Le port industriel de Fos se met à l'heure du développement durable

Planète \Environnement \Pollution

Publié le 13-10-2003

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La pollution par l'ozone causée par le port industriel de Fos-sur-Mer n'est pas un petit problème. Le site industriel est, selon le mensuel Capital de juillet 2003, le plus gros pollueur à l'ozone des Bouches-du-Rhône, lui-même département français le plus concerné par ce type de pollution. C'est sans doute pour cela que le préfet Chritian Frémont a tiré la sonnette d'alarme en septembre 2003 et annoncer la mise en place d'un dispositif préventif sévère. "Beaucoup de décès cet été ont été liés à des difficultés respiratoires pouvant être dus à la pollution", a déclaré le préfet. Parmi les entreprises installées sur le site de Fos, la plus polluante est certainement l'aciérie Sollac (groupe Arcelor) qui rejette chaque année à elle seule 6 400 tonnes de poussières, 7 200 tonnes d'oxyde d'azote, sans compter les métaux toxiques (plomb, chrome) et les dioxines.

Ces chiffres alarmants expliquent que le Port Autonome de Marseille (PAM), la société qui gère le site, ait décidé d'agir pour que les développements futurs de Fos n'engendrent plus les mêmes dommages pour l'environnement et les riverains. A cette fin, un Conseil consultatif du développement durable a été créé en juin 2003 et a tenu ses premières réunions depuis septembre. Objectif : intégrer les critères d'un développement durable aux projets industriels actuels et futurs. Composé d'une soixantaine de personnes, le Conseil réunit des représentants d'associations, des collectivités territoriales, de l'Etat, des syndicats et des entreprises. Il est présidé bénévolement par Aristide Kaïdonis, un spécialiste des risques industriels et habitué de ce type de négociation. Lors de l'ouverture de la ligne de TGV Paris-Marseille, il s'était déjà vu confier la charge de mettre autour de la table les différentes parties prenantes pour améliorer le tracé de la ligne. Aristide Kaïdonis est également, depuis plusieurs années, à la tête d'un regroupement d'associations écologistes actives dans les Bouches-du-Rhône.

"Le Conseil ne vise pas l'exhaustivité et ne peut pas se saisir lui-même sur un dossier. C'est le rôle du PAM ou exceptionnellement du préfet", prévient le président. Pour lui, les projets industriels seront jaugés selon les trois piliers du développement durable, l'économique, le social et l'environnement. "Se borner à des critères anti-pollution serait stupide, car il faut aussi que le port se développe d'un point de vue économique", insiste-t-il. Néanmoins, le Conseil consultatif a déjà identifié quelques mesures pouvant être mises en oeuvre rapidement qui permettrait de diminuer les répercussions de certaines activités sur l'environnement. Quelques aménagements sur le quai minéralier suffiraient ainsi à diminuer considérablement l'intensité des nuages de poussières soulevés à chaque débarquement de bauxite ou de charbon. Une initiative qui améliorerait déjà beaucoup la qualité de vie des habitants de Fos qui se plaignent souvent de picotements aux yeux et d'irritation à la gorge.

Laurent Fargues
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