Les députés votent l'interdiction des emballages non biodégradables pour 2010

Planète \Environnement \Pollution

Publié le 13-10-2005

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Alors que plusieurs enseignes ont réintroduit les sacs de caisse jetables à cause du mécontentement des clients, les députés viennent d'adopter une mesure radicale, visant à interdire la commercialisation des sacs non biodégradables, d'ici 2010.

Pourquoi un amendement sur la commercialisation des sacs plastiques a-t-il été voté dans le cadre du débat sur la loi d’orientation agricole ? Tout simplement parce que les sacs biodégradables sont fabriqués pour moitié en amidon de maïs et moitié avec un polymère (plastique) biodégradable. Ils pourraient, à l’avenir, être fabriqués à partir d’autres matières végétales, comme la pomme de terre. Ce marché intéresse donc tout particulièrement les agriculteurs. D’autant que l’avantage écologique de ces sacs est évident : ils se dégradent en deux mois dans le sol, alors que les sacs plastiques « classiques » prennent 400 ans pour disparaître… Compte-tenu des moindres résultats obtenus par la campagne sur les sacs de caisse jetables - une trentaine d’enseignes ont fait le choix de les conserver devant le mécontentement de certains clients-, cette mesure radicale pourrait enfin sonner le glas de ces sacs consommés à hauteur de 200 par personne et par an. Lancée en 2003, la politique de réduction des sacs plastiques a certes permis de sensibiliser le grand public , mais les chiffres demeurent impressionnants, avec 18 milliards d’unités pour 2004…
En attendant l’horizon 2010, rappelons que des initiatives ont été lancées cette année.  Réunissant des élus, des représentants des ministères concernés, des fabricants de sacs, des représentants de la distribution, des associations de consommateurs, des ONG et l'Ademe, un groupe de travail a ainsi été constitué, début 2005, par l’ancien ministre de l’écologie Serge Lepeltier. Il a pour objectif de dresser un diagnostic de la situation, de définir les objectifs à atteindre et de proposer des actions concrètes pour y répondre.

Des parties prenantes aux enjeux divergents

Tandis que les ONG souhaitent la disparition des sacs plastiques, les distributeurs cherchent à faire des efforts pour limiter leur nombre alors que l'industrie plasturgique n'a d'intérêt dans aucun de ces scénarios. Serge Orru de l'association des Amis du vent qui a été à l'origine du référendum corse sur l'abolition des sacs plastiques par la grande distribution rappelle "Quand en 1999, nous avons lancé la campagne halte aux sacs plastiques personne n'y croyait et contre toutes attentes nous y sommes arrivés." (voir article lié). Il précise également : "En France c'est Edouard Leclerc, le premier a avoir mené une action sur le sujet pour des raisons qui reposaient à la fois sur la possibilité de ne pas payer la taxe éco-emballage, sur l'occasion d'une bonne communication et aussi sur sa responsabilité environnementale. Et si en Corse ça a marché, c'est parce que toutes les enseignes de distribution ont suivi." Pour cela, il a fallu proposer des alternatives et elles distribuent toutes le même sac réutilisable. Il a tellement de succès qu'il fait figure de "collector" auprès des touristes. Problème : le sac corse est fabriqué en Chine. Si la démarche des insulaires a obligé les distributeurs à une réflexion -leur engagement de 2003 en témoigne- le syndicat de la plasturgie, lui, est resté à la traîne. "Le sac Corse aurait pu être fabriqué dans l'Allier, là où se trouve la plupart des fabricants," commente Serge Orru. Mais même si cela avait été le cas, aurait-on pu obliger les distributeurs à acheter français ?

Proposer des solutions valables pour tous

Face à la multiplicité des acteurs concernés et la complexité du problème, le MEDD avait monté un groupe de travail réunissant toutes les parties prenantes. Il a rendu ses conclusions en juillet dernier. Il a été incapable de trouver un consensus malgré la bonne volonté initiale . Joaqim Henry expliquait début 2005 ,"cela est nécessaire quand le sujet lie à la fois des enjeux économiques, politiques et écologiques pour permettre de régler les choses de manière plus consensuelle." Six mois plus tard il paraissait impensable de prendre la décision de supprimer les sacs plastiques même si leur disparition est programmée, d'autant plus que le pétrole, matière première du sac plastique, deviendra de plus en plus rare. Finalement à l'automne les députés ont pris la position politique qu'attendaient les associations.
En ce qui concerne les emplois de la plasturgie liés à la fabricaiton des sacs, le gouvernement propose la création d'un fonds pour aider la plasturgie française à se réorienter sur le sac réutilisable et une aide pour les associations environnementales oeuvrant dans ce domaine.

C. Brunella et V. Smée
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