avec cette victoire historique des principes de précaution et de substitution préventive ". L'interdiction des " POP " au niveau international pourrait créer de nouveaux marchés de produits alternatifs, notamment pour les entreprises qui produisaient ces substances désormais interdites.
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