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L'information a été révélée par La Nouvelle République au mois de septembre. Pour la première fois en France, un homme atteint de la maladie de Parkinson vient de faire qualifier cette pathologie de maladie professionnelle. Le Tribunal des affaires de sécurité sociale de Bourges (Cher) a décidé, en mai 2006, de suivre les conclusions du Comité régional des maladies professionnelles de Clermont-Ferrand. Il estimait, conformément aux résultats d'études récentes, qu'il y avait fort probablement un lien entre la maladie de Parkinson contractée par le plaignant à l'âge de 44 ans et l'exposition récurrente aux pesticides liée à son travail dans une exploitation agricole. Dans un premier temps, la maladie de Parkinson n'étant pas référencée dans la liste des maladies professionnelles, la Mutualité sociale agricole, saisie par le plaignant, s'était tournée pour avis vers le Comité régional des maladies professionnelles d'Orléans, comme le réclame la procédure dans ce cas de figure, (voir dossier lié). Mais ce dernier n'avait pas reconnu de lien entre la pathologie et le maniement des pesticides. Le plaignant et son avocat, Bertrand Courderc, ont alors mis en avant les résultats d'études récentes sur les causes de la maladie de Parkinson qui montrent la relation supposée entre la maladie et l'exposition aux pesticides. La Mutualité sociale n'a pas fait appel de la décision finale du tribunal des affaires sociales, ce premier cas de qualification de maladie professionnelle pour la maladie de Parkinson crée donc un précédent.
Fortes présomptions
La maladie de Parkinson, deuxième maladie neuro-dégénérative (après la maladie d'Alzheimer) survient généralement entre 45 ans et 70 ans (âge moyen 55 ans). Elle affecte le système nerveux et génère trois principaux dysfonctionnements des fonctions motrices (tremblements, rigidité des membres, rareté et ralentissement des mouvements). Elle toucherait en France 120 000 personnes avec près de 10 000 nouveaux cas par an. Si elle survient pour des causes encore mal connues, certains facteurs ont été identifiés comme pouvant favoriser l'apparition de la maladie. Ils sont entre autres liés à l'environnement, l'héritage génétique de la personne ou encore à son activité professionnelle. Certaines études incriminent les effets de tel insecticide, de telle exposition à une résine de plastique ou à une peinture ou encore à une colle.
Selon une publication scientifique de 2005 les cas semblables à celui de cet ex-salarié agricole pourraient se multiplier. "The Geoparkinson Project", projet de recherche mené pendant cinq ans, financé par la Commission européenne, a réuni des chercheurs écossais, italiens, suédois, roumains et maltais pour étudier principalement l'augmentation du risque de contracter la maladie de Parkinson selon l'exposition à des solvants, des pesticides et des métaux. 3 000 personnes ont été étudiées, dont certaines étaient atteintes et d'autres non. La première conclusion de l'enquête épidémiologique montre que les personnes malades étaient celles qui avaient été le plus en contact avec des pesticides, en tant qu'agriculteur (43 % de vulnérabilité en plus) ou jardinier amateur (9 % de risque supplémentaire). Ces résultats sont à relativiser, car le propre de la maladie de Parkinson est d'être multifactorielle. Ainsi, les chercheurs de l'Université britannique d'Aberdeen, en charge des conclusions, mentionnent que "le risqué lié aux pesticides est faible comparé aux autres facteurs majeurs de la maladie de Parkinson, comme l'histoire familiale ou des épisodes de pertes de conscience. Avoir eu des cas de Parkinson dans sa famille augmente le risque de 350 % et avoir perdu conscience l'augmente de 32 %, voire de 174 % si cela s'est répété."
Obligation de formation à l'usage des pesticides
Il n'empêche, comme a souhaité le démontrer le Comité régional des maladies professionnelles de Clermont-Ferrand, le risque lié aux pesticides existe, et cela suffit à le prendre au sérieux. Pour de nombreuses associations militant pour la défense de l'environnement, comme France Nature Environnement (FNE), les mesure prises pour limiter les impacts de l'usage des pesticides sont insuffisantes et ne font pas assez appel au principe de précaution. " Cette décision va nous permettre de rappeler l'impact sanitaire des pesticides, aussi important que l'impact environnemental" commente Yann Barthélémy, de FNE. "Parler de la santé des gens permet de toucher plus de monde qu'évoquer la qualité de l'air ou de l'eau. Les pesticides risquent de nous exploser à la figure comme l'amiante. On ne pourra pas dire on ne savait pas ! ". Pour Marie-Catherine Schulz, responsable de la campagne sur les pesticides, initiée par le FNE il y a quelques mois et relancée en octobre, la reconnaissance des risques sanitaires va permettre de mettre l'accent sur une obligation de formation à l'usage des pesticides et à plus d'information " transparentes " sur les risques qu'il induit.
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