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Pourtant, ce deuxième Plan Cancer, qui s'inspire du rapport remis par le Pr Jean-Pierre Grünfeld au président de la République en février 2009, présente comme thème transversal « d'assurer l'analyse et la prise en compte des facteurs individuels et environnementaux. » Et parmi les six mesures phares, il prévoit de consacrer 15% du budget « Recherche », soit près de 14,3 millions d'euros, à l'analyse des risques environnementaux et comportementaux. Alors, quels sont concrètement les engagements de ce plan sur l'enjeu environnemental ? Des mesures qui se cantonnent à encadrer l'observation de l'environnement L'axe « Recherche » appelle à caractériser les risques environnementaux, en mettant l'accent sur l'environnement professionnel. Pour ce faire, il est prévu de « promouvoir des recherches interventionnelles testant des modifications de l'environnement et des comportements individuels ». Autrement dit, développer les recherches en épidémiologie et en toxicologie, renforcer les partenariats Afsset-INCa-ANR, ou encore, lancer des appels à projets sur les biomarqueurs prédictifs. Quant à l'axe « Observation », il scelle l'engagement d'une amélioration des systèmes de surveillance, avec, toujours, l'insistance sur le milieu professionnel. Les souvenirs du scandale de l'amiante planent entre les lignes. D'ailleurs, le rapport du Pr. Grunfeld ne manque pas de rappeler que sur les 1857 cancers reconnus d'origine professionnelle en 2006, 1619 était dus à l'amiante. Mais pour André Cicolella, porte-parole du RES, consulté lors des recommandations préparatoires de ce plan, le texte final « ne prend pas la mesure de l'épidémiologie. Ce constat reste insuffisant, et le diagnostic établi n'est pas le bon. On reste sur la vision simpliste des années soixante-dix, qui consiste à dire que l'augmentation des cancers est due au tabac, à l'alcool, au vieillissement et au manque de dépistage. À partir de là, on ne peut pas mener de politique cohérente. » Car cet effort fait sur la recherche scientifique semble dissimuler un réel manque d'ambition : celui de prendre des mesures concrètes et restrictives. « On nous dit qu'il n'y a pas encore assez de données. Mais pourtant, on sait déjà que les deux tiers des cancers sont d'origine environnementale, et il existe suffisamment d'études qui démontren tla dangerrosité des PCB par exemple. Or, ce plan les nie complètement, de même que les autres substances Cancérogènes-Mutagènes-Reprotoxiques. » Le réseau d'écologistes recommande donc un plan d'élimination de ses substances. « Vous trouvez normal, vous, qu'aujourd'hui encore on utilise des cancérogènes dans le nettoyage à sec des vêtements ? Pourtant, le niveau de risque de ces perchloroéthylènes est avéré, et considérable! » En réalité, la question des perchloroéthylènes est évoquée dans le Plan National Santé Environnement 2 (PNSE 2), qui prévoit leur réduction de 30% d'ici 2013, par rapport à 2007 (de même que celle du mercure, du PCB, de l'arsenic, du benzène et des hydrocarbure poly-aromatiques). L'interaction avec les autres plans Car ce Plan Cancer rejoint effectivement le PNSE2 sur plusieurs points. PNSE2, qui lui même interagit avec le Plan Santé Travail, et le Plan Ecophyto 2018, le Plan ministériel de réduction des pesticides... Un maillage de mesures dont les champs d'actions se croisent souvent. De quoi rendre la lecture de la politique française sur le lien Santé-Environnement des plus compliquées. Jean-Pierre Grünfeld en convient : « Le mille-feuilles, c'est une spécificité française. Il existe en tout une douzaine de plans santé, alors nous y avons repris un certain nombre de citations pour ne pas être en contradiction. Mais l'avantage du Plan Cancer est sa durée relativement courte, sur cinq ans. Ce qui permet des évaluations récurrentes de son efficacité. » Pour André Cicolella, « l'existence de tous ces plans pourrait créer des synergies entres les acteurs, lier les canceropôles. Mais c'est loin d'être le cas. Par exemple, je viens de regarder le programme de la future Rencontre de la cancérologie française, en décembre prochain. Eh bien pas une seule table ronde n'est consacrée au lien santé-environnement ! Même la profession elle-même se met des œillères. » Pourquoi ? La profession toujours divisée sur la question André Cicolella dénonce la protection « des producteurs de risques. » Jean-Pierre Grünfeld pour sa part, insiste sur les méfaits de l'alcool et du tabac : « nous avons-là deux facteurs majeurs comportementaux sur lesquels nous pouvons agir. Réglons-les. Nous n'avons pas la possibilité de nous attacher à tous les problèmes. Bien sûr, il faut substituer les produits dont l'effet mutagène est connu. Mais il existe aussi un certain nombre d'informations sur lesquelles il n'y a pas de consensus. »
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