Le futur port de plaisance de Brest remue des vases polluées
|
Publié le 25-07-2007
|
|
|
Le port du château à Brest
|
La communauté urbaine de Brest construit un nouveau port de plaisance, qui doit accueillir en 2008 un grand rassemblement nautique. 2000 m3 de vase ont déjà été retirées et stockées mais contrairement à l'étude d'impact initiale, leur degré de pollution pourrait être bien plus élevé que prévu. C'est ce qu'ont révélé de nouvelles analyses, effectuées à la demande de la l'association Robin des Bois.
|
Que va-t-on faire des boues de dragage du futur port du Château de Brest ? La question embarrasse le maître d’ouvrage, Brest Métropole Océane (BMO). Le 13 mars dernier, l’association Robin des Bois alertait l’opinion publique, affirmant que la première phase de dragage des vases superficielles, en février 2007, avait révélé des « teneurs en hydrocarbures beaucoup plus fortes qu’annoncées dans l’étude d’impact », et que des « métaux comme le plomb dépassaient les niveaux tolérables pour l’immersion ». « L’étude d’impact a montré un niveau de pollution bien en dessous des seuils réglementaires », répliquait, le lendemain, la communauté urbaine dans un communiqué. Le service de la police de l’eau a cependant pris les informations de l’association écologiste très au sérieux, et a ordonné la réalisation de nouveaux prélèvements. Résultat : « des niveaux en métaux lourds 5 à 15 fois supérieurs au niveau 2 du référentiel Geode et de très fortes teneurs en hydrocarbure et en tributylétain (TBT) », selon l’association Robin des Bois. Le référentiel Geode, défini par l’arrêté ministériel du 14 juin 2000, a été mis au point par le ministère de l’Ecologie en relation avec l’Ifremer. Il recommande l’interdiction de l’immersion des vases lorsque le niveau 2 est atteint.
« L’un des deux contrôles est faux »
Bernard Debry, directeur général des services de BMO, ne conteste pas ces nouvelles analyses. Il reconnaît qu’elles contredisent les premiers résultats de l’étude d’impact du bureau d’études Créocéan. « La différence varie de 1 à 6 selon les indicateurs, dit-il. L’un des deux contrôles est donc faux, probablement en raison des conditions de réalisation. Nous avons demandé de nouvelles analyses. Les carottages ont eu lieu le 11 mai. Selon les résultats, nous prendrons les conclusions qui s’imposent. » En cas de confirmation d’une pollution lourde, BMO devra modifier ses plans. Les 4000 m3 de vase encore dans l’eau ne pourront plus être immergés dans l’enceinte portuaire, puis « clapées » en mer dans un troisième temps. Elles devront au mieux rejoindre les 2000 m3 de sédiments déjà draguées et stockées dans un centre de stockage de déchets ultimes (CSDU) de classe 3, sur un polder, près d’Océanopolis, ou au pire être acheminées dans un CSDU de classe 2. « Ce qui renchérirait les coûts, puisqu’il n’y a pas de tel centre dans le Finistère, observe Bernard Debry. On pourrait alors s’interroger sur la rentabilité économique du projet. »
« Les vases sont les archives de la contamination chimique »
Si le traitement des boues de dragage coûte plus cher, qui paiera le surcoût ? « Il sera à la charge du maître d’ouvrage », répond Jean-Christophe Villemaud, directeur départemental de l’Equipement, cité par Ouest-France dans un article du 27 avril. « Nous sommes le maître d’ouvrage, mais sur un domaine qui relève de la Marine nationale », remarque quant à lui le directeur général des services de la communauté urbaine. « L’Etat ne peut pas s’en laver les mains ». La zone présente, après des décennies d'activité navale militaire et commerciale, « une pollution maximale », selon le biologiste Michel Glémarec. L'association Robin des Bois souligne que « les couches intermédiaires des sédiments dragués sont généralement plus polluées que les couches supérieures. Les vases sont les archives de la contamination chimique. Or, dans l'étude d'impact initiale, il n'y a aucune analyse de vase entre moins 30 cm et moins 1,5 m», là où se trouvent les 4000 m3 de sédiments encore à draguer. Si les dépassements sont confirmés, elle demande « le reformatage des opérations de dragage » et la mise au point rapide d’un système de gestion, en terme de confinement et de traçabilité des déchets. Le futur port du Château, qui doit accueillir les festivités nautiques de Brest 2008, sera-t-il prêt à temps ? « La seconde phase des opérations de dragage ne devait débuter qu’en septembre, indique Bernard Debry. Le calendrier de la construction ne sera pas perturbé par ces analyses supplémentaires.»
|
Raphaël Baldos
© 2007 Novethic - Tous droits réservés
|
|
|
|
|
Le Centre de Recherche
|
|
ISR
|
|
|
|
RSE
|
|
|
|
Conférences
|
|
|
|
English
|
|
|
|