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Lors de son passage, Katrina a tout dévasté. Habitations, hôpitaux ou usines, tous ont souffert de la force de ses vents. Elle a, en particulier, touché certaines raffineries du golfe du Mexique, et occasionné 44 marées noires dont 5 majeures. Les volumes déversés dans le sud-est de la Louisiane approchent les 7 millions de gallons de pétrole, soit environ 1/3 des volumes rejetés lors de la catastrophe de l'Exxon Valdez. Mais les
Comment reconstruire la Nouvelle Orléans ?
La dévastation et l’inondation de la Nouvelle Orléans vont transformer la ville en immense chantier pour les années à venir. Pour de nombreuses organisations citoyennes et environnementales, cette « feuille blanche » urbanistique est une occasion à saisir pour repenser la ville et l’adapter à ses contraintes géographiques. Le site progressiste Alternet.org et l’ONG Global Green, une branche de la croix verte pour laquelle l’acteur Leonardo Di Caprio milite, rêvent d’une « ville verte » qui offre des logements salubres, confortables et HQE à tous ses habitants. Une vision partagée par les ONG environnementales qui font pression également pour la transformation des quartiers à risque de la ville en marais. Cette belle utopie devrait toutefois rester lettre morte. Les élus de la ville et de l’état veulent une reconstruction rapide et aussi proche que possible de la Nouvelle Orléans « pré-Katrina ». D’après toutes les projections, la principale transformation de la ville devrait non pas être urbanistique ou architecturale mais démographique. On s’attend ainsi à retrouver une ville « plus blanche » et « plus riche ». Les quartiers pauvres, où habitait pour l’essentiel la population noire, ont été les plus dévastés. Faute de réquisition des nombreux logements vacants dans les quartiers restés au sec, ces personnes n’ont pas de logement à regagner. Elles seront condamnés à refaire leur vie dans une autre ville, à quelles conditions ?
mesures de sécurités préventives, déployées par les sociétés pétrolières, ont permis de contenir le gros des fuites industrielles, et donc de limiter l'ampleur du désastre. Sur les 7 millions de gallons perdus par l'industrie pétrochimique de Louisiane, seuls 110 000 ont effectivement été répandus dans l'environnement. Un chiffre faible comparé aux 2 millions de gallons déversés à la suite des inondations de véhicules, de citernes de fioul et d'autres réserves pétrolières accumulées par des particuliers et des petites entreprises.
" Toxic Gumbo "
Dans cette zone cyclonique, les infrastructures sont généralement prévues pour affronter le vent mais pas les eaux. La rupture des digues protectrices de la Nouvelle Orléans a donc été le catalyseur du cataclysme qui a touché la principale ville de Louisiane. Cette inondation d'une grande partie de la 25ème ville des Etats-Unis a occasionné une gigantesque catastrophe environnementale. Les eaux ont rapidement été gorgées de matières fécales, de pétroles et de plomb provenant de peintures ou d'hydrocarbures domestiques. Ce cocktail inconnu a rapidement été appelé " Toxic Gumbo ", en hommage au plat traditionnel de la Louisiane. Il est désormais, en partie, présent dans les boues mais a aussi largement contaminé les eaux du lac Ponchartrain. Ce lac est le dépotoir historique de la ville. Après des décennies de maltraitance environnementale, cette large masse d'eau salée, située au nord de la Nouvelle Orléans, commençait à retrouver sa biodiversité à la suite de mesures de protections lancées dans les années 90. Il abritait à nouveau plus de 100 espèces différentes mais le passage de Katrina a tout remis en cause. La nécessité d'évacuer les eaux a déclenché un problème cornélien pour les dirigeants de la ville qui ont finalement opté pour un rejet dans le Mississipi et le lac Ponchartrain. " Nous ne sommes pas contents de cette solution. Il nous semble toutefois que c'est la meilleure pour préserver les vies et la civilisation" déclare Rodney Mannet, le directeur de la communication du département de qualité environnementale de Louisiane. Ce choix pourrait déclencher un second désastre pour le Sud de la Louisiane. " Dans les faits, ce rejet va tuer tout ce qui vivait dans les eaux du lac " analyse, pour MSNBC, le consultant en qualité de l'eau Harold Zeliger. Si cette hypothèse se réalise, cela prendra des mois pour vérifier et des décénnies pour réparer les dégâts.
Un Etat vulnérable
Le rejet du " toxic gumbo " dans les eaux du Mississipi et du lac Ponchartrain condamnent ,à court terme, l'un des principaux secteur industriel de Louisiane : l'ostréiculture et les produits de la mer. Bien que la nature de la contamination soit encore incertaine, il est en effet certain que la demande sur ce type de produits va s'effondrer dans les mois à venir. Il en va de même pour les autres produits de la mer. Cette perte économique pour la Louisiane va de pair avec la destruction de certains remparts naturels qui limitaient l'impact des cyclones. Katrina a ainsi détruit la chaîne d'îles Chandeleur, qui protégeaient la côte de la Nouvelle Orléans sur 70 kilomètres. " Katrina aurait été bien pire sans cette chaîne d'îles, " considère Klaus Meyer-Arendt, un expert de l'université de West Florida. Or cela se conjugue avec la réduction constante, au cours des 30 dernières années, des surfaces de marais et de Bayou qui permettent "d'éponger " les éventuelles inondations. L'impact environnemental réel du cyclone Katrina prendra des années à évaluer et, très certainement, beaucoup plus de temps à réparer. Or, c'est pour l'instant le cadet des soucis des hommes politiques de Louisiane et des Etats-Unis qui s'emploient à faciliter la réinstallation des personnes sinistrées. Le retour s'annonce difficile. Des centaines de milliers de maisons devront être détruites, près de 100 millions de tonnes de déchets domestiques (TV, frigos, fours, meubles, ...) devront être récupérés et mis en décharge pour ne citer que quelques aspects des problèmes. Des problèmes mineurs si l'on se réfère à la santé publique. Aucun hôpital de la Nouvelle Orléans n'opère actuellement à 100%, plus de 6000 professionnels médicaux ont été déplacés, dont un nombre considérable ne reviendra pas. Ces considérations sont importantes car tous les spécialistes promettent d'importants problèmes respiratoires ou d'asthmes aux sinistrés retournant dans leurs demeures couvertes de moisissures, sans compter les éventuelles conséquences des émanations de "toxic gumbo" ...
Rita : désastre évité
A quelques heures de son arrivée sur les côtes du Texas début octobre, le cyclone Rita avait tout pour surpasser la force destructrice de Katrina. Fort heureusement, un retournement météorologique de dernière heure a contribué à diminuer la force de Rita de 5 à 3. Ce phénomène s'est accompagné d'un autre coup de chance qui a épargné, à quelques kilomètres près, les installations pétrochimiques texanes terrienne. Rita, la destructrice, ne s'est abattue "que" sur les puits et oléoducs off-shore du Golfe du Mexique. Elle y a détruit 17 plate-formes de plus que Katrina ! Il semblerait que cela n'ait pas provoqué de dégâts environnementaux majeurs, en revanche la production est toujours arrêtée à 90 %. Conséquence politique : Georges Bush multiplie les déclarations pour inciter ses concitoyens à faire des économies d'énergie.
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