Les contraintes environnementales imposent la construction d'un troisième aéroport

Planète \Environnement \Pollution

Publié le 02-04-2003

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Ancien pilote de ligne, ancien président d'un collectif d'associations, Christian Roger est président de l'Observatoire des nuisances aériennes (ONA). Ce bureau d'études vient de publier un rapport, pour démontrer que les enjeux économiques d'une part et environnementaux d'autre part, imposent le lancement rapide de la construction d'un troisième aéroport en région parisienne.

Votre rapport défend la solution d'un troisième aéroport en région parisienne. Sur quelles hypothèses avez-vous travaillé ?
L'aéroport d'Orly, situé au sud de Paris, est un cul-de-sac. Le couvre-feu en fait non un pôle de développement pour le futur, mais un boulet, car c'est un aéroport en pleine zone urbaine. Techniquement on peut doubler son trafic, mais c'est politiquement inenvisageable. Avec quatre pistes aujourd'hui, Roissy peut accueillir jusqu'à 80 millions de passagers. Si l'on ajoute deux pistes, on peut atteindre 120 à 130 millions de passagers à moyen terme. Là encore, c'est techniquement faisable mais pour les franciliens ce serait l'enfer sur terre.

Pourquoi ne pas répartir ce surplus de trafic sur tout le territoire hexagonal ?
Pour des raisons d'efficacité la croissance du trafic, qui apparaît inéluctable, ne peut se faire qu'autour d'une plate-forme d'échange - un hub - centralisée en région parisienne. Pour être commercialement viable cet aéroport doit être connecté à Roissy par une liaison ferroviaire à grande vitesse, afin de minimiser les temps d'escale pour les passagers. Cet aéroport doit donc être construit à moins de quatre-vingts kilomètres de Roissy.

Pensez-vous réellement que la perspective de ce troisième aéroport permette une meilleure prise en compte des exigences environnementales ?
Il faut expliquer aux citoyens qu'il n'y a pas de solution manichéenne. Il ne s'agit pas de choisir exclusivement le respect de l'environnement contre le développement économique, ni l'inverse. Il faut trouver un équilibre entre ces deux exigences. La construction d'un troisième aéroport le permet. Cela dit, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Même si l'on lance sa construction aujourd'hui, il ne sera pas achevé avant dix ou quinze ans. Or durant cette période aucun gouvernement ni de gauche ni de droite, ne prendra la décision de bloquer la croissance du trafic en région parisienne, car c'est la loi du marché. Les franciliens doivent malheureusement se faire à l'idée d'un accroissement des nuisances pendant plusieurs années. La seule façon de faire accepter - avec des réticences - cette perspective, c'est de leur donner l'espoir d'un nouvel aéroport international, qui prenne le relais de Roissy. On pourrait alors envisager, à long terme, la cessation progressive d'activité à Orly et le plafonnement de Roissy. Mais si l'on enlève cet espoir aux franciliens on va les rendre fous.

W. B.
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