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Considéré comme un perturbateur endocrinien par certains scientifiques, - au même titre que les phtalates ou les pesticides-, le Bisphénol A est utilisé dans les biberons, mais également dans le revêtement intérieur des boites de conserves et des cannettes. C’est sa capacité à migrer hors du plastique qui inquiète les scientifiques. En effet, selon une étude scientifique du professeur Belcher à Cincinnati (Etats-Unis), datée de janvier 2008, la consommation d’aliments ayant été en contact avec du BPA est la principale cause de contamination de la population. Par ailleurs, l’exposition à une forte chaleur favoriserait cette migration, ce qui aggraverait donc le problème pour les biberons chauffés aux micro-ondes. D’autres études ont également montré que l’exposition fœtale au BPA chez la souris perturbe le développement neuronal et celui des glandes mammaires. Or, précise André Cicolella, toxicologue , membre du Réseau Environnement Santé, « ce type de perturbation est l’un des trois mécanismes de développement du cancer du sein ». Pour l’heure, peu d’études portent sur l’exposition de l’homme, ce qui a conduit l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) à prendre une position « rassurante » en définissant une dose journalière admissible (DJA) de BPA. L’agence a même relevé cette valeur, de 0,01 mg de BPA/kg de poids corporel/jour en 2002 à 0,05 mg/kg/j en 2008. Des chiffres que les fabricants de boites de conserve disent respecter.
Interdiction au Canada
Si l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) s'est alignée sur les conclusions de l’Autorité européenne, des villes comme Paris et Besançon ont décidé d’interdire l'utilisation de ces biberons dans leurs crèches. Au Canada, le gouvernement a décidé d’interdire l’importation et la vente de ces biberons et de prendre des mesures pour limiter les rejets de BPA dans l’environnement. Cette décision est basée sur les conclusions du Programme de toxicologie nationale des Etats-Unis. Aux expositions actuellement admises, le rapport évoque « certaines inquiétudes concernant les effets sur le système nerveux, le comportement, la prostate et les glandes mammaires ». Certains fabricants ont d’ailleurs pris les devants et proposent des gammes de biberons sans BPA : les fabricants du biberon B.free®, utilisent un nouveau plastique totalement exempt, comme son nom l’indique, de Bisphénol A.
Aux Etats-Unis, si les six plus gros fabricants américains -Avent, Disney First Years, Gerber, Dr. Brown, Plaxtex et Evenflow- ont accepté de bannir le BPA de leurs biberons, les fabricants européens réagissent très différemment… L’association européenne des producteurs de matières plastiques, PlasticsEurope, ainsi que le syndicat professionnel des emballages plastiques estiment que la suspension de la commercialisation des biberons ''n’est qu’une fausse solution qui alimentera les angoisses des consommateurs''. Le réseau santé environnement, qui a longtemps bataillé pour l’interdiction du Bisphénol A dans les biberons s’est réjouit de son inscription dans le Grenelle 2, « Les députés ont confirmé la démarche des sénateurs et franchi un grand pas en avant en accréditant les études scientifiques qui prouvent la toxicité du BPA lorsque les nourrissons y sont exposés par la contamination alimentaire, notamment via les biberons. C'est une étape décisive au niveau national. Ceci étant, les mères étant elles-mêmes exposées au BPA par voie alimentaire (au travers des plastiques alimentaires tels que canettes, boites de conserve, film alimentaire, bouilloire...), il faut désormais aller au bout de la logique en protégeant également les bébés allaités et les fœtus exposés via la contamination maternelle. C'est l'ensemble des sources d'exposition alimentaire qu'il faut donc éliminer».
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