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En 1989, Union Carbide a versé au gouvernement indien 470 millions de dollars dans le cadre d'un règlement à l'amiable, reconnaissant ainsi sa responsabilité civile, même si la compensation estimée après la tragédie s'élevait à l'origine à 3 milliards de dollars. Les défenseurs de Carbide firent en effet valoir qu'aucun tribunal américain ne pouvait évaluer le prix d'une vie humaine dans le tiers-monde, et l'entreprise décida finalement de verser 470 millions de dollars. Cette somme n'avait pas encore été affectée dans sa totalité. Les lenteurs de l'administration indienne ont eu pour effet de limiter le nombre de victimes indemnisées, et de ne commencer à verser l'argent à partir de 1995 seulement, soit six ans après le versement des fonds. Avec les intérêts, le montant du compte est aujourd'hui de 264 millions d'euros, les autorités ayant calculé au plus juste le montant individuel des indemnisations : 1750 euros pour les décès et 450 euros pour les blessés. Une grande partie des fonds est donc restée bloquée, tandis que les victimes manquaient cruellement de ressources financières pour soigner les maladies contractées depuis l'explosion. On estime en effet que plus d'un demi million de personnes en ont subit les effets, sans compter les conséquences sociales et économiques. La plupart des personnes exposées aux gaz n'ont plus eu la possibilité de travailler. Près de 200 000 bhopalis ont des séquelles, souvent au niveau des yeux, des poumons ainsi que du système immunitaire. Les enfants nés de parents contaminés présentent des retards de croissance et une recrudescence des cas de cancer et de tuberculose a été constatée.
Responsabilité pénale
Les associations de victimes de Bhopal n'ont eu connaissance qu'en 2002 du montant de la somme immobilisée. Une plainte collective a ensuite été déposée devant le Cour suprême, qui vient de rendre son jugement en leur faveur et d'ordonner que les fonds soient distribués aux victimes. Leur combat, pour autant, n'est pas terminé et se poursuit sur le terrain de la responsabilité pénale de l'entreprise. En effet, ni la compagnie Union Carbide, qui a fusionné en 2001 avec Dow Chemicals pour devenir le premier fabricant mondial de produits chimiques, ni Warren Anderson, l'ex-PDG d'Union Carbide, n'ont été jugés par un tribunal indien. Les procès de certains cadres indiens d'Union Carbide sont toujours en cours. Le 28 août 2002, un tribunal de Bhopal a décidé de maintenir l'accusation d'homicide et a rejeté la requête du bureau central d'enquête qui souhaitait la requalifier en " actes de négligence ". Cette décision pourrait conduire l'Inde à demander aux Etats-Unis l'extradition de Warren Anderson, l'ex-PDG d'Union Carbide. Le tribunal de Bhopal a d'ailleurs demandé à la police indienne de lancer une procédure d'extradition contre l'ex-PDG, tandis que des militants de Greenpeace ont fait savoir qu'ils avaient localisé l'ex-président d'Union Carbide. Photographies à l'appui, les militants avaient affirmé que Warren Anderson vivait près de New York dans une propriété à Bridgehampton. L'ex-PDG d'Union Carbide risque une peine pouvant aller jusqu'à dix ans de prison.
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